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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 13:17

Oui, je sais, c'est le sujet le moins original du monde, et en plus j'ai une semaine de retard. Mais la semaine qui vient de s'écouler a été riche en évènements, en émotion, et j'avais quand même envie d'en laisser quelques traces.

Lundi, nous sommes rentrés de vacances. Mardi, le magicien faisait sa première rentrée, Mercredi l'amoureux reprenait le boulot et j'étais seule avec les 2 cocos, et Jeudi je faisais ma reprise ! Autant vous dire qu'on n'a pas eu le temps de s'ennuyer et que samedi soir, début de mon week end, je me suis couchée épuisée à 21h. 

 

La rentrée du magicien s'est super bien passée !

Nous l'avons accompagné tous les deux, l'amoureux et moi, un peu émus mais pas trop inquiets puisqu'il réclamait d'aller à l'école depuis qu'il avait quitté la crèche. ("Là, on prend le train pour aller à l'école ?" "Non, là on part en vacances !").

Il est entré dans la classe, s'est précipité sur le garage et les petites voitures et a fait comme si on n'était pas là. On ne voulait quand même pas le laisser tout de suite pour pas passer pour des parents indignes qui se débarrassent de leur enfant en 30 secondes le jour de la rentrée mais on s'est sentis un peu bêtes, tous les deux dans la classe avec un enfant qui ne faisait absolument pas attention à nous !

Et depuis, il est ravi de l'école. Le rythme est pas forcément évident à prendre, surtout le réveil (trop) matinal. Pour le moment, il n'y va que le matin, et à mon avis il n'est pas prêt à y aller l'après midi puisqu'hier je l'ai couché à 13h et qu'il s'est réveillé de sa sieste à 17h ! Mais justement notre organisation familiale permet d'y aller à son rythme, et ça c'est chouette !

Il aime être à l'école et la maîtresse (qui a l'air super) dit que tout se passe bien. Il est dans une classe de petits/moyens/grands, ce que je trouve assez chouette et qui m'intrigue beaucoup au niveau pédagogique. Du coup ils n'étaient que 6 à découvrir l'école à cette rentrée ! Les grands s'occupent des petits et c'est réjouissant de voir une grande venir le chercher le matin à l'entrée de la classe pour jouer avec lui.

On ne sait de la classe que ce qu'il nous raconte pour le moment. Il chante déjà de nouvelles chansons, revient avec les mains jaunes et un sourire gourmand : "c'est parce que j'ai fait de la peinture !". Les quelques mots échangés avec l'instit m'ont mis en confiance ("chez les petits, au début, il n'y a pas grand chose dans le cahier de vie parce que je privilégie les manipulations et les grands formats").

Hier au square, il a rencontré deux élèves de sa classe, s'est écrié "c'est mes copains", connaissait leur prénom, et a joué un long moment avec une grande qui semblait aussi ravie que lui. Lui qui avait peur, depuis quelques temps, d'escalader la structure, s'est lancé sans aucun souci. Ils s'appelaient dès qu'ils se perdaient de vue, la grande est allée le présenter à ses parents... Ca m'a fait tellement plaisir de voir ça !

 

Moi, j'ai repris le travail jeudi. Et j'avoue être un peu plus mitigée. J'adore mon boulot, je suis contente d'avoir retrouvé la bibliothèque. J'ai déjà découvert de nouveaux albums (le dernier Isabelle Simler est une merveille). J'étais très contente de retrouver certains lecteurs (même si d'autres moins...). Et aussi de retrouver mes collègues. 

Mais la collègue qui gérait la section à ma place est en vacances, et je me suis sentie un peu larguée, sans trop savoir par où prendre les choses. Ca va revenir vite, mais j'ai besoin d'encore un peu de temps pour reprendre mes marques. Et j'aime pas trop cette sensation de ne pas trop savoir où je vais. 

Heureusement, je laisse la puce à son papa. Mais le premier jour de boulot, elle a décidé qu'elle ne boirait pas son biberon de l'après-midi, qu'elle voulait téter. Paul m'a donc appelé juste avant ma sortie pour me dire qu'il fallait que je rentre très vite. Je suis donc arrivée avec une puce qui hurlait depuis une heure, un papa à bout et un magicien un peu paniqué au milieu de tout ça... Pas très serein comme premier retour à la maison ! Heureusement j'ai pu négocier de prendre mon "heure d'allaitement" provisoirement en fin de journée pour arriver un peu plus tôt. Et en cas de grosse cata, l'amoureux peut aussi m'amener la puce au boulot. Je jongle donc entre tire-lait (sur ma pause déj') et tétées et là encore il faudra un petit moment de rodage.

Mais je ne me fais pas de souci, les choses vont bientôt s'apaiser et s'organiser et je me réjouis d'avance d'aller passer la matinée de jeudi à lire des albums jeunesse tranquillement. Mon boulot est chouette, quand même !

 

En dehors de tout ça, j'ai plein d'envies, de projets, pour ma vie, pour mes blogs... mais pas toujours le temps de tout mener à bien !

Mais je voulais quand même vous parler d'un projet qui me tient à coeur : mon premier atelier Lire aux bébés pour Esprit Maman ! J'en parle en détails ici mais rapidement c'est un atelier destiné aux (futurs) parents pour leur expliquer l'intérêt de lire à des bébés, leur donner quelques conseils et leur parler des albums que j'aime. Si ça vous dit, le premier atelier a lieu le 21 septembre, le suivant le 19 octobre. Si ça vous dit, n'hésitez pas à me faire signe ou à réserver ici. (fin de l'autopromo !). 

Rentrée

Sinon, j'ai aussi plein de mails à écrire, de rendez-vous à prendre, de trucs à organiser pour la rentrée. Des faire-part à plier et à envoyer. Et puis là, avant que le magicien ne se réveille de sa sieste, il me reste le linge à plier et la vaisselle à faire. 

