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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 13:25

J'ai déjà bien commencé ma PAL de vacances...

 

Rouges ténèbres de Nicolas Cluzeau

Le premier livre que j'ai lu, c'est Rouges ténèbres de Nicolas Cluzeau.

Istanbul, 1555. Le meurtre de Musa, calligraphe responsable d'un trafic de faux documents, lancent Sertaç, un officier des sipahis du sultan Soliman, et sa petite-fille Aliyé sur les traces de son apprenti, Lüfti.

(résumé electre)

Je suis un peu mitigée sur ce livre. C'est bien, mais ce n'est pas un coup de coeur, et certains éléments m'ont un peu dérangée.

 

Je l'avais choisi parce qu'il sortait des sentiers battus des romans historiques. Ca nous change de l'antiquité/le moyen-âge/Louis XIV/la seconde guerre mondiale. Et de ce point de vue, c'est réussi. Nous sommes donc à Istanbul, au XVIe siècle, sous le règne de Soliman le magnifique. Et on découvre toute la ville, du palais impérial aux faubourgs tenus par les malfrats, en passant par les deux rives du Bosphore, les quartiers résidentiels, les mosquées... Le plan fourni en début d'ouvrage est bien utile ! 

Le vocabulaire utilisé nous plonge directement dans cette civilisation orientale, en trouvant le juste équilibre (ni célébration, ni diabolisation), même si on a parfois l'impression d'un cours de civilisation. La religion y est très présente, et on y vit également la cohabitation, pas toujours évidente, entre les différentes communautés (plusieurs personnages montrent un mépris profond pour les non musulmans, et particulier pour les chrétiens).

Un lexique, un prologue expliquant en trois pages la situation politique au moment de l'intrigue et quelques pages documentaires aident le lecteur à se repérer. Malgré cela, j'ai trouvé que certains passages ou certains termes étaient difficilement accessibles pour des ados ( il parlent pas exemple de chiites sans expliquer de quoi il s'agit). 

 

On est bien dans le roman policier, avec une enquête sur un meurtre, des problèmes de juridiction entre les forces de l'ordre, des interrogatoires, des complots au plus haut niveau... Mais on bascule parfois aussi dans le roman d'aventure avec une expédition dans les quartiers hostiles des bas-fonds d'Istanbul, sur les terres du "sultan des gueux", ou dans le harem du sultan.

 

On suit toute une équipe de personnages. Sertaç et sa petite fille Aliyé, enquêteurs reconnus et efficaces, mais aussi la troupe de soldats envoyée par un des fils du sultan dont le jeune officier Sinan. Le personnage d'Aliyé est celui qui m'a le plus intéressé. À 14 ans, elle est intelligente, intuitive et courageuse. Elle va jouer un grand rôle dans la résolution des mystères qui entourent le meurtre du calligraphe. J'ai été cependant un peu déçue par l'avenir que l'auteur lui donne à la fin du roman.

 

Le roman est assez dur. Certains personnages sont maltraités, en particulier un jeune issu de la pègre qu'ils utiliseront comme informateur. C'est ce qui m'a le plus gêné dans ce livre, sachant qu'il est destiné à des adolescents. Il y a une forte justification de la hiérarchie sociale. Le sultan a droit de vie ou de mort sur ses sujets. L'assassinat de personnes influentes comme le calligraphe doit être éclaircie quelques soient les moyens employés. Ainsi, le fait de maltraiter un jeune homme pour avoir des informations est justifié, comme le fait de faire mourir des gens issus de la pègre pour couvrir ses traces. Si quelques remords sont évoqués, ils sont vites chassés et lorsqu'Aliyé ressens de la compassion, elle se le reproche ("elle ne voulait en aucun cas éprouver de la compassion pour un scélérat. Un meurtre devait être résolu et c'était tout ce qui comptait à ses yeux.").  D'une manière générale, les personnages éprouvent un net mépris pour les gens issus de couches plus populaires.

On peu supposer qu'il s'agit là des pensées des personnages, et que cela peut s'expliquer par le contexte historique, leur éducation et le milieu d'où ils viennent. Cependant il n'y a à aucun moment de prise de recul par rapport à tout cela et cela m'a gêné en tant qu'adulte et me gêne encore plus pour mettre ce livre dans les mains d'un ado.

Cependant, je pense que beaucoup d'ados seront capables de prendre du recul sur ça et d'apprécier les nombreuses qualités du livre. Mais personnellement je ne le conseillerai qu'à de "grands ados", à partir de 14-15 ans.

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Published by Lila - dans Lila bouquine
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  • : Bibliothécaire, maman du magicien (né en 2012) et de la puce (née en 2015), je parle de mes coups de coeur en littérature jeunesse, de ma vie, de mes ballades... J'ai un autre blog, http://filledalbum.wordpress.com où je réunis des ressources pour une littérature jeunesse antisexiste.
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