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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 17:40

Aujourd'hui, je suis enceinte de 6 mois et quelques jours. Une grossesse qui n'est pas de tout repos! (pour celles et ceux qui veulent continuer à penser que la grossesse est un moment forcément idyllique, sautez les quelques paragraphes qui suivent...)

De 3 semaines à 4 mois 1/2 de grossesse, j'ai été malade. Des nausées en continu. Des vomissements, beaucoup. J'ai tout "testé" : vomir en cachette au boulot, vomir dans le caniveau en tenant d'une main la poussette de mon fils. J'ai perdu 4 kilos. J'ai pris plein de traitements différents, dont du donormyl que je prends encore sous peine de voir les nausées revenir. Je n'ai pas mangé de chocolat pendant plusieurs mois, ce qui est vraiment un symptôme grave chez moi, et je ne peux toujours pas boire de boisson chaude. J'étais épuisée. Et il fallait continuer a travailler, à s'occuper du magicien...

Ca a quand même fini par passer.

A 5 mois de grossesse, j'ai eu des vertiges. Là, j'ai fondu en larmes dans le cabinet de la sage femme. Et accepté un arrêt de travail. Ça a commencé à s'améliorer, grâce entre autres à une semaine chez ma mère.

Et puis il y a 15 jours, j'ai eu des contractions. Beaucoup de contractions. Toutes les 4 minutes. Donc départ au milieu de la nuit à la maternité, plusieurs heures pour faire cesser les contractions et 36h d'hospitalisation. Heureusement, l'équipe de la maternité a été super, comme d'hab. Heureusement, mon col est toujours fermé, assez long, et il n'y a pas de (trop gros) risque d'accouchement prématuré. Après une seconde visite aux urgences en milieu de semaine (à la maternité de Montelimar cette fois, et eux aussi ont été top), parce que les contractions étaient toujours présentes, on a identifié un petit microbe qui était probablement responsable des contractions et mis en place un traitement.

Je suis donc arrivée chez mes beaux parents, en milieu de semaine dernière, complètement épuisée. Un petit virus n'a pas arrangé les choses. Depuis que je suis là, je dors, et je récupère à la vitesse d'une escargot. J'ai l'impression d'être un vieux téléphone dont la batterie ne tient plus : au bout d'1h30/2h, je dois aller m'allonger pour recharger. Je vais même rester quelque jours supplémentaire seule avec le magicien chez mes beaux-parents pendant que Paul va travailler, n'étant pas vraiment capable de m'occuper du magicien pendant les 13 heures d'absence de Paul. Et Paul organise la suite, entre changement des jours de crèche et baby sitter.

Je ne reprendrai pas le travail avant l'accouchement, et je dois au maximum me reposer. Heureusement, je n'ai pas besoin de rester alitée.

J'ai hésité à écrire tout ça ici. Parce que d'une part il est toujours difficile de trouver le bon équilibre entre ce qui doit rester privé et ce que je publie sur internet. Mais aussi parce que je ne veux pas trop me plaindre ou me faire plaindre. Parce que ce ne sont, malgré tout, que des désagréments et rien de plus grave. Parce que mon bébé va bien, grandit bien, que je suis toujours suivie dans une maternité de niveau 1, parce que ce n'est rien comparé aux femmes à qui on annonce, pendant la grossesse, des nouvelles qui mettent en danger leur vie, leur santé, ou celle de leur enfant.

Mais après tout, ce que je raconte fait partie de mon vécu et de mon ressenti pour cette grossesse, et je me suis dit que je pouvais l'exprimer.

Mais heureusement, cette grossesse ne se limite pas à ça. Cette grossesse, c'est aussi découvrir que je vais avoir une petite fille. Le papa a sauté de joie pendant plusieurs jours ! Et moi, je suis ravie, même si je pense que je le serais autant si c'était un garçon.

Cette grossesse, c'est commencer à la découvrir, tout doucement. Pour le moment, c'est une tête de mule qui n'aime pas les examens et n'hésite pas à se cacher pendant les échographies (elle a fait durer le suspens après l'échographie du 5e mois!), fuir le monitoring ou donner des coups de pied dans le capteur. C'est un bébé hyperactif toujours en mouvement dans mon ventre. On ne va pas s'ennuyer avec elle !

Cette grossesse, c'est surtout découvrir le magicien futur grand frère ! Je pourrais écrire un article entier pour noter toutes ses réactions. Il est intéressé par le bébé, il lui fait souvent des câlins ou des caresses. Au départ, il a beaucoup dit qu'il avait un bébé dans le ventre, lui aussi, et s'est beaucoup intéressé à ce qu'était une fille, un garçon... On essaye de lui expliquer que la grossesse aura un terme et que le bébé sortira du ventre, mais c'est tellement lointain, 3 mois, pour lui... Là, il a vu ma belle-soeur enceinte puis le bébé né, ça rend les choses plus concrètes ! Parmi mes réactions préférées :

Moi, enceinte de 3 mois, le magicien vient me caresser le ventre dans la salle de bain : "moi, je caresse le bébé, il est doux !"

Quand je lui ai demandé "à ton avis c'est un bébé fille ou un bébé garçon ?", il m'a répondu "un bébé bonbon !" (on a trop lu Claude Ponti). Quand on lui a dit que c'était une fille : "dans le ventre de maman, il y a Bulle, dans le ventre de papa, c'est Bob !" (on a trop écouté Bulle et Bob)

La première fois qu'il a senti le bébé bouger, il a explosé de rire "le bébé, il me fait des blagues" "le bébé il dort pas, il joue".

Sur mon ventre, avec les mimes qui l'accompagnent : "toc ! toc ! toc ! Y'a quelqu'un ? j'ouvre la porte... Oh, y'a un bébé!".