Alors je vais quand même essayer de revenir, histoire d'écrire au moins 1/10e des articles que j'ai envie d'écrire (Minka, je pense à toi !). Mais je ne sais pas dans combien de temps j'y arriverai...

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 22:02

Il y a quelques jours, j'emmène le magicien à la maison des sources. Je tombe sur un encadrant qui fait un remplacement. Comme il travaille d'habitude en fin de semaine, il connaît le magicien et son papa, mais ne m'a jamais vu.

 

Il me fait :

"Votre mari, c'est celui qui lit des livres aux enfants !"

 

Visiblement, être bibliothécaire, c'est contagieux !

 

(et sinon, je reviens très vite avec de vrais articles !)

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 20:38

Encore un livre pour les tout-petits... La partie de présentation du livre est également publiée sur les vendredis intellos

 

Vous connaissez peut être Jeanne Ashbé qui a fait de très nombreux livres pour les enfants. Elle est, entre autres, l'auteur de la série Lou et Mouf, de l'album des papas et des mamans dont je parle ici

Je dois avouer qu'en commençant à travailler en bibliothèque, je n'étais pas fan de cette auteure, je trouvais certains de ses livres un peu niais, et j'ai en fait appris à l'apprécier peu à peu, pour sa vraie compréhension du développement des enfants et de leurs besoins. Ca va mieux, par exemple, montre un enfant pleurer... et toujours être consolé. Dans ses livres, les parents sont là, présents, mais les enfants prennent aussi peu à peu leur autonomie, et explorent librement... 

Et puis ces dernières années, elle a aussi publié des livres différents. Le magicien aime beaucoup Parti par exemple, que je trouve idéal pour aborder, de manière imagée, la séparation (un oiseau arrive... mais il s'envole. "l'oiseau est parti, il va revenir !"). 

Et puis mon collègue préféré m'ai fait découvrir Pas de loup en me disant "mon fils a adoré, il faut absolument que tu essayes avec le magicien". Et mon fils et moi l'avons tellement adoré que j'ai décidé de le faire dédicacer à Montreuil (oui, je sais, j'avais dit que j'arrêtais d'en parler...)pour le magicien mais aussi pour l'offrir à son cousin. J'ai donc eu l'occasion de discuter un petit peu avec Jeanne Asbhé, qui est particulièrement sympathique. Et qui m'a dit que de tout ce qu'elle avait publié, c'était son livre préféré, mais qu'elle avait pris un risque en le publiant : elle savait que les tout-petits allaient le comprendre, mais que les parents risquaient de ne pas leur proposer, eux-même n'en comprennant pas l'intérêt. Et qu'en effet, alors qu'elle dédicaçait depuis un bon moment des "Lou et Mouf" et autres livres plus faciles d'accès, j'étais la première à choisir ce titre.

Alors je me suis dit que j'allais utiliser la casquette de bibliothécaire ET ma casquette de maman pour essayer de vous montrer pourquoi je trouve ce livre génial. 

 

Voilà la couverture du livre en question :

pas de loup ashbé

Déjà, pourquoi ce titre ? Parce qu'il n'y a pas de loup dans le livre. Le petit lapin qu'on découvre sur la couverture et à plusieurs reprises à l'intérieur du livre peut dormir sur ses deux oreilles.

Mais aussi, parce que ce livre permet d'aller 

A pas de loup vers les histoires... où tout se noue et se dénoue

(première page du livre)

 

A l'intérieur, chaque double page est une histoire à elle-seule, elles sont indépendantes les unes des autres. A chaque fois, une partie de la page se déplie pour faire apparaitre la "chute" de l"histoire et c'est souvent cette dernière image qui donne sens à l'ensemble de la double page. Les graphismes sont simples, avec souvent des couleurs très contrastées, donc facilement lisibles pour les tout-petits.

 

Pas de loup intérieur 1IMG_1354

On y trouve ainsi une voiture qui démare, un chat, un petit gourmand et un yaourt à la fraise, un poussin qui picore ou un lapin qui s'est endormi...

 

Mais la grande spécificité de ce texte est de n'être composées que d'onomatopées. Et d'onomatopées souvent proches de celles d'enfants qui babillent. 

IMG_1355IMG_1356

Jeanne Ashbé à dédié ce livre à Evelio Cabrejo-Parra, psycholinguiste et vice-président de l'association ACCES. Sur la quatrième de couverture cette belle citation d'Evelio Cabrejo-Parra : 

C'est un cadeau formidable que fait l'adulte à l'enfant quand il lui renvoie un écho de ses petits discours

 

En tout cas, mon fils a vraiment reçu ce livre comme un cadeau. Il me l'a fait lire, relire et re-relire. Il a soulevé lui-même les flaps. Il a éclaté de rire.

Et surtout, il m'a lu ce livre. A 16 mois, alors qu'il n'a que 3 mots de vocabulaire (Maman, Papa et non !). J'en suis encore toute émue. Il en reconnait chaque page, et est capable de reproduire la plupart des sons. Il éclate de rire quand la bombe explose. Il aime particulièrement cette page, il fait le bzzzzz en suivant la ligne du doigt :

Pas de loup intérieur 3Pas de loup intérieur 4

Et on sent sa fierté de lire, lui, le livre. 

 

Ce livre est donc un vrai support d'échange avec le bébé. Ce n'est pas une lecture de l'adulte à l'enfant. L'enfant peut lire le livre aussi, ouvrir les flaps, reconnaître ses "mots" dans la bouche de l'adulte. C'est un moyen de montrer, aussi qu'on leur fait confiance. Qu'ils maitrisent et comprennent des choses qu'on ne maitrise pas forcément. Comme disait Jeanne Asbhé, même si les parents ne comprennent pas vraiment, les bébés, eux, comprennent.  C'est un livre que je suis profondément heureuse d'avoir découvert. Et que j'espère que vous aurez l'occasion de découvrir vous aussi avec un bébé. 

