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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 11:00

Cet article est également publié sur le blog des vendredis intellos.

vendredis intellos

 

 

Contre les jouets sexistes, ouvrage collectif aux éditions l'Echappée.

 

contre-les-jouets-sexistes.jpg

J'ai eu la référence de ce livre sur un article de la mare aux mots consacré aux livres pour enfants non sexistes, et je l'ai commandé le jour même à la librairie. Je l'ai trouvé passionnant et j'ai eu envie de vous en parler. Voilà donc la première partie d'un compte-rendu du livre en six articles. 

En noir, le résumé du livre, en bleu, mes commentaires perso. J'ai gardé les mêmes exemples (type de jouet, marque) mais le livre date de 2007 et fait donc référence à des catalogues de cette époque, et j'ai préféré faire le lien vers les sites internet des marques citées et des jouets vendus aujourd'hui. En 6 ans, malheureusement, les choses ont peu évolué.

Ce livre a été écrit par des membres et sympathisants des associations  Mix-cité et du  Collectif contre le publisexisme. Il est très riche en notes, références bibliographiques, cependant afin d'alléger la lecture, j'ai fait le choix de ne pas les citer dans l'article afin qu'il ne soit pas trop long. Mais si vous désirez des références sur un sujet ou un chiffre, n'hésitez pas à me le demander !


Le livre rappelle en introduction l'inégalité homme/femme dans notre société, que ce soit dans la vie publique (voir le % de femmes à l'assemblée nationale), professionnelle (le salaire moyen des femmes ne représente que 75% du salaire moyen des hommes), privée (de 1986 à 1999, la part des hommes dans les taches domestiques est passée de 32% à 35,4%) ainsi qu'au niveau symbolique (changement de nom au moment du mariage, transmission du nom du père aux enfants...). "Les enfants, par conséquent les adultes de demain, seront-ils, seront-elles, moins sexistes ?"

Il propose ensuite deux grandes parties :  la première concerne "le sexisme dans les jouets", la seconde s'intitule "alternatives et luttes". 

 

Une idée importante est explicitée dès l'introduction et sera soulignée tout le long du livre : les différences entre garçons et filles sont dues à des injonctions

Les enfants comprennent très vite que le fait d'adopter un comportement ou un jeu de l'autre sexe est vu comme une transgression. "Les enfants reçoivent une foule d'informations explicites et implicites sur comment doit être une fille et comment doit être un garçon, sans laisser beaucoup de choix et sans tenir compte de la diversité des tempéraments et des personnalités (...). Les différences sont pratiquement toujours présentées comme des constats : ce sont en réalité des injonctions". 

Le livre prend alors l'exemple des albums jeunesse qui "apparaissent comme des supports privilégié du processus d'indentification" et souligne le nombre de héros beaucoup plus important que le nombre d'héroïnes. "Le lexique symbolique des images les instruisent très précocement sur les rôles sexués dans la famille et dans la société".  Alors que les hommes sont liés à l'éxtérieur, à la vie professionnelle, au pouvoir, les femmes sont liées à l'intérieur, au privé. On peut donner comme exemple "Martine petite maman" (j'ai d'abord été agacée de voir citer encore une fois Martine, alors que la série a déjà 50 ans, jusqu'à ce que je lise qu'actuellement, plus d'un million d'album de cette série sont vendus chaque année, ce qui m'a pas mal déprimé. Et vu les nouvelles déclinaisons proposées par Casterman, c'est malheureusement loin d'être fini).

martine-petite-maman.jpg

Ces constatations concernent également les romans, les contes, les manuels scolaires...

Bien sûr, il y a des albums qui proposent une vision différente, j'en ai d'ailleurs présenté quelques uns, comme Marre du Rose, mais on en reparle dans un autre article. 


"Certain-e-s légitiment l'usage des jouets sexistes en soulignant le fait que "les enfants sont libres de choisir". Or, les enfants choisissent leurs jouets d'abord pour se conformer au rôle que l'on attend d'eux-elles. Selon le psychologue Pierre Tap, "l'enfant en vient donc à aimer ce qu'il a le droit ou la possibilité de posséder, à apprécier des jouets qui peuvent être siens, et à rejeter les jouets qui ne font pas partie de son champ d'appropriation".

Ce passage me fait penser à une anecdote : temps d'accueil pour les moins de 3 ans et leurs parents à la bibliothèque, un petit garçon d'environ 2 ans arrive avec sa mère. Elle lui dit d'une voix enthousiaste : "chouette, tu vas pouvoir écouter plein d'histoires de voitures et de trains !". Il me semble évident qu'ensuite le choix des livres par le petit garçon ne peut pas être vraiment libre. 

Le jouet "oriente les compétences culturelles de l'enfant en cultivant des capacités physiques, psychiques et/ou émotionnelles spécifiques" et "conduit l'enfant vers les valeurs reconnues par la société où il-elle vit". "Le désir des enfants ne surgit pas toujours de lui-même; D'une part, les enfants (comme les adultes) désirent souvent ce qu'ils connaissent déjà (...), c'est-à-dire les jouets avec lesquels ils sont en contact, chez leurs camarades, dans les médias et dans les rayons des grandes surfaces. D'autre part le marketing rodé et agressif qui prend aujourd'hui les enfants pour cibles est là pour séduire, susciter le désir et aiguiller ces derniers dans les codes préexistants". 


Les jouets du premier âge : (les pages consacrées aux jouets du premier âge sont situées dans la première grande partie : le sexisme dans les jouets, mais je les mets dans cette introduction parce qu'il me semble que c'est un bon moyen d'illustrer qu'on ne peut pas parler de "libre choix" pour les jouets puisqu'ils sont genrés avant même que l'enfant soit en âge de choisir). 

"Avant même que les enfants n'aient conscience d'appartenir à tel ou tel sexe (ils et elles ne concoivent pleinement la différence des sexes que vers l'âge de trois ans), une éducation différenciée leur est donnée".

"L'environnement de la chambre, les couleurs, les décors, les vêtements présentent généralement une adéquation avec les codes de genre". Ils donnent comme exemple le catalogue éveil et jeux 2007 avec ses frises princesses ou ses frises chevaliers. (et sur le site d'éveil et jeux, on peut par exemple trouver une  chambre toute rose avec des "papillons et libellules (qui) séduiront toutes les petites filles.")Il y a peu, sur facebook, je suis tombée sur l'annonce du sexe de son bébé par une connaissance enceinte : "Le mystère est levé: pas besoin de repeindre la chambre bleue !" et elle développe plus bas en disant que si le bébé avait été une fille, elle aurait du la repeindre (en rose ?). 

chambre-bebe-rose-copie-1.jpgchambre-bebe-bleue.jpg

Peut-on penser qu'un enfant qui dort dans une de ces deux chambres choisira ensuite ses jouets sans contrainte ?


C'est également le cas pour de nombreux jouets. Très vite, on oriente les petites filles vers les poupées et les petits garçons vers des garages. Il n'y a qu'à jeter un coup d'oeil au site de Corolle, rose, qui s'adresse uniquement aux filles et qui parle de "petites mamans" pour désigner des petites filles de 18 mois. 

 

Je voulais insister sur deux phrases du livre : "Notre analyse des jouets vise en premier lieu à rendre visible la dimension idéologique des injonctions que l'on fait subir, parfois inconsciemment, aux enfants".

"Dans une moindre mesure et de façon moins consciente, nous sommes toutes et tous amené-e-s à avoir des comportements sexistes qui influent sur les enfants". On interprète ainsi différemment les réactions d'un bébé selon son sexe (j'en avais parlé ici).