A propos de son nouveau cousin "Chaton est sorti du ventre, maintenant il est dans les bras".

"Quand ta petite sœur sera née, tu lui feras des bisous ?" "Et des caresses et des câlins aussi".

Je ne lui ai pour le moment pas acheté de livres sur les grands frères, on a seulement lu "et dedans il y a" de Jeanne Ashbé à la librairie. Mais je ferai sans doute quand même une petite sélection avant la naissance !

Nous, on cherche un prénom. Autant le prénom du magicien s'est imposé facilement, autant là nous n'arrivons pas à nous mettre d'accord... Parmi notre liste du moment : Célestine, Artémis, Rosalie, Juliette, Bulle, Ilya... Comme le prénom du magicien, nous cherchons un prénom pas trop courant mais qu'elle n'ait pas besoin d'épeler systématiquement. Aucun prénom de la liste ne se détache vraiment pour le moment. Le magicien, lui, trouve que "Camion citrène" c'est pas mal comme prénom ! Je lui cherche aussi un surnom pour le blog. Je pensais à P'tite Sorcière, mais Paul n'aime pas... Une idée ?

En tout cas, j'ai hâte d'être au soleil au printemps, avec ma petite puce dans les bras !

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 18:48

La semaine de la rentrée, ma mère a reçu dans son bureau une mère d'élève. Elle est albanaise, sans papiers, et son mari a été arrêté pendant les vacances. Elle se retrouve à la rue, avec ses trois filles de 5 ans, 2 ans 1/2 et 3 mois. En plein mois de janvier. Ma maman a donc passé la journée au téléphone avec les services sociaux, sans trouver de solution. Elle a donc fini par les accueillir chez elle, le temps que le 115 leur trouve un hébergement d'urgence. Avec l'idée que leur dire non, c'était non assistance à personne en danger.

J'en ai parlé il y a quelques jours sur twitter, Et @Agia31 a réuni mes tweets ici, si vous voulez en savoir plus sur leur histoire.

Depuis, elles ont obtenu un hébergement d'urgence (jusqu'à fin mars). Ma mère à continué à les aider. L'école s'est mobilisée, plusieurs parents d'élèves participent au quotidien, offrent des vêtements, un café, accompagnent chez l'assistante sociale.

Et ce qui était d'abord une réponse à une urgence vitale s'est transformée en une vraie relation. Il y eu tous les gestes et les petits riens qui créent une amitié, et une relation presque familiale. Ma mère s'occupe de Dilé qui a l'âge de son fils comme de ses enfants et fait la mamie pour les petites. Et d'ailleurs, elle me disait "si c'était toi qui était seule dans un pays étranger avec tes enfants sans ressource, j'aimerais que quelqu'un soit là pour toi".

Récemment, j'ai passé une semaine à Lyon. Cette famille n'est plus pour moi qu'un exemple parmi d'autres des conséquences de la politique de immigration ou de l'insuffisance des réponses d'urgence face à la misère.

Dilé à le cœur sur la main. Elle tient absolument à nous donner une partie des colis que lui donnent les restos du cœur. Elle voulait absolument me donner des couches pour le magicien!

On l'a pris en photo, avec ses filles, pour l'envoyer à sa famille restée en Albanie et qui n'ont jamais vu la plus jeune des filles, née en France.

Mégi, c'est cette petite fille à qui j'ai lu chien bleu. Celle qui était tellement contente d'avoir un déguisement pour le carnaval, elle aussi. Le dernier jour, on allait rejoindre ma mère à l'école, mais le magicien a absolument voulu aller chercher Mégi dans sa classe! Et elle lui a offert la médaille et carton qu'elle avait fabriqué en classe. Le magicien était tellement fier de son beau collier!

Melissa, c'est une tornade sur pattes! Elle a l'âge du magicien et il faut les voir jouer ensemble! Le salon était sans dessus dessous, mais ils avaient le sourire jusqu'aux oreilles !

Denissa, c'est le bébé le plus calme que j'ai jamais vu! C'est cette petite fille qui s'est endormie dans mes bras pendant que sa mère s'était absentée.

Une pétition a été mise en place par RESF pour mettre fin à l'OQTF (obligation de quitter le territoire français) et faire obtenir des papiers à toute la famille, y compris au père qui a été expulsé le 19 janvier et que les filles n'ont pas vu depuis décembre.

Je compte sur vous pour la signer, c'est très important pour nous, et surtout pour ces 3 petites filles dont la vie, aussi précaire soit-elle actuellement, est en France.

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 15:58

Vous avez peut être déjà entendu parler de la campagne contre les touchers vaginaux sous anesthésie générale. Si ce n'est pas le cas, en voilà un bref résumé : un document de l'université Lyon I indique que les touchers vaginaux peuvent être appris "au bloc sur patiente endormie". Aux questions légitimes concernant le consentement de la patiente, ou plutôt son absence, on a répondu que ça n'avait jamais existé. Pourtant les témoignages existent et le mépris de certains médecins fait froid dans le dos. Et la doyenne de l'université Lyon I a commencé par dire "On pourrait effectivement demander à chaque personne l’accord pour avoir un toucher vaginal de plus mais j’ai peur qu’à ce moment-là, les patientes refusent."

Clara de Bort, directrice d'hôpital, Marie-Hélène Lahaye, du blog Marie accouche là et Mme Déjantée, présidente des vendredis intellos, ont alors décidé de rédiger une tribune afin d'interpeler la ministre de la santé sur ce sujet. Vous pouvez trouver un résumé de cette histoire et des différentes réactions sur le site des vendredis intellos en deux parties, ici et , ainsi que la chronologie des différentes actions par Clara de Bort ici et . Vous ouvez également signer cette pétition qui reprend le texte de la tribune et qui est adressée à Marisol Touraine, ministre de la santé, et Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.