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 12:00

La semaine dernière, je donnais des idées de livres à offrir aux petits, voilà des idées de cadeaux pour les grands ! J'avoue que j'ai lu moins de choses pour ces tranches d'âge cette année... Mais j'ai quand même quelques coups de coeur à vous proposer. Et puis je me suis dit que c'était aussi l'occasion de déterrer de vieux articles ^^

J'ai essayer de varier entre albums, BD, documentaires, romans...

Et encore une fois, je vous renvoie aux idées de l'année dernière, comme ça vous aurez le choix.

 

A un enfant de 8 ans, j'offrirais : June et Léa de Sandrine Bonini et Sandra Desmazières (Le Baron perché, 16,30 euros)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

Même si elles ont un an d'écart, tout le monde appelle June et Léa "les jumelles" : elles dorment dans la même chambre, partagent leurs rêves, s'habillent de la même manière... Mais quand l'aînée rentre en 6e, elle change et sa petite soeur se sent perdue... 

Un très bel album sur les relations entre soeurs, l'entrée dans l'adolescence, le fait de trouver sa propre voie...

 

A un enfant de 9 ans, j'offrirais : l'imparfait du futur d'Emile Bravo (Dargaud, 11,99 euros)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

Jules est sélectionné pour faire partie d'un voyage à bord d'un vaisseau interstellaire pour explorer Alpha du Centaure. 

Parce que c'est le premier tome de ma série de BD jeunesse préférée. C'est vraiment drôle, et en même temps la vulgarisation scientifique est bien faite. 

 

A un enfant de 10 ans, j'offrirais : Saltimbanques de Marie Desplechin et Emmanuelle Houdart (Thierry Magnier, 21,90)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

Les portraits d'artistes de cirque à l'ancienne, avec femmes à barbe, homme-tronc et soeurs siamoises, et leur destin hors normes. Les textes sont superbes, et vous savez comme j'adore les dessins d'Emmanuelle Houdart (comme dans les heureux parents par exemple). Il faut noter que les mêmes auteurs viennent de sortir un nouvel album pour lequel je vais finir par craquer, l'argent, mais qui me parait destiné à des encore plus grands. 

 

A un enfant de 11 ans, j'offrirais : Hier tu comprendras de Rebecca Stead (Nathan Jeunesse, 13,90 euros)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

J'en parle ici.

 

A un ado (à quel âge devient-on un ado ?) de 12 ans, j'offrirais : Papa Longues-Jambes de Jean Webster (Gallimard Jeunesse, 6,90 euros)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

J'en parle ici

 

A un ado de 13 ans, j'offrirais : Tobie Lolness de Timothée de Fombelle (Gallimard Jeunesse, 24,90 pour le gros volume qui réunit les deux tomes, ou 7,90 euros pour chaque volume en poche)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

J'en parle ici.

 

A un ado de 14 ans, j'offrirais : Frangine de Marion Brunet (Sarbacane, 14,90 euros)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

J'en parle ici

 

A un ado de 15 ans, j'offrirais : le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh (Glénat, 17,50 euros)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

J'en parle ici

 

A un ado de 16 ans, j'offrirais : il était une fois les filles de Patrick Banon (Actes Sud junior, 15,50 euros)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

J'en parle ici.

 

A un ado de 17 ans, j'offrirais : Art et politique de Nicolas Martin et Eloi Rousseau (Edition Palette, 24 euros)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

Parce qu'au salon de Montreuil, j'ai entendu l'éditeur en parler et que ça m'a fait vraiment envie. Et parce qu'à cet âge là, analyser les rapports entre art, images et politique me semble indispensable. Je pourrais aussi leur proposer le premier numéro de Pulp, une revue d'analyse de l'image justement, également publié par Palette, qui en plus parle de la représentation du masculin et du féminin, et vous savez que c'est un sujet qui me parle. 

 

A un ado de 18 ans, j'offrirais : un pays à l'aube de Dennis Lehane (Rivages, 10,64 euros pour l'édition de poche)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

J'en parle ici

 

Voilà un gros paquet de cadeaux pour Noël. Et vous, vous avez prévu d'offrir des livres ? Lesquels ? Pour qui ?

 

(PS : mon ordi decide de modifier la police au cours des articles, je ne sais pas pourquoi, mais comme ça ne gène pas trop la lecture, j'avoue que j'ai la flemme de chercher. Ca ne vous dérange pas trop ?)

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 09:00

J'ai appris lors de l'assemblée générale qu'il fallait essayer d'éviter de publier un même texte sur son blog perso et sur le blog des vendredis intellos parce que ça posait des problèmes de référencement dans les moteurs de recherche. J'ai donc decidé aujourd'hui de publier deux articles complémentaires. Ici, une visite subjective de l'exposition "l'etoffe des héros", et sur le blog des vendredis intellos, un article présentant la vision du héros de différents auteurs pour la jeunesse.

 

L'exposition du salon de Montreuil présente donc d'abord des "portraits de héros". Quelques héros historiques de la littérature jeunesse : Sophie (les malheurs de Sophie, Comtesse de Ségur) d'après la BD de Mathieu Sapin, Max (Max et les maximonstres, Maurice Sendak), Fifi Brindacier ou Zazie dans le métro, sous les traits de Clément Oubrerie. 

Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expoLes héros au salon de Montreuil : visite de l'expo
Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expoLes héros au salon de Montreuil : visite de l'expo

 

On trouve aussi Loulou de Solotareff, album publié en 1989 mais le film d'animation, auquel a participé l'auteur, est beaucoup plus récent :

Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expo

 

 

On passe ensuite à une série de héros contemporains : Boris de Mathis, Artiol de Marc Boutavant et Emmanuel Guibert, Nini Patalo de Lisa Mandel et SamSam de Serge Bloch. Des héros très ancrés dans la vie quotidienne des enfants. Des héros qui ont tous droit à leur série télévisée, dont des extraits sont visibles dans l'expo.

Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expo
Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expo

Persepolis de Marjane Satrapi, Coraline de Neil Gaiman et deux héros de mangas dont j'ai malheureusement oublié le nom apportent une teinte plus sombre à cette exposition.

J'avoue avoir été un peu déçue par cette partie de l'exposition : les héros contemporains ne sont pas forcément mes préférés loin de là, et par rapport à l'année dernière, j'ai trouvé qu'il y avait surtout des reproductions d'albums que je connaissais, et peu d'originaux.

 

La seconde partie laisse le champ livre à des créateurs. Claudine Desmarteau (l'auteure du Petit Gus) dessine ses propres héros et ceux de Gus. Olivier Tallec raconte avec humour la vie de petits héros...

Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expo

Mais la partie la plus sympa est celle où différents auteurs jouent avec les héros de la littérature jeunesse : le mariage de Max et Fifi Brindacier ou une photo de famille...

Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expo
Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expo

Mais le plus doué pour jouer avec les héros de la littérature jeunesse, c'est bien Gilles Bachelet. A nouveau, allez voir régulièrement sur sa page facebook. Mais voilà un petit apperçu avec "les coulisses de la littérature jeunesse" :

Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expo
Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expo
Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expo
Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expo
Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expo
Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expo
Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expo
Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expo
Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expo
Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expo
Les héros au salon de Montreuil : visite de l'expo

(pour ceux qui sont moins familiers de la littérature jeunesse, on retrouve : 1/ les habits verts de Babar et du petit prince, 2/ Pomelo de Benjamin Chaud dont je parlais hier, 3/ en costume de babar, le loup de Philippe Corentin, et sur le banc dans le fond l'autruche de Bachelet, le blop d'Hervé Tullet et un pingouin de Joelle Jolivet, 5/ les trois brigand d'Ungerer et Pierre Lapin de Beatrix Potter, 6/ le Gruffalo d'Axel Schefller (mais j'avoue ne pas connaître le lapin), 7/ Geronimo Stilton, 8/ Bécassine et Arc-en-ciel, 9/ Pomelo et Elmer, 10/ Blaise le poussin masqué de Claude Ponti, 11/ le chien bleu de Nadja et 12/ les auteurs sont indiqués sous les lapins, celui qui est derrière le panier de carotte est un des fils de Madame le lapin blanc de Bachelet himself).

 

Voilà un bref aperçu de ce qu'on pouvait voir à Montreuil. Et pour vous, quels sont les héros incontournables de la littérature jeunesse aujourd'hui ? Qui sont vos chouchous ?

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 12:00

Petit bilan de ma virée au salon du livre de Montreuil, avant de vous parler demain du thème du salon, les héros dans la littérature jeunesse.

Cette année, je ne suis pas revenue les mains vides :

Salon de Montreuil 2013

(Pas de loup est en double parce qu'il y en a un pour le magicien et un autre pour son cousin, cadeau de Noël !). 

Sans compter le dernier numéro de Citrouille ou les (nombreux) catalogues d'éditeurs !

 

Et j'ai demandé plein de superbes dédicaces : 

Salon de Montreuil 2013

L'année dernière, j'avais fait dédicacer tous les livres pour le magicien, y compris ceux qui n'étaient pas de son âge (d'ailleurs, quelques mois plus tard, j'ai eu l'occasion de rediscuter avec Philippe-Henri Turin, l'illustrateur de Charles à l'école des dragons, qui m'a demandé si mon fils avait aimé le livre, et qui a été un peu surpris d'apprendre qu'il n'avait même pas un an !). Cette année, j'ai fait dédicacer pour le magicien les livres que je lui lisais en ce moment, et j'ai assumé de ME faire dédicacer des livres, en particulier Costumes de Joelle Jolivet (que je prêterai peut être un peu au magicien, quand même !). Et j'en ai aussi fait dédicacer un pour mon collègue préféré trop triste de rater Anaïs Vaugelade :

Salon de Montreuil 2013

Et voilà à gauche Joelle Jolivet, à droite Jeanne Asbhé (particulièrement sympa, et j'ai appris plein de chose sur le livre que j'ai fait dédicacé, "pas de loup", dont je vous parle bientôt) :

Salon de Montreuil 2013Salon de Montreuil 2013

 

J'ai assité à un super défi déssiné entre Gilles Bachelet et Benjamin Chaud (je mets des liens vers leur page facebook parce qu'ils y publient régulièrement des dessins inédits et complètement géniaux). Le concept ? Une grande feuille blanche, un thème choisi (la traversée des Alpes par Hannibal), chaque dessinateur a au départ une moitié de la feuille pour dessiner son héros : l'éléphant le chat de Gilles Bachelet et Pomelo de Benjamin Chaud. Et puis toutes les 5 minutes, des contraintes supplémentaires (ajouter une étoile, un fruit ou un légume, un monstre...). Et enfin, passer du côté de l'autre et compléter son dessin. Gilles Bachelet a ainsi pu... tuer Pomelo en le faisant tomber d'une falaise !

Un moment génial, voir l'imagination de ces deux auteurs, leur complicité, découvrir le décor qui nait peu à peu... Le rendu est certes drôle, mais n'a rien à voir avec le fait de le voir naître en direct !

Salon de Montreuil 2013
Salon de Montreuil 2013

Les références sont bien sûr omniprésentes : Babar, Elmer, mais aussi Coco de Dorothée de Monfreid, le petit prince, un des monstres de Max et mes maximonstres...