 J'essaye de donner au magicien une éducation peu genrée, afin qu'il ait le plus de libertés possibles. J'essaye ainsi de lui proposer le maximum de jouets mixtes : 

IMG_0580.JPG

C'est un critère que nous avons également pris en compte au moment de la décoration de la chambre : pour le mobile, par exemple, on a préféré la version "éléphants" à la version "fleurs" ou "voiture". J'aime bien que le dragon qui décore sa chambre porte une petite fille plutôt que l'habituel chevalier :

IMG_0578.JPG

 

Certains de ses jouets ou de ses vêtements sont en revanche clairement connotés "garçons" : jeu d'empilement "bateau de pirate", peluche dragon, pyjama de cowboy ou avec un robot...

Et je me suis rendue compte que certaines de nos réactions étaient dues au fait que c'était un garçon. Par exemple, le magicien joue souvent avec un morceau de tuyau, qu'il secoue dans tous les sens. C'est devenu son "sabre laser". Je doute qu'on aurait réagi de la même manière si le magicien avait été une magicienne... De même, quand j'ai lu qu'avec des bébés garçons on était plutôt dans le rationnel et dans le mouvement et la découverte spatiale, alors qu'on était d'avantage dans l'affectif et l'intime avec une petite fille, je me suis interrogée sur notre comportement avec notre fils. On considérait comme "faisant partie de son caractère" son goût pour l'extérieur (quand il est dans les bras, il ne fait jamais de calin, il est toujours tourné vers l'extérieur, essaye de voir le plus loin possible, etc), mais on s'est rendu compte que c'était peut être un comportement qu'on avait encouragé (je me souviens quand il était tout bébé, on passait des heures à le faire regarder par la fenêtre, on lui décrivait ce qui se passait autour...). Est-ce qu'on aurait fait la même chose s'il avait été une fille ? Je ne sais pas. 

Je ne prétends donc absolument pas donner une éducation entièrement non genrée. Mais je pense qu'il peut être intéressant pour tous les parents de réfléchir à ses pratiques sur le sujet, et aux automatismes dont on ne se rend pas forcément compte mais qui sont bien présents. Et ce, afin de laisser à l'enfant le plus de possibilités pour se réaliser en tant que personne plutôt qu'en tant que garçon ou en tant que fille.

Et vous, vous avez réfléchi à la question ?

 

 

Vendredi prochain, je vais vous parler du rôle des jouets dans la construction des genres masculins et féminins.

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 12:00

Il y a quelques jours temps*, avec une amie, nous avons parlé de l'éducation que nous ont donné nos parents. 

 * Cet article a été laissé de côté, retravaillé, modifié, pendant pas mal de temps, il y a donc un léger décalage !

Forcément, devenir mère, ça pousse à s'interroger sur l'éducation qu'on a nous-même reçu. Je dois dire que je suis plutôt heureuse de l'éducation que m'ont donné mes parents, même si bien sur tout n'était pas parfait, et que je serais plutôt fière de moi si je réussis à faire "aussi bien" avec mon fils. Ca peut sembler un peu prétentieux de dire "j'ai été bien élevée". Mais quand je nous regarde, mes frères et moi, au début de l'âge adulte, je me dis qu'on est tous les trois très différents, mais qu'on a tous réussi à construire une vie qui nous convient, qu'on est plutôt heureux en ce moment, malgré une certaine fragilité qui nous caractérise tous les trois et avec laquelle on doit composer. 

Pourtant, bien sûr, il y a des choses que je voudrais faire différemment. 


Dans l'organisation de la famille :

  • Ne pas faire tourner toute sa vie autour de ses enfants* mais entrainer ses enfants dans sa vie. 

Mes parents nous ont toujours beaucoup trimballé. Bébé, ils m'emmenaient à toutes les soirées, et me couchaient parfois dans la baignoire. Avant deux ans, j'avais visité la Roumanie, Istambul et la Toscane. Je ne veux pas renoncer à ce qui me plait pour tout faire tourner autour de mon fils. Alors je l'entraine dans les cafés pour boire un thé avec une amie, j'assume quand on me regarde de travers parce que je suis dans le métro avec mon fils à minuit, nous sommes partis quelques jours en week end dans les chateaux de la Loire et notre rythme de visite a été le même qu'avant. Mais je sais quand même qu'il faut qu'on fasse attention à ne pas trop forcer sous peine de nous épuiser. 

* Je tiens à préciser ici que si je parle au pluriel, c'est que mes parents avaient trois enfants (mon père en a même eu un quatrième!) et pas parce que moi, j'en aurai forcément plusieurs...

  • Garder une vie de couple. 

Par exemple, mes parents partaient en voyage en amoureux, 15 jours, tous les ans. On a laissé le magicien une soirée pour aller faire la fête quand il avait trois mois. On a cependant un peu du mal à le laisser régulièrement, mais c'est un sujet dont on se préoccupe, on essaye d'avoir au moins un vrai moment à deux tous les jours, quand le magicien dort, où on parle de nous et pas seulement de choses matérielles ou du magicien. 

 

 

Dans la relation avec notre enfant :

  • Faire confiance. 

Assez jeunes, nos parents nous ont fait confiance. Pour notre travail scolaire qu'ils n'ont jamais contrôlé. Pour nos sorties qu'ils nous ont laisser gérer. Pour gérer un budget, même si c'était adapté à l'âge de l'enfant (quand j'avais 10 ans, par exemple, c'était à moi de payer mes tickets de bus). Bien sûr, il y avait des limites mais là encore ils nous faisaient confiance pour les respecter. (A noter quand même que ça a été plus facile avec moi qui ai toujours été très raisonnable qu'avec mon frère, beaucoup plus rebelle ^^). 

  • Laisser mon fils gérer sa scolarité. 

Mes parents considéraient que c'était à nous de prendre les décisions importantes concernant notre scolarité. Même s'ils étaient bien sur là pour nous aider. Je me revois encore, quand j'ai sauté une classe (je suis passée du CE1 au CE2 en cours d'année), faire des listes de "pour" et de "contre" avec ma maman (les arguments concernaient beaucoup plus mes copines que les apprentissages scolaires ^^) et prendre la décision finale. Même chose pour le choix des options au lycée (oui, j'ai vraiment choisi, moi, de faire du grec ancien), pour le choix de la filière, des études...

C'était également à nous de gérer notre travail scolaire. Ils intervenaient si on demandait de l'aide, mais c'était tout. Ils n'ont jamais surveillé nos devoirs ou notre cahier de textes. 

J'ai cependant conscience que ça a été facile avec moi parce que j'étais naturellement quelqu'un de studieux et le système scolaire me convenait bien. J'avoue être assez inquiète à l'idée que ce ne soit pas le cas de mon fils. Parce que si ce n'est pas le cas, je ne suis pas sûre d'être capable de réagir comme il le faudrait, de trouver le bon équilibre entre encouragements, soutien, autonomie...

 

 

Dans la découverte du monde extérieur :

  • Ouvrir les enfants au monde.

      Dès que nous avons été en âge d'en profiter tous les trois, mes parents nous ont emmené en voyage (ou nous on permis de voyager seul en participant au financement d'autres voyages). De la 6e à la terminale, nous sommes partis à l'étranger au moins une fois par an. Plusieurs de ces voyages m'ont profondément marqués. La Grèce quand j'avais 15 ans, une révélation pour une future étudiante en lettres classiques. Ils nous ont aussi montré la réalité, même difficile, des pays visités. Le bidonville de Soweto en Afrique du Sud. Mostar, en Bosnie, avec les impacts de balles, les immeubles détruits, les cimetières avec ces jeunes tous morts la même année... 