La réaction qui m'a le plus agacé, de la part de certains médecins, c'est "si on arrête, on ne pourra plus se former correctement". Je pense que l'immense majorité des femmes est d'accord pour participer à la formation des médecins de demain A CONDITION QU'ON LEUR DEMANDE !! Personnellement, le jour de mon accouchement, j'ai accepté sans souci que les touchers vaginaux soient faits en double, par une étudiante puis par la sage femme. Quant à celles qui refuseraient, c'est leur droit !!

Au delà du seul cas du toucher vaginal (ou rectal) sans consentement sous anesthésie générale, on peut se poser beaucoup plus largement la question du consentement en médecine. Ma première réaction, quand je m'interroge sur la question, c'est de me dire que j'ai eu de la chance. Ma première gynéco a pris le temps de m'expliquer (sans le pratiquer les premières fois) ce qu'était un examen, un frottis, le fonctionnement de la pillule (bon, elle refusait quand même de poser un stérilet à une nullipare...)... J'ai été suivie, lors de ma première grossesse, par une équipe super, et je refais ici l'éloge de la maternité des Lilas (toujours menacée de fermeture...). J'y ai refait un petit séjour il y a quelques jours (rien de grave) et j'ai à nouveau pu apprécier l'équipe de la maternité, et le respect pour les patientes. Un simple exemple : les gens qui frappent au porte avant d'entrer et le refus qu'une nouvelle personne entre pendant un examen. Et un protocole qui prend en compte le ressenti de la patiente et pas seulement les relevés du monitoring.

Mais je me suis rendue compte peu à peu que ce que je considérais comme des évidences n'en sont pas. Que pour avoir droit à la même chose, certaines de mes proches ont du se battre. Des anecdotes, j'en ai malheureusement beaucoup trop. Ma belle soeur qui dit qu'elle envisage d'accoucher sur le côté et la gynéco qui lui répond "n'importe quoi, c'est un délire de sage-femme, pourquoi pas sans péridurale tant que vous y êtes ?". Une copine de blog qui refuse un examen mais que le médecin décide de lui faire quand même parce que de toute façon elle est anesthésiée elle ne peut pas bouger. Ma tante qui doit se battre pour mettre ses filles au monde par voie basse parce que "avec des jumelles, une césarienne c'est mieux". Ou le témoignage d'une sage femme, dans une clinique privée, qui doit impérativement appeler l'obstétricien pour l'accouchement, et l'obstétricien qui utilise automatiquement les forceps, même quand c'est inutile. Les anecdotes rapportées sur twitter avec #PayeTonUtérus font également souvent froid dans le dos.

Pour toutes ces femmes, Anne-Charlotte Husson, du blog Genre!, et les trois initiatrice de la tribune citée plus haut ont créé le tumblr "je n'ai pas consenti" et le hashtag correspondant sur twitter. Parce que je ne devrais pas considérer que j'ai eu de la chance. Parce que le consentement de chaque femme doit être pris en compte.

Et un consentement qui doit être éclairé, c'est-à-dire précédé d'une information complète. Quand la seule information que donne l'anesthésiste sur la péridurale c'est "la péridurale, c'est bien, ça ne sert à rien d'avoir mal et elle facilite l'accouchement", puis "c'est mieux pour la mère et pour le bébé", peut-on parler de consentement éclairé? Quand un pédiatre, en fin de rdv, me dit "j'ai fait l'ordonnance pour le BCG qu'on fera la prochaine fois" sans aucune explication, peut-on parler de consentement élcairé ? J'ai la chance d'avoir pu bénéficier par ailleurs des informations nécessaires pour que je puisse prendre ma décision, mais le médecin n'a pas joué son rôle à ce moment là.

Autre aspect des choses que j'avais envie d'aborder ici. Je suis entourée de médecins et de personnel soignant, que j'ai cotoyé aussi pendant leurs études. Mon mari est infirmier. Il travaille depuis quelques années au bloc opératoire. Je ne veux pas diaboliser la réalité, la plupart des médecins et du reste du personnel sont respectueux, mais les excès arrivent, et ne sont pas isolés. Pas de gestes invasifs comme des touchers vaginaux, mais des plaisanteries de mauvais gout sur des patients, un chirurgien qui opère alors que c'est un autre chirurgien qui est censé le faire, l'ensemble d'une équipe qui défile pour venir voir le sexe opéré d'une transexuelle, voire des erreurs médicales cachées aux patients, il en a été témoin. Et une fois dans "l'ambiance" du bloc, il est parfois difficile de prendre suffisamment de recul pour se rendre compte que non, ce n'est pas acceptable. Il souligne également qu'il y a souvent entre médecins une "solidarité déplacée" qui les poussent à ne pas dénoncer les erreurs ou problèmes éthiques de leurs collègues. C'est pour ça qu'à mes yeux il est fondamental que des patients, des non médecins s'intéressent à ce qui se passe dans les hopitaux et aient leur mot à dire. Pour aider le personnel soignant à prendre du recul. En respectant le travail des médecins, et en prenant en compte que ce sont malheureusement parfois leurs conditions de travail qui les poussent à des actes problématiques. (c'est moins le cas au bloc, j'ai l'impression, mais dans les services, les actes sont parfois faits à la chaine, sans les explications et le respect nécessaire, par manque de temps).