 

Tout s'est quand même bien fini ! 

Salon de Montreuil 2013

 

J'ai croisé (trop vite malheureusement) Gabriel de la Mare aux Mots. J'ai croisé pas mal de bibliothécaires parisiennes. 

 

J'ai visité l'expo sur les héros, et je vous en reparle demain sur le blog et sur celui des vendredis intellos. 

 

J'ai trouvé drôlement bien les versions numériques des livres de la collection Mes premières découvertes chez Gallimard

 

J'ai assisté à (un bout de) conférence sur la maière de parler d'art aux jeunes et sur le croisement entre l'art et les autres domaines, par des éditeurs de chez Palette, Dada ou Helium. 

 

Et j'ai repéré plein de livres géniaux (cliquez sur la couverture pour voir l'image en entier). D'ailleurs souvent ce n'était pas des découvertes de hasard, mais des blogs qui m'ont donné envie d'aller voir ces livres de plus près. Merci à eux, donc. 

Salon de Montreuil 2013Salon de Montreuil 2013Salon de Montreuil 2013
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De haut en bas et de gauche à droite : 

  • Livre d'activités de Pascale Estrellon, aux éditions Les grandes personnes. Les autres livres de Pascale Estrellon font envie aussi.
  • Le jardin des secrets de Marie-Hélène Lafont et Lucie Vandevelde, aux éditions Les minots, découvert sur le blog de Maman Baobab.
  •  Perdu ! de Brière-Haquet et Philipponneau aux éditions MeMo, découvert sur le blog de Chlop.
  • L'art des bébés aux éditions Palette découvert sur le blog de Mia
  • Aujourd'hui on va... de Mies Van Hout chez Mineditions : parce que j'adore Aujourd'hui je suis, que je bave depuis quelques temps à la librairie devant Hier je t'ai  et que je ne connaissais pas celui-ci.
  • Est-ce que tu m'aimeras encore de Catherine Leblanc et Eve Tarlet chez Minedition. Parce que l'éditeur est juste génial et qu'il est vraiment très très doué pour donner envie de découvrir tous ses albums.
  • C'est ma couleur et c'est mes vacances d'Anne Sol aux éditions de la Bagnole. Parce qu'une lectrice de l'association Lire à Paris m'a fait découvrir c'est ma journée et que les autres de cette série sont tout aussi réussis : des imagiers sur la vie quotidienne des enfants... avec des photos magnifiques, ce qui est plutôt rare ! La mare aux mots en a justement parlé lundi. Du même auteur, j'ai acheté "c'est à moi" au magicien.
  • Bonhomme bonhomme de Galota, chez Thierry Magnier, un imagier qui trouve des visages dans ce qui nous entourre. Parce qu'un peu comme En ville de A à Z, ce livre nous permet de regarder notre environnement d'un oeil neuf. 
  • L'homme qui dessinait des arbres de Frédérick Mansot, parce que les illustrations sont vraiment magnifiques.
  • Anna et le gorille d'Anthony Browne, parce qu'on ne l'a pas à la bibliothèque et qu'il faut réparer ça !
  • L'art de l'ailleurs Art et politique aux éditions Palette, parce qu'ils ont vraiment l'air passionnant pour les ados mais aussi pour les adultes.
  • L'écureuil et le printemps de Sebasien Meschensmoser chez Minedition, parce que je ne connaissais pas ce titre mais qu'il est aussi réussi que le reste de la série (j'ai d'ailleurs craqué sur le premier de la série, l'écureuil et la lune).

 

Et ce n'est qu'un minuscule aperçu de tout ce que j'ai vu, lu... J'ai aussi confié à mon collègue un livre à faire dédicacer par Emmanuelle Houdart, parce que je devais partir vite, vite pour aller récupérer le magicien chez la baby sitter ! Si vous voulez en voir plus, des photos du salon ici ou

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 14:19

Pour la troisième année consécutive, voilà quelques idées de livres à offrir pour Noël. Je suis toujours aussi fan des livres dont j'ai parlé l'année dernière (ici pour les 0-7 ans, pour les 8-15 ans) et l'année d'avant, mais faire un nouvel article permet de donner plus de choix !

 

Petite explication concernant l'âge : l'âge indiqué est celui auquel j'offrirais le livre pour un enfant que je connais peu ou pas. Il est donc donné uniquement à titre indicatif et peut varier fortement d'un enfant à l'autre. Et certains livres peuvent intéresser des enfants d'âges très différents. Par exemple, je suggère d'offrir Costume de Joelle Jolivet à un enfant de 4 ans, mais j'ai déjà vu des grands de 7-8 ans être fascinés par ce livre !

 

A un bébé de 6 mois j'offrirais : le livre des bruits de Soledad Bravi (l'école des loisirs, 12,20 euros)

Noël : des idées de livres à offrir aux enfants de 0 à 7 ans

Parce que le magicien l'a tellement adoré, ce livre, et l'aime encore tellement, que je l'offre à tous les bébés à qui je fais un cadeau ! Je vais en parler très prochainement sur le blog (c'est mon prochain article prévu sur un livre), pour celles et ceux qui veulent en savoir plus tout de suite, je le présente rapidement ici.

 

 

A un bébé d'un an, j'offrirais : mon arbre d'Ilya Green (Didier Jeunesse, 12,90 euros)

Noël : des idées de livres à offrir aux enfants de 0 à 7 ans

J'en parle en détail ici.

