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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 18:04

Ca y est, les vacances sont bien finies, et je parlais dans mes petits bonheurs de ma rentrée, ça a aussi été la rentrée du magicien !

 

Une rentrée sans en être vraiment une, puisque nous avons décidé de rester sur le même rythme que l'année dernière : trois jours avec maman pendant que papa travaille, puis trois jours avec papa pendant que maman travaille, et un jour tous les trois ! 

On aime vraiment cette organisation et on a décidé de la garder pendant encore toute cette année scolaire. 

Mais le magicien a grandi. Les journées en tête à tête avec un seul de ses parents lui paraissent longues (et à nous aussi !). On a eu un moment un peu difficile en juin : je n'avais aucune patience et le magicien me paraissait toujours énervé et faisait connerie sur connerie. J'ai alors réalisé qu'il avait besoin d'autre chose que d'être à la maison avec moi. Qu'il avait besoin de rencontrer d'autres gens, d'autres enfants. Qu'il avait besoin qu'on lui propose plus d'activités, et des activités plus diverses. Et que quand la journée était bien remplie, tout se passait beaucoup mieux. 

On l'emmenait déjà, parfois, dans des lieux d'accueils pour qu'il rencontre du monde, mais on a décidé de le faire de façon beaucoup plus systématique. 

 

Du coup, on a décidé de lui faire un emploi du temps, avec des activités. Cela donne : 

  • lundi matin, 9h30-11h30 : maison de l'enfance, un accueil organisé par une éducatrice de jeunes enfants où les enfants jouent librement dans un espace aménagé, avec tapis, piscine à balles, jouets... de la naissance à 4 ans.
  • mardi matin, 9h30-11h30 : accueil à la PMI du quartier* pour un accueil jeux pour les enfants qui se déplacent bien et jusqu'à l'entrée en maternelle, avec chaque fois une activité nouvelle : arts plastiques, éveil musical... Au début de chaque mois, on a le programme des semaines suivantes. A côté de l'activité principale, il y a un espace jeux, aujourd'hui par exemple c'était petites voitures. Ce qui est bien parce que le magicien est encore un peu petit pour certaines activités proposées.
  • jeudi matin, 9h30-11h30 : accueil au centre social voisin** pour un accueil 0-3 ans centré sur les jeux. L'idée est de présenter des activités que l'ont peu facilement réaliser ensuite chez soi, avec du matériel de récup par exemple. Une fois par mois, il pourra venir à l'accueil parents/enfants à la bibliothèque, de 10h à 11h.
  • vendredi matin, 10h-12h : éveil musical au centre social voisin. 

 

*Il a changé de groupe, est passé du groupe des bébés du vendredi au groupe des grands du mardi, et du coup ça tombe dans mes jours ! C'est super parce qu'il voit d'autres bébés qui ont comme lui commencé les accueils à quelques semaines et qu'il connait donc quasiment depuis sa naissance ! Et moi j'ai pu les revoir des bébés et des mamans dont j'avais beaucoup entendu parler mais que je n'avais pas vu depuis ma reprise du travail en janvier. 

** j'ai volontairement pas mis les adresses précises, mais je peux éventuellement les communiquer par email pour les mamans du 19e ou du 20e arrondissement de Paris qui seraient intéressées. 

 

Le mercredi et le samedi matin, c'est sieste ! Et le samedi midi, le magicien et son papa viennent manger avec moi à côté de mon travail.

 

 

L'après-midi, on lui proposera soit une deuxième sortie, au parc s'il fait beau, à la maison des sources s'il fait mauvais, ou pour aller faire les courses s'il y a besoin, soit une activité à faire à la maison. C'est-à-dire sortir un jeu en particulier et y jouer avec lui de manière un peu plus "construite" qu'aux autres moments. On fera des séances cubes, jeux d'encastrements, livres bien sur, "gym", dessin, jeux de ballon, comptines et musique... D'ici quelques mois, je pense que je varierai un peu les activités mais pour le moment il est encore petit. 

 

En voyant toutes ces activités, je me dis que c'est un des gros avantages d'être parisiens (et plus particulièrement de vivre dans notre "coin" de Paris). En effet, je trouve sans difficultés des accueils tous les matins et tous les après-midi à moins de 30 minutes à pied de chez moi, organisés par du personnel qualifié, et ils sont presque tous gratuits. Les seuls payants, c'est pour un prix dérisoire au centre social voisin : 20 euros l'adhésion pour l'année puis 10 euros par trimestre, alors qu'une seule séance d'éveil musical dans un café poussette privé coute 15 euros !

 

On a donc repris la semaine dernière (même si pour le moment tous les accueils n'ont pas recommencé). Il était ravi de retrouver les lieux qu'il connaissait déjà (la maison de l'enfance, la maison des sources), de voir d'autres enfants. Même si on a parfois du partir avant la fin, parce que mine de rien, ça fatigue !

 

Autre projet pour cette année : confier le magicien de temps en temps, si possible une demie journée par semaine. En effet, notre organisation a plein d'avantages, mais elle laisse peu de temps pour faire autre chose que s'occuper du magicien ou travailler. Et on aurait aussi besoin d'un peu de temps pour nous. L'idée serait de le faire garder une fois sur mes jours, et la semaine suivante sur les jours de Paul. Nous sommes en ce moment en pleine recherche d'une solution. Halte garderie ? Baby sitter ? 

En tout cas, on va en profiter cette année, parce qu'on changera surement d'organisation l'année prochaine !

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 12:00

(comme si je ne le faisais pas à longueur de blog!)

Le magicien a 13 mois.

Il a les cheveux châtains, un peu éclaircis en ce moment par le soleil de l'été. Il a les yeux marrons au centre, mais gris autour. Il a encore des bonnes joues, et même s'il s'est beaucoup affiné ces derniers mois, il reste "mon gros bébé" et la "grosse patate" de son papa. Il ne ressemble ni à son père, ni à moi, ou en tout cas pas de façon flagrante. Il est lui et puis c'est tout !

Le magicien est cool, dans tous les sens du terme : détendu et facile avec nous. Il pleure peu, dort bien, s'adapte facilement aux endroits nouveaux (même quand il dort dans 4 lits différents en 4 nuits)...

Le magicien a toujours le sourire aux lèvres. Quand on va le chercher dans son lit, il nous attend, debout accroché aux barreaux, avec le sourire. Et ça dure jusqu'au soir, quasiment sans interruption. Il rit beaucoup, aussi.

Le magicien est sociable. Plus il y a de monde, mieux c'est. Il sourit à tous, même aux inconnus. Il adore être au centre de l'attention.

Le magicien est observateur (et un brin commère). Des fois, je l'installe dans sa chaise haute et je le mets face à la fenêtre, il est ravi ! Au camping, il regardait passer les gens et les chiens. Quand on l'emmène dans un endroit où il y a des enfants un peu plus grands, il peut passer beaucoup de temps à les regarder, la bouche ouverte !

Le magicien n'a pas peur. Quand il entend un bruit fort et qu'il sursaute, il éclate de rire. Son père l'a beaucoup entraîné avec ses "bouh !". Quand il voit un cheval, il est ravi de s'en approcher, quand il se retrouve face à des vagues aussi hautes que lui, il fonce... Mais il n'est pas du tout tête brûlée.

Le magicien est tout près de marcher, mais ne semble pas pressé de se lancer "sans les mains". Il se tient souvent debout sans se tenir, quand il fait attention à autre chose, mais dès qu'il en prend conscience, il se laisse retomber sur les fesses ! Il a un côté prudent (ou flemmard). Il essaye quelque chose, mais quand il voit que ça marche pas, il n'insiste pas, et revient vers les mouvements qu'il connaît bien, ou nous demande de l'aide. Il a par exemple mis très longtemps à se mettre assis tout seul (et a passé de longs mois à nous tendre les mains pour qu'on le fasse à sa place). Alors il multiplie les techniques de déplacement : en rampant, à quatre pattes, en crabe, debout en se tenant aux objets (parfois il utilise toutes ces techniques juste pour traverser sa chambre) et il s'accroche à nos jambes et nous fait reculer, c'est encore mieux que son chariot de marche. Il monte et descend les escaliers seul (enfin, on est derrière ! mais on ne l'aide pas), monte sur les chaises, descend du lit tout seul...

Le magicien aime le chocolat, les légumes oranges, les galettes de riz/polystyrène, les crevettes au curry, les yaourts nature, la confiture, et tout ce qu'il y a dans nos assiettes.

Le magicien applaudit, dit au revoir de la main. Il fait non de la tête quand il ne veut pas quelque chose. Quand il y a de la musique, il "danse". Il souffle sur les mobiles ou sur les arbres pour les faire bouger (même s'il est à 10 mètres), sur les plats qui sont chauds ou en ont l'air, sur sa bougie d'anniversaire.

Le magicien aime les chaussures... tant qu'il peut jouer avec et qu'on n'essaye pas de lui mettre aux pieds !

Le magicien aime les livres, pour mon plus grand bonheur. Il aime écouter les histoires, il aime tourner les pages, il aime les faire tomber de sa bibliothèque, un par un, pour les avoir tous étalés devant lui. Il aime faire tomber les pyramides de cubes, la piscine à balles de la maison de l'enfance, jouer avec des gobelets en plastique ou ses petits pots. Il aime surtout jouer avec tout ce qui est interdit, en particulier l'ordinateur de son papa, les prises électriques, l'appareil photo...

Le magicien nous imite. Il prend notre téléphone, se le colle sur l'oreille et fait "Dah dah dah!". Il s'assoie sur le canapé de sa chambre pour feuilleter un livre à côté de son papa qui lit. Il agite sa peluche en forme d'abeille et fait "bzzz", comme son papa. Le matin, il petit-déjeune avec moi : moi sur le canapé, lui dans sa chaise haute, et chacun avec son bol de céréales. Il fait mine de manger à la cuillère puis me donne à manger, avec soin.

Le magicien ne fait des câlins qu'à nous et à ses peluches. Il projette violemment pose sa tête contre nous. Quand il fait des bisous, il le fait tellement fort, avec tellement d'enthousiasme, que parfois, il y met même les dents (ça risque de pas être facile, dans les années qui viennent !).

Le magicien découvre des choses nouvelles tous les jours, et nous aussi. Ce matin, il a fait son premier dessin. Et demain ?

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 12:00

Le magicien à eu un an le 27 juillet. Et il a été bien gâté tout l'été!

