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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 12:00

Jusqu'à récemment, ma position par rapport aux pleurs de mon fils était parfaitement claire. Un bébé pleure pour exprimer un besoin : manger, être changé, dormir, téter, se promener... Besoin de ses parents, d'un câlin, de contact... Il était donc hors de question pour moi de le laisser pleurer, évident qu'il fallait chercher à répondre à ce besoin ou à accompagner bébé dans un moment difficile pour lui (coliques, pleurs du soirs...).

D'autant plus que c'était, chez nous, plutôt facile. Le magicien est un bébé qui pleure peu et qui généralement s’apaise rapidement. (Ce qui ne veut pas dire que je ne me suis pas parfois retrouvée avec un bébé qui hurlait et que je n’arrivais pas à calmer, dans un état pas possible… mais il faut reconnaître que c’est plutôt rare).

 

Et là, patatras, les questions surgissent. 

Peut être en partie parce que j’ai eu plusieurs réflexions de mes proches. Deux dans la même journée, même, à base de "si tu le prends dans les bras à la seconde où il le demande, tu vas finir par te faire bouffer". Jusque là, je n'avais aucune difficulté à laisser passer leurs réflexions loin au dessus de ma tête et à faire les choses à ma manière, d'une part parce qu'elles étaient rares (j'ai la chance d'avoir une famille et une belle famille ouverte sur ces questions et surtout qui considèrent que c'est à moi de trouver ma voie avec mon fils, même si je sais qu'ils trouvent parfois que la voie que je choisis est un caprice de mère bobo-bio) et surtout parce que j'étais sûre de moi et au clair avec moi-même sur ces questions. Maintenant que ce n'est plus vraiment le cas, c'est plus compliqué. 

 

Mais surtout parce que ces derniers temps, j'ai senti un changement de nature dans les besoins de mon fils. J’ai l’impression de voir émerger l’ENVIE de certaines choses.

 

Par exemple ces temps-ci, il a tendance à pleurer dès qu'on quitte son champ de vision. Ce qui n'était pas forcément le cas jusque là. Je me suis donc dis : "Ok, en ce moment il a besoin d'une plus grande proximité avec ses parents, on va lui donner ce dont il a besoin le temps que ça durera, et puis ça passera et je pourrai à nouveau prendre une douche tranquillement". Mais... plusieurs fois, quand j'ai du le laisser (on a parfois besoin d'aller aux toilettes/chercher un truc), je me suis rendue compte qu'il pleurait au moment où je partais puis qu'il arrêtait... moins d'une minute plus tard parce qu'il avait trouvé plus intéressant à faire.

   

Dernier exemple, quand il est sur son tapis, que je suis à côté, et qu'il n'arrive pas à attraper un jouet, il pleure en me regardant et le message est très clair : donne le moi ! Pourtant, quand il est seul, il se débrouille très bien pour attraper ce qu'il veut et surtout ce qu'il ne devrait pas attraper, comme des aiguilles à tricoter ou la tablette de chocolat


Autre exemple, il y a quelques jours, il était dans mes bras et il cherchait à attraper le clavier de mon ordi pour jouer avec, et quand je l'ai mis hors de portée, il s'est mis à hurler.

 

 

Je comprends qu'au moment X, il ressent le besoin que je reste avec lui/que je lui laisse le clavier de l'ordinateur/d'avoir ce jouet comme un besoin aussi important que ses besoins fondamentaux (être nourri, être propre, avoir suffisamment de contact avec ses parents...). Il n'empêche qu'à mes yeux de maman, ce n'est pas le cas et qu’on est dans le domaine de l’envie. Et que du coup je ne considère pas qu’il est nécessaire que j’y réponde de la même manière qu’à ses besoins.

 

Je précise que ce n'est pas pour autant que je pense que sa demande n'est pas légitime ou que c'est un caprice. 