Mais même sans partir à l'autre bout du monde... J'ai grandi dans un quartier très métissé. A l'école, en CM2, j'étais la seule à avoir 4 grands parents français. Ceux de mes camarades de classes venaient des quatre coins du monde. J'ai découvert les patisseries arabes et les "délice coco" quasiment en même temps que les pains au chocolat. Actuellement, nous vivons avec le magicien dans un quartier également très métissé, dans ma rue on trouve aussi bien des épiceries ou des restos chinois, turcs, indiens, français, halal... A la boulangerie, les gateaux arabes cotoient les baguettes. J'adore cet endroit (qui est en plus beaucoup moins rude que le quartier où j'habitais petite). Je ne sais pas si le magicien y grandira vraiment ou si on aura déménagé avant qu'il soit en âge de se rendre compte, mais en tout cas j'espère vraiment qu'on retrouvera un endroit comme celui-là. 

  • Leur apprendre la tolérance, l'ouverture à la différence. 

Je pense que le fait de cotoyer des gens différents y contribue grandement. Je me souviens bien d'une conversation avec mon père. Je devais avoir une dizaine d'année. Il m'avait expliqué qu'il est plus facile d'aller vers ce qu'on connait, qui est comme nous. Qu'être tolérant, ouvert aux gens extérieurs, ce n'était pas un était ("je suis tolérant") c'était un effort à faire, un travail sur soi, qu'il fallait toujours se remettre en question et réflechir. Cette conversation m'a beaucoup marqué et je pense qu'elle m'aide encore aujourd'hui, au quotidien. 

  • Leur transmettre une certaine vision de la société.

Je viens d'une famille de gauche, voire d'extrême gauche. Ils m'ont transmis une vision de la société que je voudrais défendre et transmettre à mon fils. Une certaine idée du service public, de l'école, du rôle qu'ils devraient avoir. L'importance de la solidarité. La défenses des droits des travailleurs. La prise de conscience des dangers du système actuel. J'avoue que si un jour, mon fils vote UMP, j'aurai l'impression d'avoir raté quelque chose. 

  • Leur apprendre l'engagement.

J'ai eu de grandes discussions avec plusieurs personnes à ce sujet au moment des manifestations autour du mariage pour tous et du fait qu'on y voyait de nombreuses familles. Beaucoup critiquaient "l'instrumentalisation des enfants". Et je ne suis pas vraiment d'accord avec eux. Mes parents nous emmenaient régulièrement quand ils allaient manifester. Je me souviens en particulier des manifestations contre le plan Juppé en 1995 (c'est d'ailleurs le plus ancien souvenir de mon petit frère, qui avait 3 ans à l'époque ^^). En dehors des considérations pratiques (faire grêve et donc être privé d'une journée de salaire + payer une baby sitter pour aller manifester, c'est difficile quand on n'a pas un salaire mirobolant), c'était un moyen pour eux de nous montrer qu'il fallait se battre pour défendre sa vision de la société.

Je ne me considère pas vraiment comme engagée. Enfin, si, par mon travail, mais ce n'est pas vraiment la même chose. Je ne suis pas militante dans une association ou dans un parti politique. Mais j'estime important, de temps en temps, de sortir de mon train-train pour défendre quelque chose qui me tient à coeur. Récemment, c'était  aller manifester pour le mariage pour tous. Je pense que je tiens ça de mes parents et je voudrais le transmettre à mon fils. 

 

Je vais faire une petite pause dans mon roman, dans les semaines qui viennent, je vous parlerai aussi de goûts, peut être un peu de méthodes d'éducation, et aussi ce que je ne veux surtout pas garder de l'éducation de mes parents !

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 12:00

Jusqu'à récemment, ma position par rapport aux pleurs de mon fils était parfaitement claire. Un bébé pleure pour exprimer un besoin : manger, être changé, dormir, téter, se promener... Besoin de ses parents, d'un câlin, de contact... Il était donc hors de question pour moi de le laisser pleurer, évident qu'il fallait chercher à répondre à ce besoin ou à accompagner bébé dans un moment difficile pour lui (coliques, pleurs du soirs...).

D'autant plus que c'était, chez nous, plutôt facile. Le magicien est un bébé qui pleure peu et qui généralement s’apaise rapidement. (Ce qui ne veut pas dire que je ne me suis pas parfois retrouvée avec un bébé qui hurlait et que je n’arrivais pas à calmer, dans un état pas possible… mais il faut reconnaître que c’est plutôt rare).

 

Et là, patatras, les questions surgissent. 

Peut être en partie parce que j’ai eu plusieurs réflexions de mes proches. Deux dans la même journée, même, à base de "si tu le prends dans les bras à la seconde où il le demande, tu vas finir par te faire bouffer". Jusque là, je n'avais aucune difficulté à laisser passer leurs réflexions loin au dessus de ma tête et à faire les choses à ma manière, d'une part parce qu'elles étaient rares (j'ai la chance d'avoir une famille et une belle famille ouverte sur ces questions et surtout qui considèrent que c'est à moi de trouver ma voie avec mon fils, même si je sais qu'ils trouvent parfois que la voie que je choisis est un caprice de mère bobo-bio) et surtout parce que j'étais sûre de moi et au clair avec moi-même sur ces questions. Maintenant que ce n'est plus vraiment le cas, c'est plus compliqué. 

 

Mais surtout parce que ces derniers temps, j'ai senti un changement de nature dans les besoins de mon fils. J’ai l’impression de voir émerger l’ENVIE de certaines choses.

 

Par exemple ces temps-ci, il a tendance à pleurer dès qu'on quitte son champ de vision. Ce qui n'était pas forcément le cas jusque là. Je me suis donc dis : "Ok, en ce moment il a besoin d'une plus grande proximité avec ses parents, on va lui donner ce dont il a besoin le temps que ça durera, et puis ça passera et je pourrai à nouveau prendre une douche tranquillement". Mais... plusieurs fois, quand j'ai du le laisser (on a parfois besoin d'aller aux toilettes/chercher un truc), je me suis rendue compte qu'il pleurait au moment où je partais puis qu'il arrêtait... moins d'une minute plus tard parce qu'il avait trouvé plus intéressant à faire.

   

Dernier exemple, quand il est sur son tapis, que je suis à côté, et qu'il n'arrive pas à attraper un jouet, il pleure en me regardant et le message est très clair : donne le moi ! Pourtant, quand il est seul, il se débrouille très bien pour attraper ce qu'il veut et surtout ce qu'il ne devrait pas attraper, comme des aiguilles à tricoter ou la tablette de chocolat


Autre exemple, il y a quelques jours, il était dans mes bras et il cherchait à attraper le clavier de mon ordi pour jouer avec, et quand je l'ai mis hors de portée, il s'est mis à hurler.

 

 

Je comprends qu'au moment X, il ressent le besoin que je reste avec lui/que je lui laisse le clavier de l'ordinateur/d'avoir ce jouet comme un besoin aussi important que ses besoins fondamentaux (être nourri, être propre, avoir suffisamment de contact avec ses parents...). Il n'empêche qu'à mes yeux de maman, ce n'est pas le cas et qu’on est dans le domaine de l’envie. Et que du coup je ne considère pas qu’il est nécessaire que j’y réponde de la même manière qu’à ses besoins.

 

Je précise que ce n'est pas pour autant que je pense que sa demande n'est pas légitime ou que c'est un caprice. 