Le résultat en images avec d'abord les jouets :

Les cadeaux du magicien

1. Un ballon de volley orange et un hochet ballon babysun de la part de ses parents, parce que le magicien adore les ballons et qu'il n'en avait pas, et parce que son père a du mal à être raisonnable et à acheter un seul exemplaire des choses (et je ne vous parle pas de la fois où j'ai dit que ça serait bien que le magicien ait un anneau de dentition et qu'il en a acheté... 8!)

2. Un ballon de football de la part de son parrain.

3. Le train des animaux de la forêt, Djeco pour Nature et découverte. Un train en bois avec des animaux à reconstituer, de la part de son grand-père maternel. Je le trouve vraiment mignon !

4. Un "chiot rires et éveil", fisher price, de la part des deux meilleurs amis de son papa. C'est le genre de choses que je n'aime pas. C'est pas beau, ça fait du bruit, et j'aime pas ces jeux éducatifs (quel intérêt d'apprendre l'alphabet à des tout-petits, franchement ?). Mais ça m'a touché qu'ils prennent la peine de lui faire un cadeau, et le magicien l'adore, j'avoue que le voir "danser" sur les chansons en se secouant sur ses fesses me fait complètement craquer. Et Paul souligne à juste titre que c'est bien que certains lui offrent des jouets qu'on acheterait pas, ça lui permet de voir plus de choses différentes. 

5. Une voiture et sa caravane à assembler (assemblage magnétique), Janod, de la part de ses grands-parents paternels. (Janod se présente comme une marque écolo mais les jouets restent fabriqués en Chine). Très joli, mais je pense que je vais attendre un peu pour le donner au magicien, le montage est un peu compliqué.

6. des cubes souples, Eveil et jeux, de la part de sa tante et de son parrain. Ca c'est vraiment sympa! La manipulation est agréable (et ils peuvent être manipulés dès 6-7 mois à mon avis) et quand le magicien fait tomber la tour... ça ne fait pas de bruit ! 

7. Un empilauto, Vilac, de la part de sa grand-mère maternelle. On peut jouer à remettre les voitures sur le camion, mais aussi à jouer avec les petites voitures, et le magicien n'en avait pas encore.

8. Un puzzle jungle, Djeco, de la part de ses grands-parents paternels, envoyé par la poste donc ouver le jour même de son anniversaire !

 

 

Et puis tout le reste :

Les cadeaux du magicien

1. Un tee shirt Paul Smith acheté au stock de Londres par mon frère qui sait que j'ai un faible pour les marques de luxe.

2. Un ensemble en coton bio de la part de l'arrière-grande-tante du magicien, pour quand il sera "grand" (c'est du 2 ans).

3. Une comédie musicale de Henri Dès de la part de sa tante, qu'on n'a pas encore écouté.

4. Le carnaval de animaux de Saint-Saëns. Le magicien adore et nous aussi (d'ailleurs je l'écoute en écrivant cet article!).

5. Ne figurant pas sur la photo car on a eu un chèque et qu'on ne l'a pas encore acheté : un lecteur CD pour la chambre du magicien de la part de ses arrières-grands-parents maternels. D'ailleurs on cherche un lecteur CD facilement utilisable, pour que le magicien puisse rapidement mette lui-même lecture ou chanson suivante, mais qui ne soit pas trop moche et qui fonctionne sur secteur. Si vous avez des idées de modèle...

6. Un abonnement à Popi avec en cadeau une peluche et une "mini-bibliothèque" avec 5 mini livres, par son arrière-grand-mère paternelle. J'aime beaucoup l'idée de l'abonnement, même si je ne suis pas fan des héros pour tout-petits qu'on trouve dans Popi, type Petit Ours Brun. Le premier numéro reçu est pas trop mal, et le magicien adore les mini-livres qu'il feuillette assis sur le canapé, comme un grand !

Avec tout ça, on va chez Ikéa le week end prochain pour acheter des meubles de rangement pour la chambre du magicien !

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 10:00

Cet article est également publié sur le blog des vendredis intellos.

 

Je me suis lancée dans la lecture du livre d'Elisabeth Badinter, le conflit, la femme et la mère. J'y reviendrai probablement dans d'autres articles (j'ai pris ce livre dans le but de réfléchir aux moyens de concilier maternité, vie personnelle et vie professionnelle, donc il y aura sûrement des articles à ce sujet), mais pour aujourd'hui, je voulais parler du choix d'être mère ou non, et des raisons de ce choix.

 

Elisabeth Badinter considère que ce choix, qui va bouleverser plus qu'aucun autre la vie des parents devrait être issu d'une solide réflexion.

Mais elle constate que ce n'est pas toujours le cas et insiste sur la pression qui pèse sur les femmes (et dans une moindre mesure, les hommes) pour faire des enfants, à la fois de la part de la famille, de l'Etat, de la société...

 

Faire le choix de ne pas avoir d'enfants (et devoir se justifier sans cesse)

Quelle drôle d'idée de ne pas faire d'enfant et d'échapper à la norme ! Ceux-là sont constamment sommés de s'expliquer alors qu'il ne viendrait à l'idée de personne de demander à une mère pourquoi elle l'est devenue (et d'exiger d'elle des raisons valables)

E. Badinter, le conflit, p. 23

(par contre je pense qu'autant on ne posera pas la question à une femme déjà mère, je pense qu'on exige souvent des "raisons valables" de la part des femmes qui ont des difficultés à avoir un enfant et qui choisissent de continuer à essayer, parfois avec l'aide de la médecine). 

 

Les "childfree" ont ces dernières années davantage exprimé leur refus d'avoir des enfants et leurs raisons, avec la création d'associations, de blogs consacrés à la question comme celui-ci, la publications de livres comme No Kids de Corinne Maier dont parle Mickaeje44 ici

 

Faut-il une bonne raison pour avoir un enfant (ou ne pas en avoir) ?

La pression reste très présente, comme en témoigne Véronique Cazot, scénariste de la BD Et toi, quand est-ce que tu t'y mets ? dans un article de rue 89 :

Trouvez-vous qu’il y a une forte pression sociale pour avoir des enfants ?

La pression est énorme ! Surtout entre 30 et 40 ans, l’âge où tout le monde se lance dans la grande aventure familiale et vous encourage à plonger avec eux ! Toute la société est construite sur ce modèle unique. C’est le seul qu’elle reconnaît et qu’elle avantage moralement et socialement. Une femme normale veut FORCEMENT des enfants. Sinon, c’est qu’elle a FORCEMENT un problème.

Un couple équilibré qui s’aime veut FORCEMENT des enfants. Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il y a FORCEMENT quelque chose qui cloche ou que le couple ne s’aime pas assez. Or, des tas de couples déséquilibrés ou qui ne s’aiment plus font des enfants et ont leur place dans la société.

Les filles sont conditionnées dès le plus jeune âge à devenir mère. C’est la fin heureuse de tous les contes de fée. Une promesse de bonheur qui me semble pourtant loin d’être évidente.

J’imagine à quel point les femmes qui voulaient, mais ne peuvent pas avoir d’enfant doivent se sentir inutiles et désespérées, car la société oublie de les rassurer sur le fait qu’on peut s’épanouir sans être mère et qu’un enfant ne garantit pas non plus une vie heureuse.

Et vous, comment vivez-vous cette pression sociale ?

Je l’ai mal vécue les premières années car j’avais du mal à assumer mon choix. Je me sentais harcelée par la société et par mon entourage. Je souffrais de ne pas être comprise et me sentais de plus en plus anormale. Je m’indignais que l’on puisse juger ou imposer un choix aussi intime et important.

Je me sentais vraiment rejetée par la société. Depuis, ce rejet n’est plus du tout subi. Il incarne ma liberté et me protège de ce conformisme qui me semble enfermer tout le monde dans une illusion collective. Je trouve que la norme imposée par la société nous fait tous nous sentir anormaux à un moment ou à un autre et nous pousse à gommer nos différences jusqu’à ce que nous ne soyons plus nous-mêmes et ne réfléchissions plus par nous-mêmes. La norme me semble être la plus dangereuse des illusions.

Véronique Cazot, interview de Rue 89

Comme le souligne Elisabeth Badinter,

Il faut donc une volonté à toute épreuve et un sacré caractère pour se jouer de toutes ces pressons, voire d'une certaine stigmatisation

E. Badinter, le conflit, p. 23

 

Je pense qu'il y a la matière à réflexion sur la liberté de choix que possèdent vraiment les femmes. Et sur les questions, qu'on pense anodines et qu'on pose parfois sans réfléchir (l'année de notre mariage, j'ai un peu l'impression d'avoir passé mon temps à répéter que non, le bébé n'allait pas suivre juste après, mais les personnes qui me posaient la question ne s'en sont probablement pas rendu compte).

 

 

Le choix d'être mère, pour quelles raisons ?

Elisabeth Badinter cite alors un sondage extrait de Philosophie magazine répondant à la question "pourquoi fait-on des enfants ?"

 

Un enfant rend la vue de tous les jours plus belle et plus joyeuse 60%
Cela permet de faire perdurer sa famille, de transmettre ses valeurs, son histoire 47%
Un enfant donne de l'affection, de l'amour et permet d'être moins seul quand on vieillit 33%
C'est faire cadeau de la vie à quelqu'un 26%
Cela rend plus intense et plus solide la relation de couple 22%
Cela aide à devenir adulte, à prendre des responsabilités 22%
Cela permet de laisser une partie de soi sur Terre après sa mort 20%
On peut permettre à son enfant de réaliser ce qu'on n'a pas pu faire soi-même 15%
Avoir un enfant est une nouvelle expérience, cela induit de la nouveauté 15%
Pour faire plaisir à votre partenaire 9%
C'est un choix religieux ou éthique 3%
Autres réponses 4%
Vous avez eu un enfant sans raison particulière par accident 6%




Mais elle considère qu'

En vérité, la raison pèse peu dans la décision d'engendrer. Probablement moins que dans celle du refus d'enfant. Outre que l'inconscient, lui, pèse de tout son poids sur l'une et l'autre, il faut bien avouer que la plupart des parents ne savent pas pourquoi ils font un enfant et que leurs motivations sont infiniment plus obscures et confuses que celles évoquées dans le sondage. (...) En fait, la décision découle plus largement de l'affectif et du normatif que de la prise en compte rationnelle des avantages et des inconvénients.

E. Badinter, le conflit, p. 22

 

 

Alors j'ai eu envie de me poser la question honnêtement : pourquoi je suis devenue mère ?