Voilà ce que j'avais à en dire mais vous pouvez également trouver sur différents blogs des témoignages de soignants sur l'apprentissage du toucher vaginal ou rectal ou sur le consentement, que ce soit une sage femme, une externe, un autre externe, ainsi que les réactions d'autres blogueuses comme A contrario, la mite orange, une jeune idiote, Sandrine Donzel, etc.

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 12:49

Par où commencer cette année 2015...

J'ai l'impression de ne plus y voir très clair ces derniers temps.

Je pourrais, ça serait le plus évident, parler de Charlie Hebdo, de l'hyper Cacher, des rassemblements place de la République, de la marche du 11 janvier, que je n'ai malheureusement suivi qu'à la télé (me faire coincer dans une foule de 2 millions de personnes enceinte de 5 mois ne me semblant pas une bonne idée) mais je ne vois pas ce que je pourrais dire qui n'a pas déjà été dit.

Je pourrais parler de cette mère d'élèves en larme dans le bureau de ma mère, directrice d'école. Sans papiers, son mari a été arrêté et elle s'est retrouvé à la rue seule avec ses trois filles de 4 ans, 2 ans et 2 mois. De la colère de voir que c'est possible en France aujourd'hui. De l'admiration devant ma mère qui a trouvé évident de les héberger et qui me dit en riant "viens avec le magicien, il aura des copines !", et devant la solidarité des parents d'élèves.

 

Je pourrais trouver une façon spirituelle de vous souhaiter une bonne année, mais c'est presque déjà trop tard et je ne suis pas douée pour trouver les mots. Même si je vous souhaite bien sûr tout le bonheur du monde. De bien profiter de vos proches et d'être sereins. 

 

Je pourrais me dire que ce blog, c'est mon espace perso et vous parler de mon nombril. Faire le bilan de 2014 et vous parler de nos projets de 2015, comme je l'ai fait l'année dernière. Mais l'année 2014 a été trop compliquée et contrastée pour moi pour pouvoir en faire un bilan et j'ai du mal à avoir une idée de quoi 2015 sera fait. Une seule certitude, j'attends avec impatience le mois de mai et l'arrivée de notre deuxième enfant. 

Je pourrais vous parler de ma grossesse, du fait qu'il est toujours aussi compliqué pour moi d'arrêter de travailler, mais nécessaire en ce moment. Des réactions du magicien face à mon gros ventre. Je le ferai probablement, un peu plus tard, quand les choses seront plus claires. 

 

Je pourrais vous parler de livres pour enfants, parce que ça fait trop longtemps et que ma pile de livres à chroniquer déborde. Et promis, je vous en reparle très vite. 

 

En attendant, je vais prendre quelques heures, quelques jours de repos. Ecouter Alain Souchon, essayer de refaire une séance de sophrologie, probablement aller voir un psy, sentir mon bébé bouger, profiter des bras du magicien autour de mon cou, regarder des séries et essayer de me remettre à lire. 

Et je vais revenir ici avec plein de choses à vous raconter, et j'espère plus sereine. 

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 15:53

Chez nous, Noël n'est pas une fête religieuse. C'est une fête familiale. Une occasion de se réunir, tous (ou presque, selon les années) et de se faire plaisir. Ce qui a permis à deux de mes belles-soeurs, musulmanes et voilées, de participer sans se sentir gênées. Ca reste une fête chrétienne chez mes beaux-parents. Même s'ils se sont détachés ces dernières années de la pratique religieuse, Paul allait chaque année à la messe de minuit, enfant, et il y a toujours une crèche (ma belle-mère prend cependant facilement ses distances avec le dogme, sa crèche de l'année dernière étant homoparentale).

 

Chez nous, Noël c'est le marathon. On le fête plusieurs fois, avec plein de monde ! Famille recomposée de mon côté, grande famille du côté de Paul. Cette année, avec la famille élargie de Paul le 22, chez ma maman le 24 au soir, chez les grands parents de Paul le 25, avec la famille de mon père le 28. Et encore, il faut que j'appelle mon grand père pour voir si on ajoute une fête avec lui le 20 !

 

Chez nous, Noël c'est parfois me dire que j'ai une famille compliquée. Que parfois tout le monde participe et que ça marche. Que d'autres fois ça coince, ça grince, voire ça explose. Mais que j'ai la chance d'aimer et d'être proche de ma famille. Cette année, en tout cas, ma mère et mon beau-père devraient réussir à réunir leurs 5 enfants respectifs. Et ça c'est chouette.

 

Chez nous, Noël, ce sont les bébés et les enfants qui commencent à arriver. On devrait croiser mon mini frère, les 2 enfants du cousin de Paul, son neveu, les quatre petits-enfants de mon beau-père... Et tout ce beau monde a entre 18 mois et 5 ans !

 

Chez nous, le magicien ne comprend pas encore vraiment ce que c'est, Noël. Il a décoré le sapin chez ses grands parents et a adoré. Mais n'attend pas encore. Il regarde chaque jour un catalogue de Noël, en s'extasiant sur certains jouets, mais sans jamais rien réclamer. Je vais lui raconter des histoires, lui chanter des chansons... Mais sans insister. J'ai fait une petite sélection aujourd'hui de livres et de chansons, sur le site des vendredis intellos ! Peut être lui proposer quelques activités aussi : sablés de Noël, étoiles à décorer...

 

Chez nous, Noël, c'est l'orgie de cadeaux, surtout pour le magicien. L'année dernière, il n'a pas eu le temps de tous les ouvrir chez ma grand-mère, alors qu'on y est restés de 10h à 18h ! J'insiste pourtant : pas plus d'un cadeau par personne ! Cette année, j'espère que ma "liste" sera plus suivie que l'année dernière. 