Ce n'est pas que je considère qu’il ne faut pas répondre aux envies d’un enfant et les satisfaire. Mais je pense qu’on n’est pas obligé d’y répondre systématiquement. Et je pense même qu’il n’est pas bon d’y répondre systématiquement. Je ne peux m’empêcher de m’inquiéter d’en faire un enfant pourri gâté en répondant systématiquement et immédiatement à ses demandes. Je pense même qu’avoir envie de certaines choses peut le pousser à faire des choses très positives. Par exemple je pense que l’envie d’un jouet un peu éloigné peut le pousser à apprendre à se déplacer.

 

Mais du coup, comment faire ?

 

J'en ai donc parlé à mon collègue (comme il a un fils de 3 mois de plus que le magicien et très souvent les mêmes idées que moi concernant les enfants, c'est en général à lui que je m'adresse quand j'ai des questions de cet ordre) et il m'a répondu "dans ce cas, il exprime sa frustration, il ne faut pas céder mais il faut accompagner cette émotion, lui expliquer, et ne pas chercher à minimiser ou à faire taire cette émotion". 

 

Passé ma première réaction (quoi, la frustration, déjà ? Bah on n'est pas sortis de l'auberge ! Je pensais que c'était à 18 mois ! Rendez-moi mon petit bébé!), j'ai trouvé ça plutôt intelligent. Ca peut sembler basique, mais je crois que j'avais besoin de l'entendre.

 

 

J'en ai ensuite parlé à mon homme (cet ordre peut sembler bizarre, mais mon homme se pose beaucoup moins de questions et est beaucoup plus instinctif concernant sa façon de s'occuper de son fils, du coup, je sais qu'il m'aurait répondu "fais comme tu le sens" ce qui ne m'aurait pas vraiment aidé à avancer).

Et on va faire de la façon suivante : 

  • Continuer à répondre immédiatement à ses besoins.
  • Répondre à ses envies quand on est dispos pour le faire. Par exemple hier soir, il avait envie d'être assis et de se laisser tomber, puis qu'on le relève et qu'il recommence. Il râlait dès qu'on le laissait plus de 20 secondes allongé. On était dispos, c'était un de nos moments à trois, donc on l'a remis assis aussi longtemps qu'il le demandait.
  • Ne pas céder à ses envies quand on estime qu'il ne le faut pas, soit parce que c'est dangereux ou génant, soit parce qu'on n'est pas disponibles pour le faire, en lui expliquant : "papa prépare le repas, il ne peut pas te prendre dans les bras, tu restes encore un peu dans le transat" ou "Maman t'a pris le crayon avec lequel tu jouais parce que c'est dangereux, tu risques de te faire mal". 
  • Essayer de ne pas trop s'en vouloir quand on se plante, par exemple en pensant qu'il peut rester seul quelques instants et qu'il va vite se mettre à jouer, et qu'on retrouve au bout de deux minutes un bébé avec la lèvre qui tremble, les larmes qui coulent* et l'air d'être le bébé le plus malheureux du monde. 

  * Le coup des larmes, c'est tout nouveau. Jusque là, il n'avait pas de larmes quand il pleurait. Et ça a le don de nous bouleverser complètement !

 

J'ai fait commander "au coeur des émotions de l'enfant" de Filliozat dans la bibliothèque dans laquelle je travaille, je ne sais pas si j'attends qu'il soit dispo où si je passe l'acheter, mais je me dis qu'il faut vraiment que je le lise !

 

En attendant, j'attends vos remarques et vos conseils ! Vous avez vu le passage besoin/envie ? A quel âge ? Des idées, des pistes ?

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 12:00

Le magicien continue à bien pousser. A six mois 1/2, 8 kg et 70 cm !

Ses vêtements en six mois sont torp petits, c'est parti pour le 9 mois et le un an !

Pas de revue détaillée aujourd'hui, comme je l'avais fait pour ses vêtements de naissance et ses vêtements en six mois, j'ai juste eu envie de vous mettre une photo d'un petit pyjama que j'adore. 

(ce qui me permet de poster quand même un mini article, même si aujourd'hui je n'ai pas très envie d'écrire, je ne sais pas pourquoi). 

 

pyjama de cowboy

C'est le cadeau de naissance de mon oncle, qui lui a eu deux filles, et qui était tout content d'acheter un "pyjama de garçon" ! (marque adri, coton bio)

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 12:00

A quel âge les enfants prononcent leurs premiers mots ?

 

Quand il est sur son tapis d'éveil, il râle parfois pour qu'on lui donne un jouet qui est un peu loin. Est-ce qu'il faut lui donner ou l'encourager à essayer de l'attraper même s'il râle ? J'ai parfois peur qu'il prenne l'habitude de râler pour qu'on lui donne les choses ou qu'on le retourne plutôt que de le faire tout seul, parce que c'est plus simple. 

 

Est-ce que ça vaut le coup d'acheter un Manduca ou un ergobaby ? Est-ce que j'arriverai à m'installer le magicien dans le dos toute seule ? Lequel prendre ?

 

Comment mettre en place une troisième sieste en fin d'après-midi ? Parce que là le soir il est fatigué et le dernier biberon et le change deviennent souvent des moments difficiles. Mais quand on le couche en fin d'aprèm, en général il râle longtemps et souvent ne s'endort pas du tout. 

 

Est-ce que je dois lire "au coeur des émotions de l'enfant" de Filiozat ?

 

A quel âge les bébés comprennent le "non" ?

 

Est-ce que son sommeil perturbé du début de la semaine dernière est lié à son week end à Lyon avec son papa ? Est-ce qu'il est devenu casanier ? Pourtant il n'y a eu aucun problème après les  quelques jours à l'hotel au début du mois. 

 

Comment lui apprendre à être doux, délicat ? Je me souviens de la fille du cousin de Paul qui a vu le magicien quand elle avait six mois et qui lui caressait la tête avec une douceur infinie. Dans les mêmes circonstances, mon fils mettrait des beignes. Comment lui montrer qu'il faut toucher doucement ? Je lui prends la main et je lui dis "il faut faire des caresses, doucement" en lui montrant. Et ça n'a, pour le moment, aucun effet ^^.

 

Comment lui faire comprendre que tirer les cheveux, ça fait mal ?

 

Est-ce que je mixe directement les bananes pour son goûter, ou est-ce que je les fais cuire avant ? 

 

Est-ce que je peux attendre encore un peu pour lui donner des céréales ? 

 

Est-ce que d'ici quelques mois je me sentirai prête à le laisser à ses grands parents pour quelques jours de vacances ?

 

Est-ce qu'il va bientôt marcher à quatre pattes ? 

 

Est-ce qu'il va avoir sa première dent aussi tard que ses parents ? 


Est-ce que le fait qu'il regarde l'écran d'ordinateur est aussi grave que de regarder la télé, même s'il n'y a pas d'images animées ou de son ? 

 

Est-ce que j'emmène à nouveau le magicien à cet atelier de "musique avec bébé" ? C'est super, mais ça tombe à l'heure de sa sieste du matin, du coup il est un peu fatigué pendant l'atelier, mais surtout ça risque de décaler tout son rythme de sieste. 

 

A quel âge un bébé comprend que c'est lui dans le miroir ? 

 

Et là, je l'entends qui grogne, est-ce qu'il va se rendormir ou est-ce qu'il faut que j'aille le chercher ? 

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 12:00

Mon fils est nourri au biberon (et depuis quelques semaines, aux purées et aux compotes !).

 

Petit retour en arrière. Avant de rencontrer mon homme, je ne m'imaginais pas en train d'allaiter. Pour lui, par contre, c'était une évidence. 

Quand on a appris que j'étais enceinte, nos positions ont changé. On est finalement arrivés à la conclusion "on essaye, on verra ce que ça donne". Avec l'idée, quand même, de passer assez vite au mixte.

Je me suis donc renseigné, j'ai eu un super cours de préparation à l'allaitement par ma sage-femme, qui m'a donné envie d'allaiter.