Je me suis toujours imaginée avec des enfants. En bonne partie, je pense, parce que c'est "comme ça que ça se passe". Et probablement aussi avec l'idée inconsciente de reproduire le modèle familiale (je voulais des enfants "tôt", comme ma mère qui a eu ses trois enfants avant 28 ans).

A la fin de l'adolescence et au début de ma vie d'adulte, cette envie d'enfant est devenue plus concrète parce que je travaillais (et travaille toujours) avec des enfants, et que je trouvais géniale la relation qu'on pouvait avoir avec eux.

Et puis arrivée au moment à l'âge auquel j'imaginais avoir des enfants je me suis sentie.. pas si pressée que ça d'en avoir. L'envie était là mais elle se heurtait à d'autres envies et ne prenait pas le pas sur les autres. Justement, rationnellement, en mesurant les avantages et les inconvénients, je ne voyais pas de raisons de me décider maintenant.

Et puis un jour, sans l'avoir prévu, un test de grossesse positif. Et une joie très profonde. Pourquoi ? Je n'en sais rien.

Alors on avait la possibilité d'élever un enfant (des revenus stables et suffisants, un couple solide...). Mais ce n'est pas une raison. Tout est effectivement venu de l'affect : le bonheur qu'on éprouvait, l'amour qu'on portait à ce qui était pour nous un futur bébé et non un amas de cellules...

La seule raison que j'identifie, c'est que même si j'étais loin d'être sûre d'être une bonne mère, j'étais sûre que mon amoureux allait être un père génial et qu'on était bien entourés et que cet enfant aurait la chance de rencontrer plein de gens géniaux (famille élargie, amis...) et de découvrir une vie riche (je sais, ça a un côté horriblement prétentieux).

Mais finalement, je me dis que cette arrivée surprise a été une très bonne chose parce que je n'aurais pas pu me fonder sur des raisons rationnelles pour prendre la décision de faire un bébé et que cette certitude de faire le bon choix, basée sur l'affect, je n'aurais pas pu l'avoir si le bébé n'avait pas déjà été là. D'ailleurs, pour le moment en tout cas, les raisons qui iraient dans le sens d'avoir un deuxième enfant ne font pas le poids par rapport aux raisons qui me poussent à m'arrêter là ! Est-ce que ça serait différent face à un test de grossesse positif ? Je n'en sais rien.

Alors je considère qu'Elisabeth Badinter a raison dans mon cas : la raison a peu pesé dans ce choix. Mais contrairement à ce qu'elle semble sous-entendre, je ne considère pas qu'un choix basé sur l'affect soit inférieur à un choix basé sur la raison, sur la rationalité. Je n'ai pas choisi d'avoir un enfant pour des raisons rationnelles. Je ne suis pas tombée amoureuse pour des raisons rationnelles non plus et les choix que j'ai fait concernant ma vie de couple sont aussi guidés essentiellement par l'affect. Je ne les considère pas comme moins légitimes.

 

 

Et vous, pourquoi avez-vous fait un enfant ? Est-ce que vous avez une "bonne raison" ? Est-ce que ça vous parait nécessaire d'en avoir ?

 

PS : j'utilise les expressions "avoir un enfant" et "faire un enfant" pour aller plus vite, mais ces expressions ont un côté "mécanique" qui me gênent un peu ici. On ne possède pas son enfant, et j'ai beaucoup plus le sentiment que mon fils s'est fait seul, avec simplement mon aide... Voir aussi cet article

PPS : zut, je me rends compte après coup que ces extraits ont déjà été analysés sur les vendredis intellos par madame bavarde ! Je poste quand même mon article, mais je vous renvoie au sien.

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 10:04

La semaine dernière, destination camping avec le magicien !

Nous ne sommes pas des pros du camping : avant ce séjour, je n'avais campé qu'une seule fois ! Mais ma mère et mon beau-père ont pris cette habitude depuis quelques années, et j'avais très envie de les rejoindre pour passer une semaine en famille au bord de l'océan. Malgré quelques appréhension, notamment liées au sommeil du magicien (qui à la maison ne peut dormir que dans le noir) nous nous sommes lancés. Et nous avons eu raison, on a passé une super semaine, et le magicien a adoré le camping !

 

Voilà comment nous nous sommes organisés. L'idée n'est pas de donner un modèle absolu, mais si ça peut aider certains à préparer leurs bagages... Pour donner le contexte, on campait sous tente, mais plutôt confort, dans un camping 4 étoiles, sur un emplacement avec raccordement électrique et pas mal de matériel (mini frigo par exemple). Par contre, il fallait limiter le volume des bagages : ma mère partait avec une seule voiture pour tout le matériel de camping et nous on les rejoignais en train. il a donc fallu rationaliser et privilégier le matériel multi-usage !

Ma maman a apporté :

  • une tente 4 places avec deux "chambres", une pour nous et une pour le magicien, et le matelas gonflable et les duvets pour nous. 
  • un lit pliant pour le magicien qui servait aussi de parc, le soir (après le bain du magicien le soir, on sortait le lit de la tente et on l'installait dedans pour qu'il ne se ressalisse pas).
  • un vieux duvet qui a servi de couverture de jeux (même si le magicien ne restait pas vraiment sagement dessus !)

 

Dans nos bagages, il y avait :

  • une poussette qui servait aussi de chaise haute pour les repas et de table à langer, en position couchée avec le tapis à langer posé dessus.
  • des lingettes pour le change parce que l'accès à l'eau est pas toujours évident (même si on aurait pu faire coton + petite bouteille d'eau comme à la maison).
  • le babycook du magicien parce que Monsieur refuse de manger des petits pots salés, mais je pense que quelques jours de petits pots peuvent simplifier les choses.
  • le manduca parce qu'on n'imagine même pas partir sans et que c'est bien pratique pour monter la dune jusqu'à la plage.
  • des body qui craignent rien ou déjà tâchés/abimés pour la journée, et des body manches longues, un pull, des pyjamas chauds et une turbulette d'hiver pour les soirées et les nuits qui étaient frisquettes.
  • une tente de plage pour l'abriter du soleil, plus facilement transportable qu'un parasol (nous on a pris celle-là). Et puis penser au chapeau, éventuellement au tee shirt et à l'écran total !

Avec tout le reste de ses affaires, nos fringues, nos serviettes de plage et de bain, tout tenait dans une valise plus un (gros) sac à dos, on était très fiers de nous !

 

Mais surtout, il faut beaucoup de lâcher prise. Le magicien ne marche pas encore, mais se déplace et donc ne reste pas sur la couverture de jeu. Et le sol du camping est essentiellement composé de sable noir. Clairement, le magicien était crado toute la journée, ses vêtements étaient noirs, ses mains aussi... mais il était tout content de patauger dans le sable !

 

Pour la toilette, le camping était équipé avec un espace "nursery" dans chaque bloc sanitaire avec une baignoire pour les bébés et une petite douche pour les enfants un peu plus grands et un espace table à langer. Et ça c'était bien pratique ! (sinon, il existe des baignoires pliables ou des baignoires gonflables).

Pas la peine de partir avec la moitié de ses jouets si vous avez un bébé comme le notre, un peu commère, qui sera ravi de passer la semaine à regarder les gens et les chiens passer sur le chemin, à ramasser des brindilles par terre ou à jouer avec des gobelets en plastiques. On n'a même pas sorti les cubes qu'on lui avait apportés !

Pour les repas, c'était sur les genoux ou dans la poussette (impossible pour lui de se tenir à peu près tranquille sur les fauteuils de camping qui risquaient donc de basculer). Le mini-frigo nous a bien servi parce qu'on a pu préparer une partie des repas en avance et stocker, mais à mon avis une glacière peut tout à fait suffire si on fait au fur et à mesure ou qu'on prend des petits pots et qu'on achète les laitages en petite quantité. On a un avantage, le magicien prend ses biberons a température ambiante et mange froid. Sinon, je pense qu'on peut s'en sortir en faisant chauffer au bain marie sur un réchaud ou avec un chauffe biberon de voyage, mais on n'a pas testé !

Pour la nuit, aucun souci pour le magicien, crevé par ses journées bien remplies. Il s'endormait alors qu'il faisait encore jour, et il ne se reveillait pas plus tôt qu'à la maison. Par contre les siestes de l'après-midi ont parfois été un peu compliquées, parce que notre emplacement était très ensoleillé et que l'air était irrespirable dans la tente après 11h du matin. On a donc fini par sortir le lit et demander à nos adorables voisins si on pouvait l'installer à l'ombre derrière leur caravane, ce qu'ils ont accepté sans aucun problème ! Le magicien a donc fait ses siestes en plein air. 

 

En un mot, partir avec un bébé au camping, c'est moins compliqué que ce qu'on pensait, et c'est décidé, on y retourne l'année prochaine ! 

Mais il faut souligner que la vie était facilité par la présence de notre famille : quand on est arrivés, la tente était déjà montée, tout le monde s'est occupé du magicien, c'est ma mère qui a géré les repas des adultes et la vaisselle, on s'est seulement occupé de ceux du magicien... La logistique prend plus de temps si on est seuls avec un enfant !

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 12:00

Aujourd'hui, le magicien a un an.

C'est un an de petits et de grands bonheurs, que j'ai publié ici, tout au long de l'année. Un an de petits bonheurs que j'ai réunis dans un album offert au magicien pour son anniversaire, réécrits et illustrés de photos.

 

Aujourd'hui, je reviens sur ces petits bonheurs qui ont marqué notre première année avec lui.

 

Première semaine : le magicien dans les bras de son papa pour la toute première fois , une première rencontre à trois.

Passer des heures à le regarder, dans son petit berceau en plastique de maternité, tout contre mon lit. 

 

Deuxième semaine : Le premier biberon avec son papa.

Revenir à la maison à trois. 

Les premières rencontres du magicien avec ses oncles et tantes, ses grands parents, ses arrières grand-parents, nos amis...

 

Troisième semaine : Les premières sorties au parc.

Les siestes juste à côté du magicien. 

 

Quatrième semaine : continuer à jouer aux cartes, à passer du temps sur l'ordi, à discuter en buvant une tisane... avec un bébé sur les genoux ou dans les bras ! 

 

Cinquième semaine : les premières fois sur le tapis d'éveil. 

 

Sixième semaine : le magicien a un mois !

Première séance de lecture avec le magicien. 