Ce n'est pas que je considère qu’il ne faut pas répondre aux envies d’un enfant et les satisfaire. Mais je pense qu’on n’est pas obligé d’y répondre systématiquement. Et je pense même qu’il n’est pas bon d’y répondre systématiquement. Je ne peux m’empêcher de m’inquiéter d’en faire un enfant pourri gâté en répondant systématiquement et immédiatement à ses demandes. Je pense même qu’avoir envie de certaines choses peut le pousser à faire des choses très positives. Par exemple je pense que l’envie d’un jouet un peu éloigné peut le pousser à apprendre à se déplacer.

 

Mais du coup, comment faire ?

 

J'en ai donc parlé à mon collègue (comme il a un fils de 3 mois de plus que le magicien et très souvent les mêmes idées que moi concernant les enfants, c'est en général à lui que je m'adresse quand j'ai des questions de cet ordre) et il m'a répondu "dans ce cas, il exprime sa frustration, il ne faut pas céder mais il faut accompagner cette émotion, lui expliquer, et ne pas chercher à minimiser ou à faire taire cette émotion". 

 

Passé ma première réaction (quoi, la frustration, déjà ? Bah on n'est pas sortis de l'auberge ! Je pensais que c'était à 18 mois ! Rendez-moi mon petit bébé!), j'ai trouvé ça plutôt intelligent. Ca peut sembler basique, mais je crois que j'avais besoin de l'entendre.

 

 

J'en ai ensuite parlé à mon homme (cet ordre peut sembler bizarre, mais mon homme se pose beaucoup moins de questions et est beaucoup plus instinctif concernant sa façon de s'occuper de son fils, du coup, je sais qu'il m'aurait répondu "fais comme tu le sens" ce qui ne m'aurait pas vraiment aidé à avancer).

Et on va faire de la façon suivante : 

  • Continuer à répondre immédiatement à ses besoins.
  • Répondre à ses envies quand on est dispos pour le faire. Par exemple hier soir, il avait envie d'être assis et de se laisser tomber, puis qu'on le relève et qu'il recommence. Il râlait dès qu'on le laissait plus de 20 secondes allongé. On était dispos, c'était un de nos moments à trois, donc on l'a remis assis aussi longtemps qu'il le demandait.
  • Ne pas céder à ses envies quand on estime qu'il ne le faut pas, soit parce que c'est dangereux ou génant, soit parce qu'on n'est pas disponibles pour le faire, en lui expliquant : "papa prépare le repas, il ne peut pas te prendre dans les bras, tu restes encore un peu dans le transat" ou "Maman t'a pris le crayon avec lequel tu jouais parce que c'est dangereux, tu risques de te faire mal". 
  • Essayer de ne pas trop s'en vouloir quand on se plante, par exemple en pensant qu'il peut rester seul quelques instants et qu'il va vite se mettre à jouer, et qu'on retrouve au bout de deux minutes un bébé avec la lèvre qui tremble, les larmes qui coulent* et l'air d'être le bébé le plus malheureux du monde. 

  * Le coup des larmes, c'est tout nouveau. Jusque là, il n'avait pas de larmes quand il pleurait. Et ça a le don de nous bouleverser complètement !

 

J'ai fait commander "au coeur des émotions de l'enfant" de Filliozat dans la bibliothèque dans laquelle je travaille, je ne sais pas si j'attends qu'il soit dispo où si je passe l'acheter, mais je me dis qu'il faut vraiment que je le lise !

 

En attendant, j'attends vos remarques et vos conseils ! Vous avez vu le passage besoin/envie ? A quel âge ? Des idées, des pistes ?

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  • : Le blog de Lila
  • : Bibliothécaire, maman du magicien (né en 2012) et de la puce (née en 2015), je parle de mes coups de coeur en littérature jeunesse, de ma vie, de mes ballades... J'ai un autre blog, http://filledalbum.wordpress.com où je réunis des ressources pour une littérature jeunesse antisexiste.
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