 

Chez nous, Noël c'est être de plus en plus nombreux sur les photos de famille. Voir qu'avec les chéri(e)s et les premiers enfants, on ne tient plus tous sur le canapé avec mes cousins (et sur les 15 photos, y'en a jamais une où tout le monde regarde dans la même direction !).

 

Chez nous, Noël, c'est un débat sur le père Noël. Va-t'on rentrer dans le jeu avec le magicien ? Sans doute que non, car son père n'y tient pas, mais je raconterai quand même mes histoires de père Noël préférées, na!

 

Chez nous, Noël cette année ça sera pour la première fois sans mon papa. Et il va cruellement nous manquer. Ca sera, peut être, aller voir sa tombe au cimetière.

 

Chez nous, les préparatifs de Noël, c'est les valises, le train, plutôt que la décoration de notre appartement, puisqu'on ne sera pas là.

 

Chez nous, Noël c'est essayer de réfléchir pour faire des cadeaux de Noël qui nous ressemblent : un peu de fait maison quand j'ai de l'énergie (bonnets tricotés l'année dernière, sucre aromatisé et épices à vin chaud il y a deux ans, cette année je ne sais pas si je vais trouver l'énergie...), des livres, des cadeaux achetés dans les petites boutiques du quartier ou à des artisans qui fabriquent en France, des jouets en bois... Des fois on y arrive, des fois on rate... Pour le moment, on en est au stade des listes, j'ai acheté le premier cadeau aujourd'hui !

 

Chez nous, Noël commence un peu en avance avec des papillotes, uniquement des Revillon Noir Majeur. Mais jamais avant le 8 décembre. Parce que même si on habite désormais à Paris, on reste un petit peu lyonnais. 

 

Chez nous, Noël, ce sera beaucoup de joie, et sûrement, pour moi, quelques larmes aussi. 

Chez nous, Noël, ce sont les enfants 
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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 12:35

Décidément, il est beaucoup question d'abri, de cocon, en ce moment sur le blog.

Pendant quelques jours, je suis seule chez ma maman.

Tous mes proches se sont organisés pour me faire, ces quatre derniers jours, un cocon. Paul est retourné seul à Paris, ma belle-famille s'est organisée pour s'occuper du magicien. Et ma maman me chouchoute.

Quatre jours à passer du lit au canapé, de l'Ipad à un bouquin, de la grasse mat' à la sieste. Où mes seules activités consistent à aller boire un thé avec des amies lyonnaises.

Quatre jours où je me suis complètement détachée du quotidien trop rempli, de ma vie. De toutes mes responsabilités.

Où j'ai essayé de me recentrer sur moi, sur ma grossesse un peu négligée, sur mes besoins. Mais pas trop sur mes émotions, de peur d'être entrainée dans une tempête.

Demain, je récupère le magicien, qui, si j'en crois les nombreux MMS reçus, a bien profité de sa petite semaine chez ses grands parents. Samedi, je rentre à Paris.

Et je dois avouer que j'ai un peu peur. Peur de manquer d'énergie pour reprendre cette vie. Peur de devoir le faire avec des failles supplémentaires, et sans une présence qui était si importante pour moi.

Heureusement, Paul, le magicien et la crevette qui grandit en moi et qui s'est manifestée la première fois au moment où j'en avais le plus besoin, seront là pour m'accompagner. Parce que la vie continue.

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 14:00

Je vous parlais hier d'Abris, d'Emmanuelle Houdart.

Je suis un abri

"Un abri, c'est un endroit où on se sent en sécurité."

 

 

J'ai pensé, en lisant cette phrase, à ce bébé qui grandit en ce moment dans mon ventre. Oui, je suis pour lui un abri où il est en sécurité et où il a tout ce dont il a besoin pour grandir. Comme je l'ai été pour son grand frère. J'ai eu parfois tendance à l'oublier ces derniers temps, embêtée par les désagréments du premier trimestre et une fatigue extrême.

Pendant les mois qui viennent, je vais l'accompagner, à chaque instant. Il va aussi découvrir son papa et son grand-frère, qui caresse mon ventre qui commence juste à s'arrondir en disant "doux, le bébé !". 

Et quand, au mois de mai, il sortira de cet abri pour découvrir le monde, nous ferons tout notre possible, son papa, son grand-frère et moi pour qu'il continue à trouver, pendant son enfance et sa vie, des lieu où s'abriter et se ressourcer. 

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 17:40

J'ai un peu du mal à trouver le chemin du blog en ce moment, pour différentes raisons. Mais j'ai découvert hier Abris, le dernier album d'Emmanuelle Houdart, et j'ai eu très envie de vous en parler.

Abris d'Emmanuelle Houdart

On y découvre des abris, des endroits dont on a besoin, tout au long de sa vie, pour se ressourcer. Des endroits où se blottir, seul, d'autres où se serrer contre les gens qu'on aime. 

L'auteure en dit (ici) : "C'est un livre que j'ai voulu construire comme une ressource en cas de coup de blues, un livre-abri." Et c'est exactement ce que j'ai ressenti à la lecture de ce livre. Il faut dire qu'en ce moment, j'ai justement besoin d'un cocon et j'ai trouvé dans ce livre ce dont j'avais besoin.

Il est plein de générosité. Il rappelle l'importance de s'entourrer des gens qu'on aime, mais aussi d'avoir son espace à soi. On y trouve une théière pleine, un chocolat viennois, des gateaux, mais aussi des livres, des héros protecteurs sortis de notre imaginaire...