 

Septième semaine : porter le magicien en écharpe, et profiter de l'avoir tout contre soi et juste à hauteur de bisou. Réussir à convaincre mon homme que si, c'est facile. Ca y est, il s'est lancé, et depuis il ne parle plus d'acheter un porte bébé ! 

 

Huitième semaine : bouquiner, allongée sur mon lit, avec le magicien qui fait sa sieste allongé sur mon ventre, la tête dans le creux de mon cou. 

 

Neuvième semaine : la sieste à deux l'après-midi : un calin, puis je le regarde dormir 5 minutes avant de m'endormir à mon tour... 

 

Dixième semaine : le magicien varie les sons : en plus des "areuh", il dit "gueeeeuh" depuis quelques jours. Il cause, il cause... et il fait de plus en plus de grands sourires ! 

 

Onzième semaine : les sourires du magicien, qui sourit désormais à ses parents, en réponse à nos sourires (jusque là, c'était indistinctement à nous, à son biberon, aux poignées de porte...). 

 

Douzième semaine : donner le biberon au magicien dans la galerie des sculptures du musée d'Orsay. 

 

Treizième semaine : il a réussi à traverser cette semaine sans tomber malade ou faire de poussée de fièvre, ce qui n'était pas gagné d'avance entre mon gros rhume et ses premiers vaccins.

 

Quatorzième semaine : il a eu 3 mois cette semaine ! Et il est beaucoup plus éveillé. Grands sourires, areuhs... quelque chose qui ressemblait à un rire... 

 

Quinzième semaine : parce que je ne trouvais pas ce que je voulais en magasin, lui acheter quelques grelots et les attacher au bout d'un ruban. Je n'imaginais pas que ce jouet improvisé aurait autant de succès auprès du magicien ! Il a pris conscience que s'il les tapait de la main, ils faisaient du bruit. Alors il se concentre, donne un coup dans les grelots. Et comme ça fait du bruit, il fait des grands sourires et bat des pieds. Et ses parents sont en admiration. 

 

Seizième semaine : c'est un bébé hyper sociable. Grands sourires, porté par tout le monde... Il adore quand il y a du monde autour de lui. J'espère que ça va durer !

Je disais la semaine dernière qu'il commençait à taper dans les grelots qu'on secouait devant lui. Ca a été un vrai déclic, et en une semaine il a appris à attraper les doudous et hochets qu'on lui portait.

 

Ma maman qui fait la grand-mère parfaite, qui a adoré pouponner pendant quelques jours : elle lui a donné le biberon, l'a promené en écharpe, a chanté plein de chansons (l'avantage avec une mère instit c'est qu'on en découvre de nouvelles à chaque fois)... Elle lui a même fabriqué un hochet maison !

 

Le magicien a toujours adoré la table à langer. Mais en ce moment, c'est particulièrement génial. Il gigote, son grand jeu c'est de faire "le pont" : il s'appuie sur sa tête et ses pieds et lève les fesses. C'est pas hyper pratique pour le changer, mais il fait ça avec un tel bonheur!

 

Le calin à trois quand Paul nous a rejoint après quelques jours de séparation.

 

La tante de Paul nous a offert "Sophie la girafe". Paul refusait qu'on l'achète parce qu'il trouve que "ça fait un bruit de jouet pour chien", alors que pour moi, c'est une vraie madeleine de Proust ! Là, comme c'était un cadeau, et de sa famille en plus, il n'a rien pu dire !

 

Il commence à y avoir des échanges entre mon petit frère et le magicien. Mon frère lui apporte ses peluches (lui jette dessus serait plus exact, mais enfin...) et le magicien lui fait des grands sourires. Mon frère a demandé à le prendre dans ses bras, alors on s'est installés sur le canapé et j'ai installé le magicien sur ses genoux. Mon petit frère avait l'air si sérieux, comme si on lui avait posé ce qu'il y a de plus précieux au monde dans les bras ! (ce qui est le cas, en fait, pour moi en tout cas!) 

 

Dix-septième semaine : mon homme et moi allongés, le magicien entre nous deux. Il se cambre et soulève ses fesses, avec toute l'énergie dont il est capable. Une fois vers maman, une fois vers papa. Et des grands sourires. Puis un calin à trois. 

 

Dix-huitième semaine : le magicien était allongé sur le ventre. Il a réussi à se retourner et à se mettre sur le dos. Tout seul. Sous le regard admiratif et complètement niais de ses parents. 

 

Dix-neuvième semaine : il arrive maintenant à attraper les petites peluches de son horrible mobile Winnie l'Ourson. Et là, il a tiré tellement fort qu'il a réussi à se faire tomber le mobile sur la tête. Inquiets, on s'est précipités pour tomber sur un magicien... hilare et tout fier de l'avoir attrapé ! 

 

Vingtième semaine : grands sourires, éclats de rire, grands discussions avec sa mamie...le magicien était ravi de ces quelques jours en famille, il a rarement été d'aussi bonne humeur ! 

 

Vingt-et-unième semaine : aller à l'accueil "parent/enfant" de la bibliothèque où je travaille avec le magicien. Il adore les livres (faut dire qu'il est un peu conditionné ^^), mais je ne l'avais jamais vu comme ça. Grands sourires, éclats de rire, longs discours pendant que je lui lisait des albums... 

Première purée.

 

Vingt-deuxième semaine : Le premier Noël du magicien.

Il dormait à côté de notre lit chez nos parents respectifs, et il me suffisait de lever la tête pour le regarder dormir, comme quand il était petit. Et le matin, on a pris l'habitude de le recoucher entre nous deux pour un calin à trois... 

 

Vingt-troisième semaine : avoir réussi à prendre un peu de recul, beaucoup mieux vivre les (rares) moments où il est ronchon et profiter pleinement des (nombreux) moments où il joue et où il sourit. 

 

Vingt-quatrième semaine : un magicien toujours content et cool, qui s'adapte à tout, qui est d'accord pour manger son petit pot dans son siège auto ou dans une salle du chateau d'Amboise, qui est content de passer sa journée dans la poussette, qui nous fait la fête le soir quand on rentre à l'hotel et qui a réussi à se retourner tout seul pour se mettre sur le ventre pour la première fois pendant qu'on jouait sur le lit ! 

 

Vingt-cinquième semaine : reprise du travail : après une journée de travail, retrouver le magicien hilare et lui faire un gros calin. 

 

Vingt-sixième semaine : hier soir, alors qu'on mangeait, il était dans son transat à côté de nous, et il s'est rendu compte qu'il pouvait atteindre le sel et le faire tomber par terre. Il a eu un de ses plus gros fou-rire quand il a réussi, et il nous regardait avec l'air de dire "vous voyez, ça y est, je suis assez grand pour faire des bétises". 

 

Vingt-septième semaine : retrouver le magicien après presque 3 jours sans lui et lui faire un énorme calin. 

 

Vingt-huitième semaine : vendredi soir, quand je suis rentrée après être allée boire un verre, mon homme venait de mettre le magicien au lit. J'étais toute triste de l'avoir raté. Quand je suis allée le voir pour lui faire un bisou, il était en fait parfaitement réveillé, et on a pu faire un gros calin/chahut sur le lit !

 

Vingt-neuvième semaine : reprendre le temps de lire, allongée sur le lit, avec le magicien qui fait le zouave à côté de moi. Ca demande un livre assez léger mais c'est un beau moment !
De manière générale, le magicien a été particulièrement cool cette semaine. Je me suis rendue compte au bout des "mes trois jours" qu'il n'avait tout simplement pas pleuré ! Il a trouvé sans problème le moyen de me rassurer, moi qui m'inquiétais un peu parce que depuis que j'avais repris le travail, il était plus cool les jours avec son père que les jours avec moi... Génial bébé !

 

Trentième semaine : depuis quelques jours, le magicien tient assis tout seul ! Même s'il préfère se laisser tomber (voire se jeter) sur le côté, ça le fait hurler de rire ! 

 

Trente-et-unième semaine : retrouver son sourire, sa bonne humeur et son énergie après quelques jours difficiles et se dire que ça y est, il est guéri ! 

 
Trente-deuxième semaine : mon nouveau fond d'écran de portable, une photo du magicien sur les épaules de son papa, me donne le sourire dès que je jette un oeil à mon téléphone. 
 
Trente-troisième semaine : Un grand soleil, et assez de chaleur pour aller s'installer sur une pelouse aux Buttes Chaumont avec le magicien, le regarder essayer d'attraper l'herbe, et se dire que c'est bien, ces trois jours par semaine que je passe avec lui.
Le soir, quand on ouvre la porte, le magicien a très bien compris que c'est son père ou sa mère qui rentre. Du coup, il pousse des cris de joie avant même de nous voir !
 
Trente-quatrième semaine : maintenant, de temps en temps quand on le prend dans les bras, le magicien s'accroche très fort à nos bras. On a alors presque l'impression de ne pas être qu'un moyen de transport ^^ 
 
Trente-cinquième semaine : le magicien a une dent ! Je sais, c'est complètement ridicule de s'en réjouir, mais inexplicablement, ça nous rend tout fiers ! (et on est bien content qu'il n'ait eu aucun souci, ni de douleur trop importante!) 
 
Trente-sixième semaine : le magicien et sa cousine, qui a six mois de plus que lui, en train de se découvrir, de faire des grands sourires et de se faire des caresses! (le magicien était quand même un peu frustré de rester sur place quand elle partait en marchant...) 
 
Trente-septième semaine : Cette semaine, il y en a eu plusieurs. Je pourrais parler de la sieste qu'il a fait dans mes bras pendant le trajet en train, ce qui ne lui était pas arrivé depuis plusieurs mois. De sa visite surprise à la bibliothèque samedi, avec son papa. Du fait qu'il tient debout tout seul en s'appuyant sur le canapé. Des sons qu'il fait, et qui ressemblent de plus en plus à "maman".

Mais je crois quand même que le plus beau moment de la semaine, ça a été quand on est rentrés à la maison, après 5 jours de voyage. Pour la première fois, il avait conscience de rentrer chez lui. En arrivant dans la chambre, il a vérifié que le mobile était toujours au dessus de son lit, que le dragon était toujours accroché au plafond... et ses sourires se sont transformés en cris de joie !

Tu as raison mon bonhomme, on est bien chez nous ! 