 

 

Le jour de l'accouchement, mon fils a facilement pris le sein. J'ai adoré cette tétée.

Mais les choses se sont rapidement compliquées. Mon fils tétait longtemps, serait fort le téton et refusait de le lacher. Et même si on m'a bien montré et expliqué comment installer mon fils, rien à faire, j'avais des crevasses. Des crevasses qui sont rapidement devenues très douloureuses. Je pleurais de douleur tout au long des tétées. J'appréhendais la tétée suivante. Du coup, toutes mes angoisses de jeune maman se sont focalisées sur l'allaitement. 

J'ai donc pris la décision d'arrêter d'allaiter mon fils et de le nourrir au biberon.

Pourtant, je savais que si je serrais les dents, ça n'était qu'un mauvais moment à passer, le temps que tout se mette en place (ce n'est donc pas un échec de l'allaitement mais bien un choix que j'ai fait). Mais cela voulait dire, pendant quelques jours voire quelques semaines, les repas seraient non pas un moment de calme et de calin, mais un moment de stress et de douleur pour moi, et donc un moment pas serein pour lui. Et je ne voulais pas ça. Dans la balance lait maternel meilleur pour la santé / repas sereins, j'ai privilégié la seconde option. J'avais trop peur que cela crée un problème dans son lien avec la nourriture, qu'il associe le repas avec un moment tendu et pas très agréable. Mon homme m'a soutenu dans ce moment pas évident pour moi (et l'équipe de la maternité a été formidable, encore merci à la puericultrice qui est venue me voir à peu près toutes les heures ce jour là pour voir où j'en étais et discuter avec moi, sans chercher à influencer ma décision). Et le troisième jour, mon bébé a donc pris son premier biberon de lait en poudre. Il a immédiatement accepté le biberon, buvait environ deux fois les doses moyennes d'un enfant de son âge, et a très bien supporté le lait, qui était celui fourni par la maternité. Son père lui a donné des biberons avec grand plaisir. Je ne regrette donc pas ma décision, même si j'ai eu parfois un petit pincement  au coeur en voyant d'autres mères allaiter.

 

Je vais essayer de faire un petit bilan des avantages et des inconvénients. Je tiens à préciser qu'il ne s'agit pas ici de (re)faire le débat sein/biberon, simplement d'exprimer mon ressenti sur la question.

 

Les inconvénients d'abord :

  • je ne donne pas à mon fils l'aliment qui lui est le plus adapté. C'est bien sûr l'inconvénient majeur à mes yeux. Je suis toutefois persuadée que le lait en poudre permet aux bébés de se développer tout à fait correctement et de grandir en bonne santé. Ce que je constate au quotidien avec un bébé de six mois en pleine forme, grand, en bonne santé (il n'a jamais été malade, n'a jamais eu de fièvre). 
  • Je ne donne plus mes anticorps à mon bébé. Je suis heureuse de lui avoir donné le colostrum pour cela. Mais cela nous a poussé à faire les vaccins tôt, sur les conseils du pédiatre, alors que nous aurions sûrement attendu quelques mois s'il avait été allaité.
  • Contrairement au lait maternel, le lait en poudre a toujours le même goût, et je trouve ça un peu triste. D'un autre côté, ça n'a pas vraiment eu l'air de lasser le magicien.
  • C'est cher. 15 euros la boite jusqu'à maintenant, 20 euros depuis qu'on a changé pour un lait bio. Boite qui fait à peine une semaine.
  • C'est de l'organisation quand on sort. Il faut prévoir les biberons, la dose de lait et d'eau. Quand on part en week end, on a un sac entier pour biberons + boite de lait + bouteilles d'eau + matériel pour le change. Il faut anticiper la durée des sorties à l'avance.
  • C'est de la vaisselle en plus (de moins en moins, remarque, vu qu'il ne boit que 4 biberons par jour contre 7 au début !). 
  • mes seins sont marqués par ma grossesse et ma montée de lait et tout ça "pour rien"


Les avantages (presque tous liés, pour moi, au fait que son père* puisse également donner les biberons au magicien) :

  • On a retrouvé les moments agréables et calins des repas. Le magicien a toujours tété avec appétit et bonheur. Le lait lui convient bien, il a eu relativement peu de coliques. 
  •  Ca fait plaisir à Paul de donner le biberon. Et ça me fait plaisir de voir ça. Le premier biberon donné par Paul au magicien est vraiment un des bons souvenirs de la maternité.  
  • J'adore la manière dont réagit mon fils quand il voit le biberon, bouche grande ouverte et bras tendus. 
  • Dès le début, nous avons pu nous partager les nuits, et j'ai donc pu ne pas me lever pendant 6 heures de suite. Ca ça a été profondément bénéfique pour moi qui résiste mal au manque de sommeil. 
  • Cela m'a fait du bien de me dire que mon fils n'était pas entièrement dépendant de moi pour se nourrir. Ca m'a donné une sensation de liberté. Et j'ai pu, parfois, laisser notre fils à son père pour aller me ballader, boire un coup... Et j'ai pu le faire sur un coup de tête, sans avoir besoin d'anticiper ou de calculer des horaires. Par exemple, le dimanche où mon meilleur ami m'a appelé et m'a dit qu'il avait besoin de moi, 5 minutes plus tard, j'étais partie de chez moi, et j'étais dispo pour lui, ce qui est très important pour moi.
  • Je n'aurais pas été à l'aise avec l'allaitement en public, je trouve le biberon beaucoup plus simple à ce niveau là. Je n'ai donc pas eu à réfléchir sur comment je pouvais allaiter discrètement dans tel ou tel endroit. Et j'ai pu sortir le biberon dans des situations où le sein n'aurait pas été évident pour moi (débout dans le métro avec le bébé dans l'écharpe, récemment). 

 

* J'ai du mal, par contre, à laisser à d'autres que nous le soin de donner le biberon. Je ne saurais pas trop expliquer pourquoi. 

 

Alors qu'est-ce que je ferai si j'ai à nouveau un enfant naturellement ? Honnêtement, je n'en sais rien. Enfin si, je sais que je tenterai à nouveau. Mais si ça s'avère encore douloureux je ne sais pas quelle décision je prendrai. Peut être que je serai moins angoissée par une deuxième naissance et que je trouverai l'énergie pour traverser cette difficulté en restant relativement sereine, ce que je n'ai pas pu faire cette fois. Mais je sais que si ce n'est pas le cas, je pourrai nourir ce second enfant au biberon sans culpabiliser et en y trouvant de nombreux avantages. 

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 12:00

Une des choses que je préfère depuis la naissance du magicien, c'est de voir mon homme papa.

Il était là, bien sûr, le jour de la naissance. Il essayait d'être rassurant alors qu'il était bien plus inquiet que moi. Il a accompagné le magicien pour quelques examens. C'est quand il est revenu un peu plus tard, avec le magicien dans les bras, que j'ai pris conscience que j'avais une famille. C'est voir mon homme papa qui m'a fait me sentir mère, beaucoup plus que d'avoir mis au monde mon bébé. Mon homme en train de passer la porte et de m'amener le magicien, c'est de loin mon plus beau souvenir de ce jour là. 

Il est arrivé !

(les illustrations sont extraites de Papa pas à pas de Philip Waechter, dont j'avais déjà parlé ici. J'avais déjà beaucoup aimé ce livre, mais je l'ai retrouvé il y a peu à la bibliothèque et une fois qu'on est parent, je trouve qu'il prend tout son sens. A offrir à tous les jeunes papas !)