Celles et ceux qui me connaissent où me lisent depuis un moment savent toute l'admiration que je porte au travail d'Emmanuelle Houdart. Ses illustrations m'interrogent, me questionnent, mais c'est la première fois (avec peut être "tout va bien Merlin") que je sors de la lecture d'un de ces albums avec une telle impression d'avoir repris des forces. Il me faudra du temps pour continuer à le découvrir (c'est d'ailleurs rare que je parle d'un livre aussi vite, je laisse d'habitude murir mes impressions), mais il m'a déjà fait beaucoup de bien. 

Abris d'Emmanuelle Houdart
Abris d'Emmanuelle Houdart
Abris d'Emmanuelle Houdart
Abris d'Emmanuelle Houdart

En lisant ce que je raconte de ce livre, vous avez pu constater que c'est un album que j'avais acheté pour moi. Mais hier, je l'ai lu au magicien. Et il me l'a réclamé. Et re-réclamé. Et j'ai été impressionnée par la richesse des observations qu'il fait face à ces images, tant sur le sens global que sur des détails d'illustration.

Il faut dire que pour le magicien, ces illustrations sont familières. Le premier livre que je lui ai lu était un livre d'Emmanuelle Houdart, Tout va bien, Merlin ! (il faut absolument que je vous parle de cet album, en attendant allez voir ce qu'en dit Chlop). Et il aime et réclame souvent ses livres, mêmes ceux qui ne sont pas du tout pour les petits. Il adore les portraits de l'Argent par exemple. Mais je pense que c'est vraiment une illustratrice qui peut parler aux tout-petits, chose que j'ai constaté en voyant le succès de Tout va bien Merlin ! auprès des tout-petits, alors que les parents sont souvent beaucoup plus réticents ! 

En tout cas, moi je m'imagine tout à fait lire Abris à un bébé, et je pense qu'il peut vraiment toucher tous les âges, de la naissance à l'âge adulte. 

Si vous voulez en voir plus, allez lire la belle chronique des livres et les enfants et découvrez les illustrations de l'album sur le site d'Emmanuelle Houdart. Et moi je vous en reparle (un peu) demain. 

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 15:32

Je vous parle souvent de la super relation entre le magicien et son papa. Un papa qui s'en occupe autant que moi, au quotidien. Qui s'en est occupé 3 jours par semaine pendant près de 2 ans, et qui conserve, avec notre nouvelle organisation, sa journée en tête à tête avec son fils pendant que je travaille.

J'avais consacré un article au magicien et de son papa il y a longtemps. Les choses ont bien changé depuis...

Aujourd'hui, c'est lui qui prend la parole sur le blog et qui vous parle de son quotidien de papa :

 

Le magicien, son super papa et moi !

"J'avais 28 ans, jeune marié, installé depuis peu avec ma femme, et c'est arrivé, un peu par surprise, une bonne surprise! J'y pensais, mais je ne m'y étais pas vraiment préparé, mais finalement on n’est jamais vraiment prêt. Et je suis devenu papa, pour mon plus grand bonheur.

Je me suis toujours imaginé dans le rôle de père, ce que je ferais, ce que je ne ferais pas, j'y avais souvent pensé. Je voulais m'occuper de mes enfants, les voir grandir, participer pleinement à leur quotidien. Et c'est ce que je fais aujourd’hui.

J'ai la chance, la volonté et l'énergie (car il en faut) de travailler trois jours par semaine (12h chaque jour tout de même). Ainsi je peux m'occuper de mon fils les trois jours suivants pendant que ma femme travaille. Grâce à cette organisation nous avons pu tous les deux profiter de notre fils sans autre moyen de garde pendant les deux premières années de sa vie.

C'était vraiment une expérience géniale. J'ai pu vivre à 100% ma nouvelle situation de père. Pour moi c'est normal, mais a priori ce n'est pas le cas pour tout le monde. J’ai ressenti, au travers du regard des autres, que ma situation n'était pas "naturelle". Souvent j’ai trouvé les réactions positives mais pas tout le temps…

Tout d’abord les réactions positives :

La fierté et l'admiration de la part des membres de ma famille. Le magicien est le premier d'une nouvelle génération. Mes parents sont fiers que je m'occupe de mon fils. Dans la théorie ils ont toujours eu un discours progressiste, et trouvaient ça normal que chacun des parents puisse s'occuper des enfants. Mais dans la pratique ma mère était femme au foyer à s'occuper des enfants pendant que mon père travaillait. Même mes grands-parents, qui sont pourtant ultra traditionnels, acceptent bien la situation et ont plus tendance à faire des compliments.

La reconnaissance quand je me promène au quotidien, de la part des passants, dans le métro, dans les magasins, dans les lieux d'accueil parents enfants. J'ai l'impression que c'est bien vu aujourd'hui d'être un père qui s'occupe de ses enfants. J'ai l'impression d'être un peu "extraordinaire".

 

Il y a cependant des côtés négatifs : L'incompréhension et la remise en cause.

De mon milieu professionnel (très majoritairement jeune et féminin). Mes collègues ne comprennent pas ma situation. Elles n'arrivent pas à imaginer que ce soit mon rôle, que je fasse ça par choix. Ce sont pourtant des jeunes femmes, entre 25 et 45 ans, qui travaillent. Elles ont vraiment une vision "basique/classique" des choses. Pour elles je le fais par contrainte, ce n'est pas à moi de le faire...