 

Trente-huitième semaine : ca y est, le magicien tient super bien assis. C'est impressionnant comme ce simple fait nous donne l'impression d'avoir un petit garçon et plus un bébé en face de nous (qu'est-ce que ça va être quand il va marcher !). Et ça lui donne plein de nouvelles possibilités de jeu, de lieux où s'installer... Mercredi après-midi, il est venu me voir à la bibliothèque et on l'a assis dans le coin petite enfance, face à un bac, il pouvait attraper les livres tout seul pour les manger, c'était adorable !

Enfin une après-midi ensoleillée et un chouette moment à trois au parc. 

 

Trente-neuvième semaine :  le magicien est un petit goinfre ! Il faut le voir avec un quartier de pomme ou d'orange dans le bouche !

 

Quarantième semaine : De beaux moments chez son arrière grand-mère et la découverte des jeux de Maman quand elle était petite (ah, des cubes !)

Retrouver un magicien hilare et heureux de me revoir après 48 heures de séparation. 

 

Quarante-et-unième semaine : faire des pyramides de cubes et regarder le magicien s'éclater à les faire tomber ! 

 

Quarante-deuxième semaine : le magicien fait "au revoir" de la main !

Quelques jours en famille à Lyon.

 

Quarante-troisième semaine : Acheter les premières chaussures du magicien avec sa grand-mère. 

le magicien fait tout pour attraper nos mains puis tire pour se mettre debout ! Il y arrive à chaque fois maintenant et il en est super fier ! 

 

Quarante-cinquième semaine : Ca y est, le magicien a trouvé une technique très efficace pour ramper ! Il nous fait des blagues, on le laisse dans sa chambre et on le retrouve dans la salle de bain, il vient vers nous pour nous faire un calin... 

 

Quarante-sixième semaine : en ce moment, le magicien fait des bisous, et même si c'est un bébé très sociable et toujours content d'être dans les bras de nos amis, c'est à son père et moi qu'il réserve ses bisous et ses plus grands sourires! 

 

Quarante-septième semaine : le magicien est resté quelques jours en plus en vacances avec son papa.  Depuis qu'il est rentré, samedi, il passe son temps à dire maman (ou quelque chose qui y ressemble) en me faisant des bisous ! (son père commence à être jaloux !)

S'installer dans une pelouse aux Buttes Chaumont et regarder le magicien jouer dans l'herbe.

 

Quarante-huitième semaine : depuis quelques jours, le magicien nous rejoint dans la pièce où on est quand il a envie de nous voir (c'est-à-dire environ 30 secondes après qu'on ait quitté la pièce où il se trouvait ^^). Quand je suis rentrée du boulot vendredi, il était dans la salle de bain, et il s'est littéralement précipité vers moi à travers la cuisine !

 

Quarante-neuvième semaine : en ce moment, le magicien parle beaucoup et avec beaucoup de sérieux. Et j'adore rentrer dans son jeu. En général, je répète ce qu'il vient de dire, il fait un autre son, je répète encore... et on se marre ! On le fait souvent quand on se promène et qu'il est dans le manduca, les gens dans la rue doivent me prendre pour une folle !

 

Cinquantième semaine : ça y est, il a trouvé sa technique pour s'asseoir seul : il se met sur le ventre, puis a quatre pattes et enfin se bascule en arrière pour atterrir sur les fesses! Et il est vraiment vraiment fier quand il y arrive ! Il nous lance son regard."vous avez vu comme je suis grand?" 

 

Cinquante-et-unième semaine : son bonheur de jouer dans l'eau que ce soit dans la piscine de mon grand-père... ou dans la fontaine du parc !

 

Cinquante-deuxième semaine :  le magicien sait mettre en route la boite à musique accroché à son lit tout seul, du coup on entend qu'il est réveillé avant qu'il râle ! Il joue avec la poignée de la porte qui donne sur notre chambre... et quand on arrive il est debout dans son lit et saute de joie sur son matelas ! 

 

Cinquante-troisième semaine : le premier anniversaire du magicien !

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 22:15

Avec le magicien, il y a les jours avec. Ceux où il a le sourire toute la journée, où ses siestes et ses repas tombent pile au bon moment pour qu'on puisse sortir (et pour que je puisse manger tranquille), et même parfois où il joue seul pendant 20 minutes et que je peux faire autre chose.

Et puis il y a les jours sans. Ceux où le magicien est "ronchonchon" comme dit son père, ceux où il ne supporte pas que je m'éloigne de lui et hurle tout le long de ma douche (de 3 minutes), ceux où avec un seul petit pot, il réussit à en mettre partout sur lui, sur moi sur la chaise haute et sur le sol, mais qu'il refuse en hurlant d'en avaler plus que trois bouchées, ceux où il pleure comme s'il était le bébé le plus malheureux du monde parce que je ne suis pas à sa disposition pour le mettre debout, ceux où il ne dort pas même épuisé, ceux où quand on le prend dans nos bras, il nous repousse et se jette en arrière...

Ça peut être parce qu'il n'a pas bien dormi, parce qu'une dent l'embête, ou tout simplement parce que comme ça arrive à tout le monde, il s'est levé du pied gauche.

Et enfin, il y a les jours cauchemar. Les jours sans du magicien qui tombent les mêmes jours que mes jours sans. Ceux où je n'ai pas de patience, où ce qui me ferait sourire un autre jour m'exaspère et où ce qui ne ferait que m'agacer me rend folle. Où je m'énerve, je râle, et parfois même je perds le contrôle et je crie. Ces jours là, parfois, mon chéri me retrouve en larmes le soir, avec l'impression d'être la plus mauvaise mère du monde.

Ces deux derniers jours* étaient bien partis pour être des jours cauchemars. Le magicien était ronchon, j'étais crevée, tendue et pas patiente.

Alors je suis sortie avec mon bébé sous le bras en manduca et je suis allé, pour la première fois à la maison des sources.

A la maison des sources, on peut arriver quand on veut et rester aussi longtemps qu'on veut.

A la maison des sources, il y a de la place et un espace adapté pour que les petits puissent jouer sans qu'on ait à leur dire sans cesse "non, ne touche pas à ça!". Un tableau sur lequel on note le prénom des enfants présents. Une table près des fenêtres pour goûter. Un mobile avec des poissons. Une locomotive à pousser quand on commence à tenir debout. Une grande cabane en bois pour jouer. Des ballons de toutes les tailles. Des toupies colorées.

Et surtout, il y a d'autres enfants que le magicien peut regarder avec ses grands yeux. Il s'en approche, va taper sur caresser la tête des plus petits, fait des grands sourires aux bébés de son âge et regarde avec de grands yeux admiratifs les grands qui courent. Il veut jouer avec les mêmes jouets, aller aux mêmes endroits... Et je sens à quel point c'est important pour ce bébé qui passe la quasi totalité de son temps en tête à tête avec ses parents.

Il y a des personnes qui nous accueillent avec le sourire. D'autres parents qui sont dans la même situation et qui sont ravis d'échanger quelques mots.

Nous y sommes restés 2 heures. En rentrant à la maison, j'étais à nouveau détendue et disponible. Le magicien était de meilleure humeur. Et je me suis dit que j'avais vraiment de la chance d'habiter tout près de cet endroit.

* En fait, c'était la semaine dernière, et j'y suis retournée depuis avec le magicien, mais le temps d'écrire l'article, de découvrir que cet accueil était inspiré de la maison verte de Dolto, de jeter un coup d'œil sur ces maisons vertes... Je pensais vous parler des maisons vertes sur le blog des vendredis intellos, d'ailleurs, mais pas le temps aujourd'hui, la semaine prochaine j'espère !

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 12:00

Cet article est également publié sur le site des vendredis intellos.

vendredis intellos

 

Après une  introduction sur l'injonction au genre, une  première partie sur la place des jouets dans la construction de la féminité et de la virilité, une  seconde partie sur la norme hétérosexuelle, voilà la troisième partie consacrée aux alternatives et luttes.  

contre les jouets sexistes

 

Alternatives concrètes pour les parents : (c'est moi qui ajoute cet intertitre)

Comment permettre aux enfants de sortir des normes aliénantes et de se développer en tant que personne ? Cette partie tente de proposer des propositions concrètes.

  • Privilégier les jouets sans scénario trop clairement défini, qui laissent de la place à l'invention. "Pour constituer un support de créativité idéal, le jouet doit être suffisamment neutre et riche"
  • sortir du consumérisme, acheter des jouets d'occasion dans les brocantes et profiter du réseau des ludothèques... (j'avoue être sceptique par rapport à ces propositions. Si j'en comprends l'intérêt écologique ou anticapitaliste, il me semble que selon le choix du jouet, ça peut être tout aussi sexiste)
  • encourager la circulation des jouets entre les sexes. Les jeux de construction ou d'initiation aux siences gagneraient à être investis par les filles, les jeux liés à la mode, au déguisement, au maquillage devraient être autorisés aux garçons. "Quant aux jeux de pouponnage, ils sont communs à tous les jeunes enfants, qui ont besoin de transposer leur vécu dans leur relation avec leur poupée. Garçons et filles devraient pouvoir jouer librement aux parents." 
  • Valider ou suggérer des scénarios familiaux moins normés (autant je suis entièrement pour laisser les enfants jouer comme ils le souhaitent, autant j'ai du mal avec l'idée de "valider" un scénario de jeu)
  • les encourager, filles comme garçons, à participer à la vie quotidienne (dans la mesure de leurs capacités) plutôt que de leur offrir certains jeux d'imitations (par exemple faire participer les enfants au ménage plutôt que leur offrir un aspirateur en plastique)
  • encourager les jeux fondés sur la perception, les jeux manuels (bricolage, sculpture...), autour du son (musique, chant...), les jeux qui utilisent l'environnement (cerf-volant...). Mais aussi la pratique du sport. Le livre insiste sur l'intérêt pour les petites filles de pratiquer les arts martiaux afin de "désapprendre la passivité et renverser le mythe de la fragilité" et pour les petits garçons de pratiquer la danse pour "appréhender leur corps comme un moyen d'expression". Il fait l'éloge des jeux du cirque qui permettent à la fois une alternative à la compétition, une exploration des possibilités corporelles (équilibre en particulier) et la possibilité de créer des émotions chez le spectateur. La pratique du théâtre pour prendre confiance en soi, encourager la coopération et la créativité, se familiariser avec la communication verbale et non verbale.
  • Eduquer contre la violence : "nous considérons que les jouets guerriers, parce qu'ils banalisent la guerre et l'assassinat, doivent être écartés des objets offerts aux enfants. Ils représentent un encouragement à l'agressivité, une légitimation des conflits réels et conditionnent à ne pas prendre en compte les souffrances produites par ces armes. Il faut d'ailleurs éduquer contre la violence au sens large, en refusant la violence éducative. Il ne faut cependant pas faire de la violence un tabou et parler avec les enfants de la violence et de l'injustice.
  • Parler de sexisme aux enfants pour leur offrir des "outils de compréhension" et "lui faire comprendre que, s'il le souhaite, il peut oeuvrer pour modifier la société dans laquelle il vit"