 

 

Le magicien a eu la bonne idée de naitre 3 jours avant les vacances de son papa. Avec en plus le congé de paternité, nous avons pu profiter de 6 semaines tous les trois. Trouver nos marques, notre équilibre. Passés les quelques jours à la maternité, nous étions à égalité dans l'apprentissage du fait d'être parent. Parfois on se partageait les tâches. La nuit, lui s'occupait de la tranche 22h-2h, moi de la tranche 4h-10h. Lui a fait les soins du cordon, mais c'est moi qui coupe les ongles. Parfois, on alternait, chacun son tour ou un jour chacun. Parfois, on faisait ensemble, tous les trois. Un qui tient les pieds, l'autre qui essuie les fesses. Le rituel du bain, tous les soirs, lui qui savonne et lave, moi qui essuie et rhabille, et le magicien qui profite ! 

P1050288.JPGLa première sortie où son Papa portait le magicien en écharpe.

 

 

 Une chose est fondamentale à nos yeux, le refus des stéréotypes sexistes liés à l'éducation des enfants et l'égale implication des deux parents dans tous les domaines de l'éducation de l'enfant. Nous voulions en particulier éviter l'écueil "maman s'occupe des soins et de l'alimentation / papa joue". A ce niveau, le fait de le nourrir au biberon nous a facilité les choses, et Paul a, par exemple, changé autant de couches que moi.


Couches

Il n'a pourtant pas toujours été évident pour moi de laisser Paul prendre ses marques avec notre fils sans intervenir. Parce que c'est parfois perturbant quand quelqu'un ne fait pas les choses à notre manière. Je ne sais pas si c'est lié à mon caractère et à ma façon d'être avec mon fils, ou si quelque part, il y a une influence de l'idée couramment répandue selon laquelle "la mère sait ce qui est bon pour son enfant" (alors que le père, au mieux, il "aide" la mère), même si je suis profondément opposée à cette idée. Mais assez régulièrement, il faut que je me morde les lèvres pour ne pas dire "non, il faut faire comme ça !".

  Quand le magicien était tout petit, j'avais envie de l'envelopper dans un cocon tout doux. Paul, lui, continuait à se comporter normalement, c'est-à-dire à faire du bruit, à parler fort... Et dans sa manière de porter le magicien, il est beaucoup moins "craintif" que moi, encore maintenant. Il lui fait faire l'avion, le fait rouler sur son tapis... Il m'a fallu un peu de travail sur moi pour que j'accepte qu'on s'occupe de mon bébé autrement. Mais je suis ravie d'y être parvenue (dans l'ensemble, hein, il m'arrive d'avoir quelques petites rechutes), et du coup je trouve que ça facilite aussi les choses avec les personnes extérieures qui s'occupent de lui (grands parents par exemple).

 

 

Ensuite, Paul a repris le travail. Un nouvel équilibre à trouver, ce qui n'a pas été facile. Mais il est resté très présent pour son fils. Quand l'un des parents travaille et l'autre pas, c'est pas facile de se tenir à ce principe d'égale implication dans l'éducation et les soins de l'enfant. Parfois, je voyais Paul s'étonner de choses qui me paraissent évidentes parce que je les voyais au quotidien la journée. Je me surprennais parfois à donner des consignes quand c'est lui qui s'en occupait. Et surtout, alors que je m'en occupais seule tous les jours, Paul n'avait jamais passé une journée entière seul avec son fils.

 

Depuis 15 jours, les choses ont changé et Paul s'occupe du magicien trois jours par semaine, comme moi. Et il est ravi de passer plus de temps avec son fils. Le magicien est de super bonne humeur quand je rentre le soir. C'est encore un peu tôt pour faire un bilan de cette nouvelle organisation, mais à première vue ça convient à tout le monde. 

 


 

Paul est particulièrement fier de son fils. Il me fait rire quand on sort de la PMI après un accueil parents/enfants et qu'il me dit "quand même, le notre, c'est le mieux".

bébé incroyable

J'adore les regarder jouer ensemble. Parce qu'il faut le reconnaître, Paul est plus doué que moi pour jouer avec le magicien. J'ai tendance à m'appuyer beaucoup sur les jouets, les comptines, les livres. Paul, lui, est beaucoup plus instinctif dans sa manière de faire. Sollicite plus son corps aussi. Il n'a pas son pareil pour le faire éclater de rire. Hier soir, on était tous les trois sur le lit, et Paul dit au magicien "allez, on montre à Maman". Et il se soulève et se laisse tomber sur le lit, ce qui fait sauter le magicien qui est hilare. Paul dit alors "maintenant, c'est à ton tour". Et le magicien soulève les fesses et se laisse retomber sur le lit, exactement comme son papa. J'adore le fait qu'ils aient une vraie complicité, une manière de fonctionner différente de la notre. 

 

J'ai mis beaucoup de temps pour écrire ce billet. Savoir quoi dire, quoi garder pour moi... Regarder la situation évoluer, voir notre famille évoluer...

Vendredi, Paul emmène le magicien quelques jours à Lyon. Deux soirées de liberté. Deux soirées sans eux. Ils vont me manquer. 

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 10:00

Je n'avais pas prévu de poster sur les vendredis intellos cette semaine, puisque j'ai des fins de semaine bien chargées depuis ma reprise du travail, mais le titre de cet article, "VACCINATION du nourrisson: L’anxiété de la mère fait la douleur de l’enfant" m'a interpelé parce qu'il m'a renvoyé à une situation vécue lors de la vaccination de mon fils. 

Cet article est donc également publié sur le blog des vendredis intellos :

vendredis intellos

Le titre est (comme souvent) bien plus racoleur que le contenu de l'article et que l'étude à laquelle il renvoie :
"Cette étude montre que les bébés de mères primipares ou premiers enfants expriment plus de signes d'anxiété et de douleur à la fois avant et pendant leur première vaccination que les bébés nés de mères qui ont déjà eu d'autres enfants  et qui sont, en quelque sorte rodées à la vaccination des plus petits. Les mères pourraient ainsi surestimer la douleur ressentie par leur bébé et leur anxiété toute maternelle pourraient influer sur le ressenti de l'enfant."
Je ne rebondirai pas sur l'idée d'une anxiété "toute maternelle" qui me hérisse le poil, persuadée que les pères peuvent également emmener leurs enfants se faire vacciner et être stressés par la douleur ressentie par leur bébé. Mais ce n'est pas le sujet.

Lors de la première vaccination de mon fils, je n'étais pas préparée à la manière dont la séance allait se dérouler, je n'étais pas sereine par rapport au choix des vaccins effectués. Mon fils a hurlé pendant et après le vaccin et j'ai moi-même fini en larmes. Un vrai fiasco. Lors des vaccinations suivantes, j'ai pris le temps de me préparer et de préparer mon fils avant le vaccin suivant, physiquement avec un patch EMLA, mais aussi en lui expliquant ce qui allait se passer, et pourquoi on avait décider de lui faire faire ce vaccin. J'étais cette fois là beaucoup plus sereine. Et le vaccin s'est beaucoup mieux passé pour mon fils qui n'a quasiment pas pleuré. 