L'incapacité à concevoir que je sois capable, au même titre qu'une femme, d'élever un enfant. À la crèche la directrice fait deux visites différente pour ma femme et pour moi. Pour moi elle me dit « alors ça c'est les jeux, ils peuvent jouer ici », « ça c'est les lits, c'est pour dormir », « là c'est des petits toilettes pour faire pipi... ». Merci je ne savais pas que mon fils dormait dans un lit et jouait avec des jouets... Et 30mn après ma femme arrive, et comme par hasard c'est une visite tout à fait différente qui commence. Elle explique le projet, l'utilité de chaque type de jeu etc... C'est vrai que moi je suis qu'un papa, je suis un peu con... Et je ne vous raconte pas quand je vais dans un magasin d'habits ... Alors ça c'est un body on le met sur la couche ... J'ai vraiment l'impression d'être un demeuré ... C'est comme si les femmes ne pouvaient pas concevoir que je puisse être leur égal pour s'occuper d'un enfant ... Même en lieu d'accueil parent enfant j'ai la désagréable impression d'être instrumentalisé. Je fréquente pourtant un centre social qui prône l’égalité homme/femme. On ne cherche pas à savoir ou à comprendre ma vision des choses ou m'impliquer, on cherche plus à se servir de moi comme exemple, me prendre en photo pour les prospectus etc...

Mon expérience de père est très agréable et gratifiante pour tout ce qui est vie du quotidien et activités occupationnelles. Je ressens vraiment de la reconnaissance et de l’admiration dans le regard des gens, et dans leurs remarques. Cependant j'ai du mal à me sentir à l'aise, intégré et accepté dans la gestion du quotidien, particulièrement par le milieu féminin. J’ai toujours cette impression désagréable que je ne pourrais jamais être aussi compétent qu’une femme pour m’occuper de mon enfant. Après je ne me vexe pas. Je pense que la majorité des papas ne sont pas à l’aise pour acheter des habits à leurs enfants, et qu’ils sont moins impliqués que moi dans la gestion du quotidien. Face à cela je peux comprendre que les professionnels évoluant dans le milieu de la petite enfance aient l’habitude d’adapter leur attitude et leur discours en fonction de leur interlocuteur (père ou mère).

D'un point de vue personnel je suis tout de même un père vraiment comblé et j'espère pouvoir revivre la même chose pour mon prochain enfant !"

Le magicien, son super papa et moi !

Comme c'est mon blog, je me permets quand même de blablater un peu, histoire de rendre encore plus long cet article !

Au sein de notre famille, cette organisation me parait complètement naturelle et évidente. Les quelques difficultés que j'avais à lâcher prise au début sont complètement oubliées. Je trouve nos manières de faire très complémentaires, lui plutôt instinctif, moi qui ai parfois besoin de chercher, de théoriser, de lire sur ma manière de faire. Le magicien s'y retrouve parfaitement et a l'air très heureux. Et on constate que pour les questions du quotidien, il s'adressera à l'un ou à l'autre sans dinstinction, selon son humeur du moment. Une petite anecdote : un jour, je lui demande, devant mon père, s'il veut que ce soit papa ou maman qui lui change sa couche. Il répond "papa!". Mon père était super surpris, persuadé que pour ce genre de chose il allait spontanément s'adresser à moi !

De mon côté, quand les gens réalisent que on amoureux est aussi impliqué que moi dans l'éducation du magicien, la réaction est quasiment unanime : "comme tu as de la chance !". Réaction qui a tendance à m'énerver. Parce que ok, statistiquement, j'ai de la chance : alors que les femmes se tapent en moyenne 80% des tâches ménagères et l'essentiel de l'éducation des enfants, je ne m'en occupe qu'à 50%. Mais personnellement je refuse de me dire que je suis "chanceuse". Déjà, parce que je trouve ça normal. Ensuite, parce que je considère que c'est du à des convictions et à des choix (non, je n'aurais pas fait un enfant avec un homme qui considère comme normal que je m'en occupe). Et surtout, parce que JAMAIS personne n'a dit à mon mari : "ta femme s'occupe de ton fils 3 jours par semaine ? Comme tu as de la chance !". 

Et je me demande comment font ces mères qui gèrent tout. Mères célibataires ou mères dont les maris consentent à leur donner un coup de main une fois de temps en temps. J'ai beau n'avoir qu'un enfant, n'en faire que la moitié, je trouve cela épanouissant mais aussi complètement épuisant. Comment font-elles ? Comment ça se fait que moi, je n'en sois pas capable ? 

Une chose parfois lourde à porter, c'est que quelque soit l'implication de mon mari, c'est moi, en tant que mère, qui suis considérée comme responsable de l'éducation de notre enfant. Je sais que si un jour il y a un problème, c'est d'abord à moi qu'on le repprochera. Parce que c'est la mère qui est considérée comme responsable des enfants. Pour le moment, ce n'est qu'anecdotique : le jour où un ami nous a dit que notre décision commune de ne pas le laisser pleurer pour s'endormir était une faiblesse de MA part parce que j'étais trop sensible. Le jour où la directrice de la crèche (oui, la même), m'a proposé de décaler la date de l'inscription en collectivité parce que j'avais dit que le jour qu'elle me proposait, c'est mon mari qui serait disponible (bah oui, signer un papier, c'est au-delà de ses compétences...). Mais même si le jour où il y aura un problème, nous affronterons la chose ensemble, mon mari et moi, c'est moi qui en porterai la responsabilité face aux regards extérieurs. 

Mais je ne veux pas finir sur le côté sombre. Déjà, parce qu'on essaye généralement d'en rire (il vous a épargné la réflexion d'un des médecins avec qui il travaille quand il a dit qu'il voulait aménager son temps de travail pour être avec son fils qui figure pourtant dans mon anthologie perso des réflexions les plus connes : "tu veux t'occuper de ton fils ? Mais pourquoi ? A cet âge là, il s'en souviendra pas, ça sert à rien. Et puis ta femme est là pour ça"). 