 

 

A un enfant de deux ans, j'offrirais : Quel radis dis donc ! De praline Gay-Para et Andrée Prigent (Didier Jeunesse, 5,50 euros broché petit format, 11,50 euros relié, 19,90 euros tout cartonné très grand format)

Noël : des idées de livres à offrir aux enfants de 0 à 7 ans

J'en parle en détails ici

 

 

A un enfant de trois ans, j'offrirais : Roulé le loup de Praline Gay-Para et Hélène Micou (Didier Jeunesse, 5,50 euros broché petit format, 11,50 euros relié)

Noël : des idées de livres à offrir aux enfants de 0 à 7 ans

Parce que cette histoire de petite grand-mère qui échappe au loup en se cachant dans une pastèque est géniale, que le texte de Praline Gay-Para est très agréable à lire à haute voix (je vous ai dit que j'étais fan !) et que les illustrations sont très chouettes. Vous pouvez découvrir les premières pages ici.

 

A un enfant de quatre ans, j'offrirais : une soupe au caillou d'Anaïs Vaugelade (l'école des loisirs, 5,60 euros en Lutin Poche, 12,20 euros en relié)

Noël : des idées de livres à offrir aux enfants de 0 à 7 ans

Un loup frappe chez une poule et lui demande s'il peut faire le repas du soir, une soupe au caillou. La poule, effrayée mais très curieuse, accepte. Mais les animaux du village inquiets de voir le loup entrer chez la poule viennent les uns après les autres et proposent d'ajouter un ingrédient à la soupe... Un vrai régal, comme tous les livres de Vaugelade. 

 

 

A un enfant de 5 ans, j'offrirais : Le schmat doudou de Muriel Bloch et Joelle Jolivet (Syros, 12 euros ou 15,90 euros avec le CD)

Noël : des idées de livres à offrir aux enfants de 0 à 7 ans

J'en parle ici. Il existe également en version livre-CD, que je vous conseille même si je n'ai pas eu l'occasion de l'écouter, étant donné les talents de conteuse de Muriel Bloch.

 

A un enfant de 6 ans, j'offrirais : Ploum, le paresseux de Sebastien Meschenmoser (Minedition, 15 euros)

Noël : des idées de livres à offrir aux enfants de 0 à 7 ans

Parce que les dessins sont magnifiques, que certains passages sont à mourir de rire... Je vous en montrerai plus à l'occasion parce que c'est vraiment un de mes coups de coeur de l'année. 

 

A un enfant de 7 ans, j'offrirais : Photos en bazar d'Ursus Wehrli (Milan Jeunesse, 14,95 euros)

Noël : des idées de livres à offrir aux enfants de 0 à 7 ans

J'en parle ici

 

 

Et pour les plus grands, la liste arrive très vite !

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 14:22

Encore un livre chéri du magicien ! J'essayerai dans les temps qui viennent de varier un peu les tranches d'âges et les publics, mais je ne trouve malheureusement le temps de vous parler que d'une infime partie des livres que j'aime et je me régale tellement avec mon fils que j'ai très envie de vous parler de tous ses livres fétiches.

Aujourd'hui, donc, Quel radis dis donc ! de Pralile Gay-Para et Andrée Prigent.

Quel radis dis donc !

Je l'avais déjà cité ici.

 

Un papi et une mamie plantent une graine de radis dans leur minuscule jardin. Mais ce radis grandit, grandit, grandit, et devient sacrément envahissant ! Il faut donc l'arracher.

Quel radis dis donc !

Mais malgré tous ses efforts, le grand-père n'y arrive pas seul, et il lui faudra l'aide de la mamie, de la petite fille, du chat et de la souris. Chaque participation est donc précieuse, même celle des plus petits !

Ici, on est vraiment dans l'univers du conte (c'est un conte d'origine russe, le légume en question étant parfois un navet ou un rutabaga), de la narration. C'est un conte d'accumulation, où on retrouve toujours les mêmes structures de phrases, et l'expression "ils tirent, ils tirent, ils tirent... Ils peuvent toujours tirer, le radis reste bien accroché".

Quel radis dis donc !

Les enfants jeunes aiment ce type de texte, dans lequel ils trouvent rapidement leurs repères.

Et pour les adultes, c'est un vrai bonheur à lire à haute voix. Praline Gay-Para est je pense ma conteuse préférée. Ses phrases roulent sur la langue, les jeux sur les sonorités ("la mamie tire le papi, le papi tire le radis") sont jubilatoires et ici on est en plus aidés pour la lecture par la typographie.

 

Andrée Prigent illustre magnifiquement ce texte grace à ses linogravures. Ses illustrations sont très lisibles pour les petits sans être simplistes. On y trouve de nombreux détails qui permettent d'anticiper la suite de l'histoire, un jeu sur le hors-cadre comme ici :

Quel radis dis donc !

et puis la petite souris, présente sur toutes les pages, qui apporte une touche d'humour supplémentaire :

Quel radis dis donc !Quel radis dis donc !

Ce livre a été publié dans la collection à petits petons de Didier jeunesse, une collection absolument géniale de "premiers contes" dont il était grand temps que je parle : tous sont réussis (même si bien sur j'ai mes chouchous) et on peut y piocher les yeux fermés. Quel radis dis-donc ! est le plus accessible pour les tout-petits, dès un an ou deux, les autres sont plutôt pour des enfants de 3-5 ans.

Il existe en plusieurs formats : broché et pas cher, relié (le format original de la collection) ou en grand format cartonné. C'est cette version que j'ai proposé à mon fils, et je la trouve vraiment chouette, parce qu'il peut tourner les pages sans risque et parce que quand je lui raconte, on est tous les deux cachés derrière ce grand livre.

 

Le magicien a adoré cette histoire dès que je lui ai proposée, un peu avant un an. Aujourd'hui, il est fasciné par l'image du premier extrait que j'ai mis, il montre le grand-père à chaque lecture. Ces temps-ci, je lui lis les premières pages, et ensuite il est pressé d'arriver à la page du radis arraché, alors il saute les pages centrales. C'est amusant de voir que ce n'est pas du tout fait au hasard mais qu'au contraire il a bien compris le fonctionnement de l'histoire, puisqu'il s'arrête toujours à la même page, celle du radis arraché !