Je pense cependant qu'il ne faut pas minimiser la douleur physique réelle induite par le vaccin et c'est pour ça que le titre de l'article qui sous-entend que la douleur est uniquement du à l'anxiété de la mère m'agace profondément.
Je rappelle donc que des gestes peuvent être effectués pour réduire la sensation douloureuse du vaccin :
- solution sucrée ou allaitement dont l'efficacité contre la douleur est prouvée pour les bébés de moins de quatre mois
- les crèmes ou patch anesthésiants types EMLA, même si leur efficacité reste limité car elle soulage uniquement la douleur provoquée par la piqûre, et pas celle provoquée par l’injection

Que des actions peuvent être menées pour diminuer la sensation de peur et d'anxiété de l'enfant :
- préparer l'enfant en lui expliquant ce qui va se passer, éventuellement en utilisant un guide comme celui-ci 
- faire le vaccin dans un cadre accueillant et sécurisant, en laissant le temps à l'enfant et à la famille de se préparer
- être présent pour l'enfant par le contact physique (garder l'enfant dans ses bras, lui caresser la tête, lui faire des bisous, lui tenir la main)
- le distraire, détourner son attention par des chansons, des histoires
- pour des enfants plus grands, réduire le sentiment d'impuissance en lui laissant des choix, même s'ils semblent secondaires (être couché ou assis, être dans les bras ou sur les genoux de son parent, choisir le moyen de distraction (le jeu, la chanson, la musique...), mettre un pansement ou non)
- après le vaccin, réconforter l'enfant, le consoler et le féliciter. Cela doit venir des parents, mais aussi du médecin. 

(les conseils sont en partie extraits du site de l'association  Sparadrap qui a pour objectif d'aider les parents et les professionnels "à mieux préparer les enfants à un soin, un examen de santé, une visite médicale, une hospitalisation" et qui consacre un long article sur la manière de "diminuer la peur et la douleur des vaccins en PMI")


Mais "si l’étude ne prouve pas le lien direct entre l'anxiété maternelle et la détresse du nourrisson, elle montre que ces comportements de peur sont plus prononcés lorsqu’il s’agit du premier enfant. Les chercheurs ont émis l'hypothèse que la méconnaissance d'une mère du processus de vaccination, lors de la première vaccination,  peut impacter le bébé d'une certaine façon et le rendre plus vulnérable à la douleur."
Il me semble donc important que des actions soient entreprises également en direction des parents.

Il y a d'abord un travail d'information à (mieux) effectuer. Il est indispensable que les parents se sentent VRAIMENT libres de leurs choix concernant le vaccin de leur enfants. Je trouve que l'on sent encore trop souvent une pression des médecins en faveur des vaccins, à la place de l'information qu'ils sont sensés donner et de la liberté de choix que doivent avoir les parents. Etre persuadé qu'on a pris la bonne décision pour notre enfant est particulièrement utile, je pense, pour être plus serein au moment de l'acte. Je sais que personnellement, mon anxiété lors du premier vaccin était principalement due au fait que je m'étais sentie bousculée et pressée de prendre une décision trop rapidement.

Mais je pense qu'une fois la décision de la vaccination prise, il faudrait expliquer précisément comment le vaccin va être fait, comment l'enfant va être installé, combien de temps cela va durer, etc. Et aussi, EN DETAIL, quels sont les risques d'effets secondaires bénins, comment les repérer et comment les traiter. Et ça, ça me parait souvent négligé. 

Je pense qu'il est aussi important pour les parents de se sentir accompagnés. Que les médecins devraient également s'interroger sur l'anxiété des parents et leur poser directement la question. Lors des vaccinations suivantes, avant chaque RDV, la puericultrice de la PMI m'a demandé comment moi je me sentais, si je me sentais prête, et si je désirais qu'elle m'accompagne dans le cabinet du médecin pour l'injection et cela m'a beaucoup aidé à me sentir plus sereine (j'en profite pour faire l'éloge de la PMI que je fréquente et pour dire à quel point je me sens chanceuse d'avoir accès au quotidien et gratuitement à ce service et aux personnes compétentes et profondément humaines qui en font partie). 


Je trouve également important de garder en tête cette citation issue du site de l'association Sparadrap : 

"Il est aussi parfois utile de prévenir les parents que l’agitation ou les pleurs de leur enfant ne signifie pas obligatoirement une douleur intense, mais l’expression d’une émotion ou d’un désaccord et que c’est normal et compréhensible qu’il l’exprime (éventuellement souhaitable sous réserve que les moyens antalgiques adaptés soient bien utilisés). "

Et vous, vous avez repéré une différence entre la première vaccination et les suivantes ? Entre les vaccinations de votre premier enfant et les vaccinations des suivants ? 

Est-ce que pour vous aussi la vaccination a été un moment difficile et anxiogène (ou est-ce que je suis la seule niaise à avoir pleuré dans le cabinet du médecin) ? Avez-vous d'autres astuces pour faciliter la vaccination ? 

 

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 12:00

Ces articles n'intéresseront pas tous les lecteurs du blog, mais j'ai envie de parler de façon un peu précise de la diversification de mon fils. Parce que j'étais (et suis encore) un peu perdue, que ça sera pratique pour moi d'avoir des notes précises. Et parce que ça peut peut être servir à d'autres mamans.

Soyons clairs : c'est simplement un témoignage, en aucun cas un mode d'emploi. Les remarques et conseils de ceux qui sont déjà passés par là (ou pas) sont les bienvenus !

 

 

Alors pour situer un peu le contexte. Le jour de sa première purée, le magicien a 4 mois et 18 jours.
Il avait jusque là 5 biberons par jour, de 180 ou de 210 ml.

C'est un gros bébé (7,2 kg et 64 cm à 4 mois).

 

 

Pourquoi commencer maintenant ?

Au départ, nous pensions commencer beaucoup plus tard, à 6 mois. Mais nous avons avancé cette diversification pour plusieurs raisons.

La principale est qu'à la PMI où le magicien est suivi, ils conseillent de diversifier dès 4 mois. Ils nous ont en effet expliqué que désormais, on revient vers une diversification plus précoce parce qu'on considère qu'il faut faire gouter le maximum de choses aux bébés avant 7 mois pour limiter les allergies.

Deux raisons plus personnelles :

Si le magicien avait été allaité, j'aurai peut être plus tardé, mais là, il prend du lait en boite donc j'aime autant lui donner des légumes bios que ce lait.

Et puis surtout, je reprends le travail pour ses 5 mois 1/2, et nous voulions éviter que la diversification tombe en même temps que ma reprise. 

 

Comment avons nous décidé de procéder ?

A la PMI, ils conseillent de commencer par une purée de légume le midi, le même légume pendant trois jours pour pouvoir identifier facilement le problème en cas d'allergie. Ne pas ajouter de sel, mais on peut ajouter dès le départ des herbes pour parfumer ou un tout petit peu de matière grasse (beurre ou huile d'olive). 10 jours après, introduire les purées de fruit au gouter (éviter de commencer par les fruits parce que les bébés, qui en général préfèrent le sucré, risquent ensuite de refuser les légumes). 

Donc nous allons lui proposer le même légume tous les midis pendant une petite semaine, le temps qu'il prenne l'habitude de manger à la cuillère, puis de lui proposer un nouveau légume 3 jours de suite. Le 3e jour, nous ajouterons éventuellement des herbes ou des épices.

A la PMI, ils conseillaient également de rajouter des céréales, sous forme de farines dans le biberon du soir. Nous avons décidé de ne pas le faire pour le moment. Le magicien est déjà un gros bébé et les biberons de lait lui suffisent pour le caler le soir (jusqu'au lendemain où en général il ne finit pas son biberon du matin).

Nous essayerons de lui proposer des purées maison à base de fruits et légumes bios. J'aime déjà d'amour le Babycook que nous avons récupéré. Mais j'ai déjà donné des petits pots (bios) quand on n'était pas chez nous. 