 

Pour une socialisation alternative des jeunes enfants par le jeu :

Le livre souligne l'importance du jeu pour l'enfant. Le jeu doit être principalement mené par la dynamique des enfants, sans qu'ils soient contraints par des règles ou par la valorisation/stigmatisation de certains comportements, les enfants étant très sensibles aux réactions des parents. Quelques pistes pour permettre une liberté de choix de la part des enfants :

  • demander l'avis des enfants sur leurs propres pratiques et éviter les évaluations. Par exemple au lieu de juger un dessin (même positivement avec "oh c'est beau"), demander à l'enfant s'il en est content.
  • ne pas noyer les enfants sous une trop grande quantité de jouet. Pas toujours évident... Mon homme et moi avons pris la décision de n'acheter, pour le moment, aucun jouet au magicien. Mais rien qu'avec les cadeaux, il en a une quantité impressionnante ! Mais on fait attention à ne pas lui en proposer trop à la fois (sur les conseils d'une puericultrice de la PMI qui nous a dit : jamais plus de un ou deux jouets à disposition sur le tapis d'éveil).
  • privilégier les jeux de construction qui sont "un excellent moyen d'appréhender le monde qui les entoure" et dont les scénarios varient à l'infini.  
  • être vigilant à l'utilisation sexiste du langage. Ca peut passer par éviter l'emploi systématique du masculin pluriel seul qui invisibilise les filles (on peut très bien dire "les copains-copines" par exemple) ou, pour les éducateurs-trices, en évoquant uniquement les mamans avec des phrases comme "maman t'a bien coiffé ce matin". J'ai d'ailleurs vu avec plaisir le changement chez ma mère, instit, qui ne dit plus "l'heure des mamans" mais "l'heure des parents" à 16h20. 
  • Etre attentif aux choix de l'enfant et montrer de l'empathie
  • Eviter le distingo rose ou bleu en proposant un panel de couleurs plus large
  • Réfléchir à l'aménagement de l'espace (crèches, classes, mais aussi chambre d'enfant), au choix des jeux à disposition, afin d'offrir un maximum de possibilités
  • L'intervention de l'adulte dans l'organisation des jeux est intéressante si la formulation des règles n'est pas restrictive mais va dans le sens de l'élargissement des possibles
  • Promouvoir des modèles d'hommes et de femmes qui présentent des qualités intéressantes à développer

Si on veut que les mentalités évoluent, il est indispensable que les adultes aient réfléchi à ce problématiques. Il faudrait donc y réfléchir lors de la formation des professionnel-le-s de la petite enfance, réfléchir à ce que le fait que ces métiers soient très féminins implique dans la construction identitaire des enfants et y encourager la mixité.

Un chapitre est également consacré aux livres pour enfants non sexistes, c'est trop long pour que je l'aborde ici, mais j'essayerai d'en reparler. 


 

La campagne contre les jouets sexistes :

En 2001, l'association Mix-cité lance une campagne d'action sur le sexisme dans les catalogues de jouet au moment de Noël. Plusieurs actions ont lieu dont la distribution d'un "contre-catalogue". D'autres associations se sont jointes au mouvement, comme le Collectif contre le publi-sexisme ou les panthères roses, groupe d'activiste "goiunes, trans et pédé, féministe et progressiste", ce qui a permis d'interroger le modèle du couple exclusivement hétérosexuel donné dans les jouets. 

Un des catalogues est disponible ici, mettant en scène les injonctions transmises par les jouets ainsi que leur correspondant dans le monde adulte, puis proposant quelques alternatives. Ils sont distribués près des magasins de jouets et des grandes surfaces. D'autres animations ont été proposées (expositions, chorales, etc). Des actions ont également eu lieu dans les magasins (échanges de jouets entre les rayons rose et bleu, autocollants "pour les garçons aussi" ou "pour les filles aussi" collés sur les boites, etc, occupation festives de magasins...). Des débats ont également été organisés. 

Cette action s'inscrit dans la durée puisqu'elle a lieu tous les ans. Ces actions donnent lieu à un accueil globalement positif. 

"Le public sensible à ce questionnement et à cet argumentaire semble s'accroitre"


Et voilà, on finit ce compte-rendu sur une bonne nouvelle, même si la route est encore longue !

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 12:00

Je continue mon compte-rendu du livre "contre les jouets sexistes" aux éditions l'échappée. 

contre les jouets sexistes

Après une introduction sur l'injonction à un genre et une première partie sur la construction de la féminité et de la virilité, la seconde partie est consacrée à la norme hétérosexuelle. C'est la partie que j'ai trouvé la plus intéressante, parce que je pense qu'auparavant, j'y avais moins réfléchi que sur le reste donc j'ai découvert plus de choses. 

"La norme hétérosexuelle transparait à travers la façon dont les gens réagissent face aux petits garçon s'aventurant à jouer à des jeux "féminins" et à travers la représentation de la famille".

 

Le contrôle de l'identité de genre :

Les garçons sont détournés de tout jouet dits féminins alors que les filles peuvent plus facilement s'approprier les jeux ou jouets de garçons. Les insultes de "tapette", "femmelette", "pédé" sont plus souvent utilisées pour dénoncer le non respect des "attributs masculins" que par rapport à la véritable orientation sexuelle de la personne. Elles servent aux personnes qui les utilisent à se rassurer sur leur propre "normalité".

"Le stéréotype joue un rôle psychologique majeur, puisqu'il permet d'apaiser l'angoisse identitaire de se voir un jour déserter son statut ou de se faire rejeter par son groupe d'appartenance surtout lorsque celui-ci apparait comme le modèle à suivre" (Daniel Borillo) "L'homophobie n'est donc pas une anomalie de la société moderne, mais un de ses piliers" qui sert à réguler l'organisation en genre sexuels préétablis : "elle permet de cloisonner et d'inculquer les comportements sexués nécessaires à la reproduction patriarcale". Monique Witting écrit ainsi que l'hétérosexualité est un système politique en soi, sont la famille est la pierre angulaire. 

Ces derniers temps, je me suis souvent demandé pourquoi la loi sur le mariage pour tous entrainait une telle levée de bouclier, et pourquoi on trouvait des réflexions si violentes et si inquiètes sur les conséquences que cette loi pourrait avoir (j'ai quand même vu un prêtre dire, sur BFM télé, que si cette loi était adoptée, on allait vers la fin de l'humanité) alors qu'elle n'allait concerner directement qu'un petit nombre de personne. Je pense qu'on tient là une des raisons de l'ampleur du mouvement contre le mariage pour tous : la défense (inconsciente ?) des schémas préexistants et l'idée qu'accepter le mariage pour tous et l'adoption par les couples homos remettrait en cause toute l'organisation de la société en supprimant un des moyens essentiels de contrôle de l'identité de genre. 

La masculinité se construit donc par une suite d'interdiction. Pour la féminité, c'est une suite d'obligation. Elles ont plus de libertés pour s'approprier des jouets de garçons car les valeurs masculines sont celles qui dominent dans notre société et sont donc jugées positivement. Cependant, la féminité a également un stigmate pour empêcher la transgressions des limites : celui de la pute.


La représentation du couple et de la famille :

La famille fantasmée composée de deux parents hétérosexuels aux rôles différenciés et hiérarchisés avec deux enfants, un garçon et une fille, est le modèle le plus courant et est présenté comme l'idéal à atteindre. On le voit par exemple avec la représentation des familles dans les boites playmobils : que ce soit  à la préhistoirechez les romainschez les chevaliersau skisur un bateauautour du sapin de Noëldevant un camping carsur un autre bateau, on retrouve quasiment toujours ce modèle. 

playmobil-prehistoire.jpg


Le père chasse, la mère fait la cuisine, un garçon, une fille, c'est bon, on est dans les stéréotypes dès la préhistoire !


Le rapport entre filles et garçons est rapidement investit par les adultes de la volonté de fabriquer un couple hétérosexuel. Les enfants sont souvent taquinés par leurs aîné-e-s sur le mode "tu as un-e petit-e amoureux-se ?" Lors des rencontres parents/enfants à la PMI où je vais, j'ai entendu plusieurs fois des mamans dire "ah mais non, machin c'est l'amoureux de bidule" ou "X se mariera avec Y" en parlant de bébés de quelques mois, j'ai toujours trouvé ça absurde. 

 L'importance du couple n'a toutefois pas la même importance dans l'univers des garçons dont les filles sont souvent absentes et dans l'univers des filles où l'homme est présent, presque toujours sous les traits du prince charmant. Traits qui ne correspondent d'ailleurs pas à l'idéal masculin proposé aux petits garçons (on peut prendre l'exemple du chanteur de Tokyo Hotel qui a (eu?) beaucoup de succès auprès des préadolescentes alors qu'il se maquille, qu'il parle de ses émotions, chante des chansons d'amour... ce qui ne correspond pas aux critères de virilité proposés aux petits garçons). Le couple et la recherche d'un partenaire deviennent constitutifs de l'identité féminine. 

Ce qui explique qu'une fois adultes, ce sont les femmes qui sont le plus souvent chargées de faire durer les relations de couple. Il n'y a qu'à regarder les magazines : dans la quasi totalité des magazines féminins, une part très importante est consacrée au couple et aux efforts à faire pour le faire durer, je doute que l'on retrouve cela dans les magazines masculins.


"Les enfants n'ont pas accès, dans les jouets ou leur environnement, à une représentation diverse (...) des relations amoureuses : la quasi totalité des dessins animés finit par l'idée "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants (...). Le couple hétérosexuel est toujours le seul modèle proposé et valorisé."