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 12:00

Le magicien a ses goûts et ses envies bien à lui, et réussit très bien à les exprimer. Et il exprime un amour immodéré pour Ma voiture de Byron Barton.

Ma voiture

Ce livre présente avec des dessins aux couleurs vives et très lisibles un personnage, Sam, qui adooore sa voiture. Il raconte qu'il faut en prendre soin, qu'elle permet d'aller partout...

Ma voiture
Ma voiture

J'ai pu constater à de nombreuses occasions le succès de ce livre. Je l'avais d'ailleurs cité ici. Il faut dire qu'il est assez idéal pour les tout-petits : dessin facile, couleurs qui flashent, situation ancrée dans le réel, fascination des petits pour tout ce qui roule, surtout si ça fait du bruit (le magicien se met à hurler de joie quand un bus passe dans la rue), dernière page qui présente à la fois une foule de détails et un dessin très simple :

Ma voiture

Personnellement, j'ai parfaitement conscience de ça, et je l'utilise souvent au boulot. Ce livre m'a permis aussi d'évoluer par rapport aux stéréotypes filles/garçons : je me suis rendue compte que j'avais tendance, au début, à le proposer plus aux garçons qu'aux filles parce que "comme ça parle de voiture, ça va leur plaire", avant de réaliser que c'était stupide et de le proposer aussi aux petites filles qui l'apprécient tout autant.

Mais ce livre ne me touche pas personnellement. C'est un bon outil, mais pas un coup de coeur.

Mais voilà, c'est le coup de coeur du magicien. En quelque sorte, le premier livre qu'il a vraiment choisi. Alors il fallait que je vous en parle !Je lui avais déjà proposé une fois quand il avait six mois lors d'une séance à la bibliothèque et il avait déjà adoré, battant des pieds et poussant des cris. Et il y a quelques temps, à la librairie, il l'a repéré en présentation et a tendu les bras et hurlant (oui, le magicien crie beaucoup quand il est content (quand il n'est pas content aussi d'ailleurs)) jusqu'à ce qu'il puisse l'attraper. Il n'a pas daigné jeter un oeil sur les livres qu'on lui proposait (dinosaures dinosaures du même auteur pour son papa, l'imagier de Delphine Chedru pour moi). On l'a donc laissé choisir.

Et il a refusé de le lâcher le livre, même si c'était pas super pratique dans le Manduca !

Ma voiture

Depuis, son enthousiasme n'est pas retombé : on le lit en boucle. Quand on arrive à la fin et qu'on ferme le livre, il se met à râler jusqu'à ce qu'on recommence. Ca peut être 5, 6, 10 fois de suite. Aujourd'hui, je peux donc le réciter par coeur !

J'ai pu constater cet enthousiasme aussi chez de nombreux enfants à la bibliothèque. Et si on veut varier les plaisirs, on retrouve plein d'engins qui roulent dans Sur le chantier du même auteur.

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 10:00

Cet article est également publié sur le blog des vendredis intellos

 

J'ai assisté récemment à un colloque concernant la prévention de l'illettrisme. C'est dans ce cadre que j'ai eu l'occasion de découvrir les classes passerelles dont j'ai parlé la semaine dernière

L'intervention qui a ouvert la journée était celle de Dominique Rateau, présidente de l'agence Quand les livres relient, qui réunit "plusieurs associations riches d’expérience de lectures partagées, riches aussi d’une réflexion menée depuis plusieurs années sur la rencontre des adultes et des tout-petits autour des livres d’images". 

Son intervention a insisté sur le fait que pour prévenir l'illettrisme, il faut s'interroger sur ce que nous appelons lire. 

Elle a donc dit que lire, ce n'était pas seulement déchiffrer le code, mais aussi lui attribuer un sens. Par exemple, on peut déchiffrer un texte en italien ou des articles du code du travail, mais cela ne signifie pas forcément qu'on les lit. Si on décode sans comprendre, ce n'est pas de la lecture.

Inversement, on peut "lire" (donner du sens) autre chose que des livres, et même à peu près tout dans notre environnement. Dominique Rateau cite alors Alberto Manguel : 

Les lecteurs de livres, dans la tribu desquels j’entrais sans le savoir (nous nous croyons toujours seuls à chaque découverte, et chaque expérience, de la naissance à la mort, nous paraît formidable et unique), développent ou concentrent une fonction qui nous est commune à tous. Lire des lettres sur une page n’est qu’un de ces nombreux atours. L’astronome qui lit une carte d’étoiles disparues, l’architecte japonais qui lit le terrain sur lequel on doit construire une maison afin de la protéger des forces mauvaises ; le zoologue qui lit les déjections des animaux dans la forêt ; le joueur de cartes qui lit l’expression de son partenaire avant de jouer la carte gagnante ; le danseur qui lit les indications du chorégraphe, et le public qui lit les gestes du danseur sur la scène ; le tisserand qui lit les dessins complexes d’un tapis en cours de tissage ; le joueur d’orgue qui lit plusieurs lignes musicales simultanées orchestrées sur la page ; les parents qui lisent sur le visage du bébé des signes de joie, de peur ou d’étonnement ; le devin chinois qui lit des marques antiques sur une carapace de tortue ; l’amant qui lit à l’aveuglette le corps aimé, la nuit, sous les draps ; le psychiatre qui aide ses patients à lire leurs rêves énigmatiques ; le pêcheur hawaïen qui lit les courants marins en plongeant une main dans l’eau ; le fermier qui lit dans le ciel le temps qu’il va faire – tous partagent avec le lecteur de livres l’art de déchiffrer et de traduire des signes. Certaines de ces lectures sont colorées par la notion que l’objet lu a été créé dans ce but spécifique par d’autres êtres humains – la musique, par exemple, ou la signalisation routière – ou par les dieux – la carapace de tortue, le ciel nocturne. Les autres relèvent du hasard.