 

Premiers jours : 

Nous avons décidé de commencer avec de la Butternut : un légume un peu sucré et qu'on adore (oui, je sais, un bébé n'aime pas forcément les mêmes légumes que ses parents, mais j'avais envie de commencer par quelque chose que je trouve bon). Les cinq premiers jours, donc, purée de Butternut. Les premiers jours, il n'avale presque rien et fait la grimace. A partir du cinquième jour, il fait de grands sourires et ouvre grand la bouche quand il voit la cuillère, mais continue à faire la grimace une fois qu'il a la nourriture dans la bouche. Il doit manger l'équivalent d'à peine 2 cuillères à café. On enchaine sur de la purée de carotte, même réaction. 

Le huitième jour, c'est le déclic ! On est chez ma grand mère pour la journée, donc petit pot de carotte (bio, uniquement du légume mixé et de l'eau de cuisson sans additifs). Et là, il adore, avale, se jette dessus, et mange 1/3 du petit pot (environ 40g). Ce qui ne l'empêche pas de finir son biberon de lait. J'avoue, je suis un peu vexée qu'il aime les petits pots alors qu'il dédaigne mes purées maison. Mais en fait à partir de ce jour là, il va bien manger, même si certains légumes passent mieux que d'autres. Actuellement, il doit manger autour de 60/70g de purée. 

On lui a fait gouter du panais, de la pomme de terre (jamais seule, toujours un tout petit peu dans une purée avec un autre légume), des betteraves (grimace le premier jour, en fait il adore), des brocolis (il n'aime pas) et des épinards. 

Après sa purée, il continue à prendre un biberon complet. Mais il a changé de rythme au bout de 15 jours avec des purées, et ne prend plus que 4 biberons de 210 ml par jour. 

On a aussi choisi de lui faire gouter un peu de tout, même si théoriquement ce ne sont pas des choses qu'il devrait gouter à son âge. Mais comme on l'a souvent sur les genoux quand on mange et qu'il est très curieux de ce qu'on a dans nos assiettes... On prend quand même la précaution que ce soit des jours où il mange des légumes déjà introduits auparavant. Il a ainsi gouté divers jus de fruits (je trempe mon doigt et lui fait teter), mais aussi par exemple du chocolat ou de la crème anglaise. Mais il s'est surtout pris d'une vraie passion pour les yaourts nature ! Je lui ai fait gouter une pointe de cuillère un jour, et il a adoré au point de crier jusqu'à ce qu'on lui en redonne ! Il nous arrive donc de lui en donner un petit peu. 

 

Premier bilan à la PMI :

Pour son RDV des 5 mois. Il a pris moins de poids que d'habitude, mais il a quand même un peu grossi et ça reste un gros bonhomme (7,8kg). On continue les purées sur le même rythme, et on ajoute des compotes de fruits au gouter. 

Il faut qu'on change de lait pour un lait deuxième âge, et on va en profiter pour passer à un lait bio dès qu'on a fini notre boite. 

On est en pleine interrogation sur l'introduction des céréales. Le medecin nous a expliqué que désormais, on considérait que l'idéal était d'introduire les céréales entre 4 et 7 mois, y compris le gluten, et ce même s'il y a des intolérances dans la famille (c'est le cas chez nous). Il préconise de mettre une ou deux cuillères de céréales dans le biberon du soir. Mais nous n'aimons pas l'idée de mettre autre chose que du lait dans les biberons. Nous nous demandons donc comment introduire ces céréales. Ma mère me suggérait de simplement lui donner un quignon de pain à machouiller, mais nous avons tenté sans aucun succès. Donc est-ce qu'on doit essayer ça à nouveau ? Lui donner des bouillies ? Par quelles céréales commencer ? Voilà où on en est, si vous avez des conseils, je suis preneuse !  

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 12:00

Demain, je reprends le boulot.

 

Jusqu'au deux mois du magicien, tout était clair dans ma tête : le magicien allait avoir une place en crèche, il serait encadré par une équipe de professionnels en qui j'aurais toute confiance et moi je retournerais avec plaisir au boulot. En plus, il n'y resterait que 3 jours par semaine.

 

J'avais juste occulté qu'en tant que parisienne, obtenir une place en crèche relève du miracle. Et que ce miracle n'a pas eu lieu. 

 

S'en est suivie une période un peu compliquée. C'était très difficile pour moi d'envisager de le confier à une assistante maternelle. Ou plus exactement, c'était très difficile pour moi de le confier à une assistante maternelle trouvée via une liste donnée par la PMI et que je n'aurais rencontrée que quelques fois. J'aurais eu besoin de bouche-à-oreille, de partage d'expérience, etc, ce qui aurait par exemple été possible si je vivais à Lyon (mon mini frère a une nourrice géniale à qui j'aurais confié mon bébé sans problème par exemple). Je n'en dormais plus la nuit. 

A ce moment là, Paul était en pleine recherche d'un nouveau boulot, parce qu'il en avait marre de travailler pour des gens incompétents et malhonnêtes parce qu'il recherchait une ambiance de travail plus sereine. 

 

Une nuit d'insomnie (comme quoi, parfois, ne pas dormir ça sert à quelque chose), je me suis demandé si on ne pouvait pas s'organiser autrement pour le garder nous-mêmes. Le matin, j'en ai parlé à Paul et 2 jours plus tard, tout était réglé. Paul a changé de boulot et négocié de travailler 3 jours par semaine, en garde de 12h. Et moi, j'ai négocié avec mon responsable une reprise à temps partiel (70%).

Le magicien sera avec sa maman le lundi/mardi/mercredi pendant que papa travaille, et le jeudi/vendredi/samedi ça sera l'inverse !

On est parti comme ça jusqu'en septembre, et on verra à ce moment là si on trouve une place en crèche ou si on continue comme ça.

 

Ce qui était à l'origine une réponse à un problème matériel de garde est devenue à nos yeux quelque chose qui ressemble à la solution idéale.

On n'aura pas besoin d'imposer un rythme au magicien. Pas besoin de le réveiller le matin parce que c'est l'heure de partir, pas de problème s'il ne mange pas à heure fixe. Il gardera ses repères.

Le magicien passera autant de temps avec son papa qu'avec sa maman. Pour nous, c'est très important, par principe parce que nous voulons que ses deux parents s'occupent autant de lui et que nous cherchons à lutter contre les stéréotypes sexistes souvent associés à l'éducation de l'enfant. Et puis Paul sera aussi content de passer du temps avec le magicien que moi de retourner au boulot. 

Quand on sera au travail, on sera serein, puisqu'il sera avec l'autre parent. Pas d'inquiétude sur le respect ou non de nos "principes éducatifs", et de façon plus pragmatique, pas de coup de fil parce qu'il est malade et qu'il faut venir le chercher, pas de jour enfant malade...

C'est même économique ! Je perds une partie de mon salaire, mais ça nous revient quand même moins cher que de payer une nounou.

Cela efface donc facilement les quelques défauts de cette organisation (peu de temps passé en famille à trois, fatigue due à des longues journées, surtout pour Paul, une croix à faire sur quelques projets intéressants au boulot pour moi). 

 

Donc demain, je retourne au travail. Même si je suis un peu stressée (après plus de 6 mois sans travailler), je suis profondément contente d'y aller. Le magicien passera la journée avec son papa. Ils ont déjà prévu une ballade. 

Elle est pas belle la vie

(illustration extraite de "Papa pas à pas" de Philip Waechter, dont j'avais déjà parlé ici et que j'ai relu récemment avec encore plus de plaisir) 

 

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Présentation

  • : Le blog de Lila
  • : Bibliothécaire, maman du magicien (né en 2012) et de la puce (née en 2015), je parle de mes coups de coeur en littérature jeunesse, de ma vie, de mes ballades... J'ai un autre blog, http://filledalbum.wordpress.com où je réunis des ressources pour une littérature jeunesse antisexiste.
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