Ca me rappelle une conversation avec un ami homo il y a quelques temps. Son homosexualité a été tout a fait acceptée par sa famille, à l'adolescence. Mais pendant son enfance, que ce soit dans les jouets, les livres, les dessins animés, son entourage, les discours de sa famille, on ne lui "proposait" qu'un futur avec "une chérie", "une femme", des enfants. Et il en a souffert. Il se sentait anormal, a même traversé une période où il voulait être une fille, parce que elles, elles étaient "autorisées" à aimer des garçons. Il me racontait que quand il avait 10 ans, il a vu un reportage sur la gay pride à la télé, et que ça a été un soulagement immense, parce qu'il a pris conscience qu'il y avait d'autres hommes qui aimaient les hommes. Je pense donc qu'il est important de laisser aux enfants une "porte de sortie" vers d'autres situations que la famille hétérosexuelle traditionnelle (j'ai pris l'exemple de l'homosexualité, mais on peut aussi parler du fait de rester célibataire, d'avoir une famille recomposée, d'adopter des enfants, d'avoir une famille très nombreuse etc etc). Cela peut passer par des jouets qui proposent des modèles différents, ou par l'utilisation différente des jouets (pour reprendre l'exemple des playmobil, on peut facilement s'éloigner du propos porté par les boites). Cela peut passer par des livres pour enfants aussi. Par exemple  la collection "les petites familles", à l'école des Loisirs, présente aux tout-petits de nombreux livres avec des familles "atypiques" dont la famille homoparentale avec le titre  Jean a deux mamans. (Pour découvrir d'autres livres pour enfants sur l'homosexualité et l'homoparentalité, allez voir cet article de la mare aux mots !). Cela peut passer par le discours des parents ou l'entourage de l'enfant. Ce même ami m'a d'ailleurs dit qu'il était heureux que ses neveux et nièces puissent voir l'homosexualité comme quelque chose de naturel et d'habituel, et je suis contente qu'il fasse partie de l'entourage de mon fils pour ces raisons (entre autres).

 

Le sexisme et l'homophobie sont donc étroitement liés. La semaine prochaine, j'arrête avec ces constats un peu déprimants et énervants pour mettre en avant les alternatives et les luttes possibles contre le sexisme dans les jouets !


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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 12:00

Cet article est également publié sur le blog des  vendredis intellos.

vendredis intellos

 

J'ai commencé le compte-rendu du livre "Contre les jouets sexistes" la semaine dernière, avec un article d'introduction sur l'injonction présente dans le choix des jouets. Voilà maintenant la première partie, qui analyse comment les jouets participent à la construction sociale de la féminité et de la virilité.       

(je reprends le même principe : en noir, le résumé du livre, en bleu, mes commentaires personnels). 

 

La construction de la féminité  

Il s'agit d'un "travail de dépréciation qui doit conduire la fillette à se résigner à jouer un rôle subalterne dans la société" et d'un "dressage à la délicatesse". 

Beaucoup de jouets a priori neutres sont bien souvent faits pour les garçons : on voit ainsi parfois à côté d'un jouet "neutre" sa déclinaison spéciale fille (même si les "légos pour fille" n'existaient pas au moment de la publication du livre, il me semble que c'est un bon exemple)

"La séparation entre garçons et filles n'a rien d'équitable : le masculin représente la norme et le féminin la différence".

Les filles reconnaissent les valeurs considérées comme masculines (action, compétition, domination...) comme étant les valeurs dominantes de la société. Les filles sont donc plus enclines à s'approprier des jouets traditionnellement destinés aux garçons que l'inverse, les rôles masculins étant valorisés dans la société alors que les rôles féminins sont dévalorisés.

Les jouets de filles sont directement liés aux rôles que les femmes doivent "jouer" dans la société : la mère, la femme séduisante, la ménagère et l'amoureuse.  

     

 

La maternité : 

L'un des rôles majeurs que la société patriarcale confie aux femmes est celui de mère. Les poupons, poupées et accessoires sont proposés aux petites filles dès 3 ans. Elles "deviennent ainsi familières du type de soins que nécessite un tout-petit". Les auteurs considèrent que cela explique le désir d'enfant et le fait que les femmes s'impliquent plus dans l'éducation des enfants beaucoup plus qu'un hypothétique instinct maternel. 

Quand le magicien est né, le truc qui mettait son papa mal à l'aise, c'était de l'habiller. Il n'avait jamais eu l'occasion d'habiller un bébé aussi petit et ça lui paraissait une montagne. Je n'avais jamais non plus habillé de nourrisson, et pourtant ça me semblait naturel. Et j'ai remarqué la même chose dans les couples de notre entourage. Un des oncles du magicien va être papa, il nous a demandé plusieurs fois de lui montrer "comment on faisait". Et je pense que le fait que le fait que ce soit présenté comme "naturel" pour les femmes et pas pour les hommes dès l'enfance y est pour beaucoup.

Toujours dans cette lignée, on propose également aux filles de jouer à la maîtresse ou à l'infirmière. Si les soignantes sont nombreuses dans les jouets , quand un médecin ou un secouriste est représenté, il s'agit d'un homme. "Aux filles les professions donnant les soins au quotidien (...) aux garçons les professions prestigieuses nécessitant un savoir scientifique ou une maitrise technique". 

hopital-playmobil.jpg

Un médecin, une infirmière ou aide soignante qui pousse un fauteuil roulant, une secrétaire médicale.

 

Les tâches domestiques : 

En France, les femmes effectuent encore 80% des tâches ménagères. "Vu les objets que l'on offre aux petites filles, ce n'est pas très étonnant !" On trouve bien sur tout ce qui touche à la cuisine, mais aussi des jouets ustensiles de ménage (aspirateurs, planches à repasser).

Quand on tape "jouet aspirateur" dans google image, sur 10 images issus de catalogues de jouet où on voit un enfant, il y a 9 petites filles. 

Pour ce qui est des métiers prônés dans les jouets pour filles, on trouve les femmes de ménage, les marchandes, les caissières... "Dans la réalité, ces professions sont fortement féminisés et s'apparentent aux tâches domestiques "traditionnellement" effectuées par les femmes". 

 

La beauté : 

Il existe de nombreux jeux invitant les petites filles à se faire belle, soi-même ou via une poupée ou une tête à maquiller ou coiffer. Ils "visent principalement à lui apprendre la séduction". 

Les poupées mannequins, et en particulier la barbie, sont des modèles stéréotypés de la féminité aux mensurations irréelles.

barbie-sur-corps-reel.png

En pointillé, les proportions de la Barbie rapportées à la taille de cette femme. 

"Chez Barbie, la valeur et la reconnaissance de soi passent exclusivement par le corps. (...) La célèbre poupée et ses condisciples enseignent aux filles le "devoir (social) de beauté" qui incombe à leur genre"

"La fillette découvre ainsi dès son plus jeune âge les artifices de séduction qui ne pourront que lui apparaître "naturels" à l'âge adulte". (voir cet article du blog Les questions composent : " je le fais pour moi-même").

Le livre souligne ensuite que de nombreux jeux créatifs pour petites filles concernent la mode et l'apparence (jeux pour dessiner des robes, fabriquer des bijoux...). Dans le manuel des filles de Nathan, l'essentiel des activités concernent la beauté, la cuisine, la fabrication d'accessoires et de bijoux. 

Le numérique ne fait que renforcer le conditionnement des jouets en proposant des jeux centrés sur des activités "de filles" : lancer un magazine de mode dans le jeu mettant en scène les poupées Bratz par exemple. Et quand il s'agit de lutter contre des méchants, il s'agit de "combattre le mal avec élégance", et ouf, entre deux combats, on peut "changer de tenue (...) dans le placard magique" (jeu Winx Club). Pour illustrer ce passage, allez jeter un coup d'oeil sur le site internet Barbie

Et pour les jeux et activités en extérieur, "il faut aussi maîtriser son attitude et ses mouvements". Dans les cours d'école, les activités "de filles" (corde à sauter, élastique) sont très ritualisées et délimitées dans l'espace et "consistent à faire du sur place". Le choix des sports est également très genré. Dans le livre "c'est génial d'être une fille" , on apprend que la danse permet de se dépenser "gracieusement et en musique". "Bouger, d'accord, mais sans trop transpirer, sans mouvements agressifs, bref tout en féminité". (bon, en même temps, ce livre est édité chez Fleurus. Depuis que j'ai vu ça, cette maison d'édition a perdu le peu d'estime que je lui portais). 

"Limiter l'espace qu'elles occupent, contrôler leurs gestes pur obtenir un résultat plus esthétique qu'efficace, limiter l'affrontement physique, voilà ce qu'apprennent les filles dans les jeux d'extérieur et les sports qu'elles sont encouragées à pratiquer".

 

Les sentiments : 

"Dans le système patriarcal, la vocation de la femme est de prendre soin des autres, d'entretenir le foyer et de plaire aux hommes. Le rôle féminin repose finalement sur l'abnégation. Et celle-ci trouve sa légitimation dans une certaine vision de l'amour. L'"amour" permet de justifier le sacrifice de soi, le dévouement et le temps passé à s'occuper des autres. (...) On soigne les bébés, les animaux, les malades, son mari... parce qu'on les aime. Les jouets préparent les petites filles à évoluer dans un univers ou "l'amour" sous toutes ses formes est la valeur première (...). A travers le maternage des poupées, mais aussi des animaux, et les relations d'amitié entre filles, les fillettes s'approprient le langage des sentiments et de la sensibilité".

Là, je ne suis pas vraiment d'accord avec le livre. Pour moi, le problème n'est pas qu'on encourage les filles à s'approprier le langage des sentiments ou à passer du temps à s'occuper des autres, en particulier des plus fragiles, c'est qu'on n'encourage pas assez les garçons à le faire. (mais je dis peut être ça parce que je suis une fille et que j'ai été élevée comme telle...).

"Les jouets inculquent aux fillettes l'attente du grand évènement de leur vie : l'amour avec un grand A (...). Elles apprennent que c'est lui qui va leur permettre de se réaliser en tant que femme. Et que seul le regard masculin peut valider l'existence de la femme et la rendre heureuse". On le voit avec les nombreux jouets et histoires de princesses. Je me souviens de ma cousine qui dès 4-5 ans parlait du prince charmant dont elle serait amoureuse... Heureusement, quelques albums parlant de princesses cassent cette idée reçue, je vous en parle bientôt. 

En attendant le grand amour, les filles sont encouragées à l'amitié entre filles, si possible dans un univers girly où on parle amour, beauté, séduction, petits secrets (voir par exemple ce Girly quiz). A mon époque, le jeu à la mode, c'était le téléphone secret

On encourage également le goût des filles pour les animaux "de préférence mignons, inoffensifs et jeunes". "Le culte du "mignon" réunit à la fois la tendresse du maternage et l'émotion devant ce qui est joli". 