Et puis surtout parce que le quotidien est chouette. Quand nous aurons un deuxième enfant, Paul essayera de prendre un congé parental de 6 mois. Parce que pour le magicen, c'est mois qui avait arrêté quelques mois, et même si j'en ai été ravie, je n'ai pas envie, cette fois, de me couper aussi longtemps de mon boulot. Et Paul, je crois, a été un peu frustré de devoir retravailler alors que le magicien était tout petit. Il aime pouponner plus que moi ! Un nouvel équilibre à trouver, mais toujours avec cette volonté d'élever nos enfants ensemble, en s'y investissant autant l'un que l'autre. 

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 11:20

En fait, officiellement, c'est une "'halte-garderie multi-accueil", mais crèche, c'est plus simple quand même.

Bref, le magicien va à la crèche et il adore ça !

Il avait déjà fait une semaine d'adaptation en juillet avant d'attraper la varicelle et on aurait dit, en arrivant en septembre, qu'il y était allé la veille. La nouvelle adaptation prévue en septembre n'a pas été nécessaire et j'ai pu le laisser (un peu) dès le premier jour.

Quand on arrive, il se précipite en courant vers la porte et va jouer, il ne me regarde même pas partir. Hier, il s'est même mis à pleurer... quand je suis venue le chercher !

Lundi dernier (jour où il n'y va pas), je lui ai demandé ce qu'il voulait faire cet après-midi, et il m'a répondu "voir Nelly crèche !" (Nelly est sa "référente").

Alors non, je n'ai eu aucun pincement au coeur en le voyant si presser d'y aller. Parce que je me souviens trop bien des rares fois où je l'ai laissé en larmes chez la baby sitter. Il est prêt à y aller et il est heureux. Alors pour moi tout va bien.

La collectivité lui réussit vraiment. Il connait les prénoms de tous les autres enfants accueillis (qui sont peu nombreux pour le moment, ce qui a permis un chouette début).

Il aime l'espace extérieur, accessible toute la journée, dès qu'il le souhaite. Pour une parisienne, c'est un vrai plaisir de voir son fils s'éclater dehors, gouter dehors sans que ce soit une expédition au parc.

Il découvre de nouveaux jeux. Il s'est pris d'une passion pour les kapla (il construit des maisons, dit-il).

Il peut jouer à des jeux difficiles à proposer dans l'appart. Il adore jouer avec la semoule, par exemple. Et quand il m'a raconté, là première fois, qu'il y avait joué et que "oh non ! tombé par terre!" d'un air innocent, je l'ai imaginé en train de renverser un bol de semoule par terre et j'ai été bien contente que ce soit à la crèche et pas dans mon salon !

Et puis on se dit que la collectivité va lui faire du bien. Il avait déjà l'habitude de voir d'autres enfants dans les lieux d'accueils parents/enfants que nous fréquentions presque tous les jours.

Mais c'est aussi un fils unique, qui en plus a peu d'enfants dans son entourage puisque la plupart de nos amis ne sont pas parents et qui a donc l'habitude que les choses tournent beaucoup autour de lui. Il a l'habitude d'avoir ses jouets que pour lui, et les quelques jours passés avec son cousin cet été nous ont montré que partager était vraiment quelque chose de compliqué. Et il a l'habitude d'être le premier, d'être prioritaire. C'est vrai que même quand on invite des gens, comme c'est le seul enfant, il a tendance à être au centre de l'attention, à être servi le premier à table, etc. Apprendre à attendre son tour, à comprendre qu'il n'est pas le seul ou toujours le premier, toujours au centre de l'attention, je pense que ça va lui faire le plus grand bien.

Pour le moment, il y va 3 matins par semaine, et parfois il y retourne l'après-midi des mêmes jours, après sa sieste, pour 1h30. Il y passera la journée complète, 3 jours par semaine (je vous reparle organisation familiale bientôt) à partir de demain.

Et nous ? On est très content de cette structure, malgré des déconvenues administratives (alors qu'ils nous l'avaient promis en juillet, on a eu confirmation que le magicien aurait une place à la journée qu'hier... Autant dire qu'on a bien stressé). On est en confiance avec le personnel, on aime que la structure soit ouverte aux parents (il m'arrive d'y rester 30 minutes en déposant ou venant chercher le magicien) et on a bien envie de s'y investir un peu plus si on trouve le temps, le projet d'établissement étant ouvert aux bénévoles...

A la maison, par contre, les choses sont un peu compliquées. Il revient épuisé du temps passé là-bas. Les premiers jours, il était tellement épuisé après sa matinée qu'il n'arrivait même pas à manger, ou même avaler un biberon, à midi, et je l'ai laissé plusieurs fois hurlant dans son lit jusqu'à ce qu'il tombe de sommeil parce que je sentais bien qu'il n'y avait pas d'autre moyen d'apaiser la situation. Pour moi qui jusque là ne l'avait jamais laissé pleurer dans son lit, ça a été dur ! Les choses se sont arrangées depuis, il a pris le rythme, mais il va quand même falloir adapter notre temps passé avec lui. En particulier, en fin d'après-midi, on passe désormais beaucoup de temps à écouter de la musique tous les deux, allongés sur le lit. Ce moment calme lui fait du bien. On va voir ce que ça donnera quand il y restera toute la journée... J'espère qu'il dormira bien à la crèche !

Je vais m'arrêter ici pour avoir une chance de publier un article aujourd'hui, et je vous reparle bientôt organisation familiale, bébé de 2 ans qui teste les limites, bouquins, etc...

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  • : Le blog de Lila
  • : Bibliothécaire, maman du magicien (né en 2012) et de la puce (née en 2015), je parle de mes coups de coeur en littérature jeunesse, de ma vie, de mes ballades... J'ai un autre blog, http://filledalbum.wordpress.com où je réunis des ressources pour une littérature jeunesse antisexiste.
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