Et pourtant, dans chaque cas, c’est le lecteur qui lit le sens : c’est le lecteur qui accorde ou reconnaît ) un objet, un lieu ou un événement une certaine lisibilité ; il revient au lecteur d’attribuer une signification à un système de signes et puis de le déchiffrer. Tous, nous lisons nous-mêmes et nous lisons le monde qui nous entoure afin d’apercevoir ce que nous sommes et où nous nous trouvons. Nous lisons pour comprendre, ou pour commencer à comprendre. Nous ne pouvons que lire. Lire, presque autant que respirer, est notre fonction essentielle.

Une histoire de la lecture

Dominique Rateau explique donc que nous pouvons lire avant de maîtriser le code de lecture, avant d'apprendre à déchiffrer un texte. Elle insiste en particulier, puisque c'est le sujet du colloque, sur le fait que les bébés "lisent" leur environnement. Elle dit donc :

Nous sommes tous nés lecteurs.

 

Ce qu'elle a développé ainsi dans un article intitulé "Entrer dans les écrits par la voix d'un autre" (article passionnant que je vous invite vivement à lire) :

Un bébé qui vient de naître est d’emblée confronté à la complexité de la vie, à la complexité des émotions, des sensations... à la complexité du monde qui l’entoure. (...) Désormais, il respire et rencontre une multitude de sensations nouvelles. Pour pouvoir vivre, le tout-petit, en quête de sens, va donc devoir interpréter le monde. Nous pouvons dire que dès notre mise au monde, nous le lisons. Dès notre naissance, nous « devons » lire.

 

Mais qu'est-ce que cette façon de voir les choses entraîne dans la manière de considérer le livre et dans le rapport avec ceux qui ne savent pas déchiffrer et lire les textes ?

 

Tout d'abord, elle sert à rappeler que la lecture d'un album, en particulier d'un album sans texte, c'est donner du sens à une suite d'image. Et que c'est une lecture en soi, et pas seulement un passage vers la lecture de texte. De même, les livres d'images ne sont pas de la sous-littérature avant de passer à la vraie littérature. Des livres d'images peuvent nous questionner et nous interroger, enfants comme adultes, sur nos représentations du monde. Par exemple, "c'est qui le petit ?" de Corinne Dreyfuss et Virginie Vallier interroge les notions de petit et de grand avec de superbes photos. 

Ca veut dire quoi, savoir lire ?

Ensuite, qu'il n'y a pas de rupture franche entre ceux qui savent lire et ceux qui ne savent pas lire. On continue tous, au quotidien, à apprendre à lire. Et les tout-petits nous y aident, puisqu'ils sont capables de lire finement une image. Mes collègues et moi-même avons tous fait l'expérience du tout-petit qui met le doigt (au sens propre) sur un détail que nous n'avions pas vu alors que nous avons lu le texte dix fois et qui éclaire l'illustration. Un exemple : dans un peu perdu de Chris Haughton, mon collègue n'avait pas vu qu'on repérait dès la deuxième page tous les animaux qui allaient apparaître au fil des pages.

Ca veut dire quoi, savoir lire ?

On est donc dans l'idée de découvrir ou redécouvrir le livre ensemble, de partager un moment, et pas dans l'idée qu'un sait et que l'autre ne sait pas. La lecture se fait alors rencontre, que ce soit avec le tout-petit ou ses parents, qui peuvent être non lecteurs ou en tout cas qui peuvent avoir besoin de réapprendre à lire les livres d'images. 

 

Et en ce qui concerne la prévention de l'illettrisme, thème du colloque dont fait partie cette conférence ? Pour que l'apprentissage du code de lecture se passe bien, il doit faire partie de quelque chose qui est en nous, pour faire sens. C'est en lisant qu'on apprend à lire et si les enfants ont accès au livre dès le début de leur vie, on peut conforter leur confiance en eux et en leur capacité à lire (tu lis depuis toujours : tu regardes, tu écoutes, et tu interprète, on va simplement t'apporter un code supplémentaire) et on peut associer la lecture à du plaisir, ce qui est indispensable pour éviter la "nausée de l'écrit".

Lire aux tout-petits afin de les familiariser avec le livre, la lecture et partager le plaisir d'une lecture, c'est quelque chose que j'ai découvert il y a plusieurs années maintenant. J'ai découvert peu à peu à quel point ils peuvent aimer cela, et à quel point ils sont capables d'analyser précisément une image et de mettre le doigt sur un détail. J'ai déjà fait une série d'article sur la lecture aux tout-petits (première partie, deuxième partie, troisième partie, quatrième partie, cinquième partie) et pour ma première contribution au blog des vendredis intellos, j'ai parlé de lecture aux tout-petits et de bibliothèque. J'ai donc particulièrement apprécié cette conférence qui m'a permis d'élargir encore mes horizons et je suis ravie de reparler de ça ici.

 

Pour les lyonnaises intéressées par ce sujet, l'agence "quand les livres relient" propose une journée de sensibilisation intitulée "lire avec les tout-petits et leurs parents : une entrée dans le langage" le 18 octobre à la bibliothèque de la Part Dieu (merci Mia !)

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  • : Bibliothécaire, maman du magicien (né en 2012) et de la puce (née en 2015), je parle de mes coups de coeur en littérature jeunesse, de ma vie, de mes ballades... J'ai un autre blog, http://filledalbum.wordpress.com où je réunis des ressources pour une littérature jeunesse antisexiste.
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