"L'empire des sentiments, dévolu aux filles, est en fait l'institution du sentimentalisme comme forme de relation aux autres et au monde. La pensée, la réflexion, l'esprit critique, la science, la connaissance du monde qui les entoure... semblent totalement absents de l'univers des filles tel qu'il existe dans les jouets". 

 

 

La construction de la virilité

Les jeux de garçons : "Il s'agit de jeux plus bruyants, plus énergiques, actifs et vigoureux, qui engagent plus de luttes réelles ou symboliques, plus d'activité musculaires, plus de jeux de compétition et de rivalité" (Serge Chaumier). La majorité des jeux de garçon véhiculent l'idée de domination, qui s'exerce par la technique, la conquête, la puissance et la guerre.

 

La technique : 

La raison, le savoir, la technique sont vus comme masculins alors qu'on relègue les filles du côté de l'intuition et de la créativité. Les jeux de réflexion, de stratégie, les jeux liés aux sciences dures sont plutôt réservés aux garçons. Le livre cite les jeux de bricolage, les jeux de constructions "traditionnellement masculins" qui sont des "espaces de valorisation de la maîtrise et de la technique", la glorification des véhicules et leur lien avec des métiers typiquement masculins (pompiers par ex). Et même pour jouer au docteur, c'est l'aspect chef et maîtrise de la science qui sont mis en avant plus que le soin. 

L'informatique est également un domaine de garçon, le jeu vidéo "reste encore un espace identitaire masculin". Le livre souligne même que la profession d'informaticiens est de plus en plus masculine (20% de femmes en formation d'ingénieur en infirmatique dans les années 1980, 11% en 2000). Et même s'il ne concerne pas vraiment les enfants, je ne peux que vous conseiller cet article sur le sexisme chez les geek

"Cette division sexuelle du savoir dans les jouets se prolonge à l'école et dans les études".

 

La conquête :

"Dans l'univers des garçons, l'espace de la maison n'existe tout simplement pas. Les jouets et jeux mettent en scène des espaces sauvages (forêt, désert, espace intersidéral, océan, etc.) ou hostiles (champ de bataille, ville, etc) qui sont à conquérir et à assujétir par les armes". 

L'aspect le plus séduisant de la conquête, c'est l'aventure. Parmi les aventuriers traditionels, le chevalier, le pirate ou le cow boy. Chez les pirates playmobil, une seule femme et une seule "épouse de chevalier" dans les boites chevaliers

Nombreux sont les jeux vidéos qui s'appuie sur l'aventure. Dans ceux-ci, même lorsqu'il y a des objectifs de quêtes, le sens du jeu réside dans les combats qui permettent d'acquérir des points d'expérience. 

Et surtout, il y a la figure héroïque, qui ne connait pas la peur, surmonte la souffrance et reste toujours invincible. Il est engagé dans un combat pour sauver le monde. Du héros réel (soldat par exemple), on est passé au super-héros. Si leur rôle est de protéger le monde, c'est surtout un pretexte à la violence, ou une vengeance des humiliés sur ceux qui dominent (cf les X-Men, méprisés en tant que mutant mais qui se serviront de leur pouvoir pour sauver le monde). "Pour le petit garçon, devenir un "héros" c'est accomplir des exploits pour revêtir un statut social valorisant, lié à la virilité". "Protéger les autres est alors prétexte à la violence". Parmi les héros plus réalistes, des métiers considérés comme virils parce qu'ils comportent une grande part de risque : pompiers, policiers, espions. 

Les véhicules-jouets sont généralement réservés aux petits garçons. Ainsi, sur le site internet de Toys'r'us, dans la catégorie "véhicules radiocommandés", nous avons  126 résultats pour les garçons et... un seul résultat pour les filles (et devinez de quelle couleur est  la voiture pour fille ?) Dans les jeux vidéos, les jeux de simulation de conduite sont nombreux. Ils se basent à la fois sur la vitesse et la compétition, mais également dans certains jeux à de la violence pure, comme dans la série Grand Theft Auto où on gagne des points quand on écrase des piétons.

"A travers ces jouets, le petit garçon comprend que le monde lui appartient et que son rôle est d'y étendre sa domination. Il comprend qu'il est au coeur d'un espace infini, et qu'il n'y a nulle autre limite à son désir : s'il n'a pas l'étoffe d'un héros, un véhicule ou une arme pourra lui apporter la puissance dont il a besoin pour contrôler l'espace et maîtriser les autres."

 

La puissance :

"Les jouets destinés au petits garçons participent de façon massive à une véritable injonction à la puissance virile". 

figurine-catch-mattel.jpg

Le corps masculin représenté dans les jouets se caractérise très souvent par ses muscles (cf les figurines action man ou Hulk ou la "figurine de catch" visible juste au dessus). Sur le plan de l'expression des émotions, on retrouve soit de la férocité, à travers des visages grimaçants, soit la maîtrise de soi, à travers des allures glaciales. "Cette apparence froide fait écho aux injonctions permanentes à garder son sang froid". De plus, le corps masculin est présenté comme un corps machine, les armes et véhicules étant présentés comme des prolongements naturels de ce corps. "Le monopole masculin des armes et des outils (...) semble, même dans l'univers des outils, être la condition nécessaire du pouvoir des hommes". 

Le sport, et en particulier le football (1e fédération sportive de France, à 98% masculine), est omniprésent dans la culture masculine des enfants comme des adultes. "Les enfants mâles apprennent par le biais de la pratique sportive à être compétitifs, à vaincre leurs adversaires, à dépasser leurs propres limites physiques et mentales, toute ces attitudes qui seront attendues d'eux en tant qu'hommes (...). Les petits garçons intériorisent (...) un rapport à l'espace, au temps et aux objets qui est marqué par la conquête, la maîtrise, la domination". 

Là je ne suis pas vraiment d'accord. Je suis sans doute trop bisounours, mais je pense que de nombreux clubs mettent l'accent sur le jeu en équipe et sur le fair play et le respect des autres joueurs, plutôt que sur la compétition...

"Tandis que les filles auront des jeux sportifs plus restreints dans l'espace (comme la marelle, la corde à sauter), les garçons auront tendance à occuper l'espace (...) géographique, mais également l'espace sonore et visuel (par leurs cris, leurs déplacements rapides et nombreux, leur débordement d'énergie".

"Quant aux jeux vidéos de sport, (...), ils se caractérisent par une compétition en solitaire ou tout tourne (...) autour de l'argent : il faut gagner des matchs pour acheter de meilleurs joueurs, cercle vicieux dont l'objectif reste le profit et le pouvoir"

 

La guerre :

"La logique guerrière est omniprésente : il s'agit de mettre un adversaire hors d'état de nuire au moyen d'armes diverses". Il y a une "injonction à une virilité violente inhérente à ce type de jouets". On passe de la guerre fantastique (sabres lasers inspirés de la guerre des étoiles par ex) à la guerre réaliste. Mais dans les deux cas, les jouets "se caractérisent principalement par une surenchère des armes" comme on le voit dans cette boite de figurine de lance-missile dont le déscriptif précise bien que les soldats "disposent de nombreuses munitions". "L'arme devient le prolongement nécessaire du corps viril" "Mais avoir une arme, cela signifie s'en servir, et les petits garçons l'ont bien compris (...) Qui n'a pas constaté la violence avec laquelle ces "armes' sont utilisées par les petits garçons pour frapper leurs soeurs ou des camarades plus jeunes qu'eux ? Non seulement cette violence est tolérée car "on joue", mais en plus elle est stimulée par ces jouets guerriers qui fournissent à la fois le prétexte et l'accessoire pour s'y livrer dans l'impunité la plus totale". 

Les jeux vidéos de guerre sont nombreux et consistent à tuer des ennemis, quelqu'ils soient. Le monde militaire y est mis en scène de façon réaliste. Des soldats admettent d'ailleurs avoir été formé à la guerre à travers leur pratique des jeux vidéos dans l'enfance et l'adolescence. On peut rapprocher ces passages des déclarations du prince Harry : «C'est une joie pour moi (d'envoyer un missile) parce que je suis quelqu'un qui adore jouer à la PlayStation et la Xbox, donc je pense que je suis assez utile avec mes pouces.» Mais même si la mort y est présente, les corps des victimes se volatilisent rapidement. "Quelle responsabilité face à autrui ces jeux violents apprennent-ils aux enfants, si les conséquences de leurs actes ne sont pas visibles ?"

"Conquérir le monde grâce à la puissance, à la guerre, à la technique et au savoir : voilà le message qu'adressent aux petits garçons les jouets qui leur sont destinés. Apprendre à devenir un homme, c'est apprendre à agir sur le monde et à le transformer, faire de son corps un instrument froid et efficace de domination, cultiver la froideur calculatrice, le sentiment de victoire. Les rapports humains mis en scène dans les jouets sont marqués par une logique d'affrontement, de maîtrise".

Pour les auteurs, les jouets pour garçons "dépassent les frontières de l'âge" avec des adultes qui collectionnent les (petites) voitures ou sont fans de foot parce que la vie héroïque promise par ces jouets ne correspond pas à leur vie réelle et que rester dans cet univers du jeu est le seul moyen de les retrouver. (je devrais dire ça à mon mari quand il passe ses soirées à jouer à World of Warcraft).

Les jeux guerriers dominent l'offre faite aux petits garçons et sont nocifs pour tous. En revanche, les jeux basés sur la technique sont intéressants parce qu'ils "proposent une autre vision du monde aux enfants" et les petites filles devraient également se les approprier". 

 

Et voilà pour cette partie de constat, un peu déprimante. J'espère quand même que seulement une petite partie des enfants sont contraints à rester strictement dans les jouets destinés à leur genre. Mais je pense que malheureusement les injonctions sont si nombreuses qu'il est difficile d'échaper entièrement à ce conditionnement, malgré la bonne volonté des parents. 

La semaine prochaine, je vous parle de la représentation de la famille et de l'hétéronormativité, mais après, promis, on passera aux alternatives et aux moyens de lutte, ce qui permettra des articles un peu plus positifs !

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  • : Le blog de Lila
  • : Bibliothécaire, maman du magicien (né en 2012) et de la puce (née en 2015), je parle de mes coups de coeur en littérature jeunesse, de ma vie, de mes ballades... J'ai un autre blog, http://filledalbum.wordpress.com où je réunis des ressources pour une littérature jeunesse antisexiste.
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