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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 12:00

Il y a quelques jours, je suis allée au 104 avec un ami voir l'exposition Keith Haring, the political line.

L'exposition du 104 est un complément de celle organisée au Musée d'art moderne de la ville de Paris (que je n'ai pas visitée). On y trouve les grands formats, que ce soient des toiles ou des sculptures. 

 

Les deux expositions s'intéressent à l'engagement politique de l'artiste : 

«Chaque pièce de son œuvre est porteuse d'un message directement politique, analyse Dieter Buchhart. Au sens de l'individu dans l'espace public. Pour la liberté d'expression avec sa série de dessins à la craie dans le métro de New York. Pour le droit d'être différent et heureux avec tous ses dessins qui célèbrent l'amour libre. Contre l'homophobie, mais aussi le racisme aux États-Unis et la ségrégation en Afrique du Sud. Contre le capitalisme et ses excès d'esclavagiste.»

 

On commence par visiter le pop shop de Tokyo :

 

Keith Haring, the political line au 104

Il s'agit d'un container dont l'intérieur a été entièrement décoré par Keith Haring dans lequel il vendait des produits dérivés (il y avait plusieurs boutiques comme celle-ci dans le monde, la première étant à New York). Il s'agissait pour Keith Haring de rendre l'art accessible à tous en vendant des affiches ou différents produits dérivés qu'il concevait lui-même, et de rompre avec l'élitisme des collectionneurs d'art, ce qu'il faisait déjà en dessinant dans le métro ou sur les murs de la ville.

On trouve ensuite, sous la grande halle, des sculptures très grand format (qui sont visibles sans prendre de billet pour l'expo ou faire la queue, si vous passez par là), en particulier le chien dansant :

Keith Haring, the political line au 104

Sont ensuite présentées des toiles montrant l'engagement de Keith Haring. Un engagement fort dans la lutte contre le Sida, dont il était atteint, et pour le sexe protégé :

Keith Haring, the political line au 104

Un engagement fort contre le nucléaire aussi, avec par exemple cette toile : un champignon atomique, des centaines de corps entassés et ce serpent qui dévore l'homme.

Keith Haring, the political line au 104

On y trouve aussi le mariage du ciel et de l'enfer, réalisé pour un spectacle de ballet et peint en quelques heures à peine (alors que la toile fait 7m sur 11 !).

Keith Haring, the political line au 104

Et un décor réalisé pour une boite de nuit new-yorkaise où il avait ses habitudes :

Keith Haring, the political line au 104

Mais l'oeuvre majeure de cette expositions, ce sont les dix commandements. 10 tableaux très grand format réalisés en 3 jours et qui font bien sur référence aux dix commandements de la Bible. Il s'en dégage une forte unité, avec leur fond identique et leurs personnages rouges (représentant le mal ou la tentation) et bleus (représentant les hommes).

Ils sont particulièrement bien mis en valeur dans cette grande salle, sur fond noir.

Keith Haring, the political line au 104
Keith Haring, the political line au 104
Keith Haring, the political line au 104

Bref, une exposition chouette mais très frustrante vue seule, car beaucoup trop courte (j'ai mis ici plus de la moitié des tableaux présentés). Heureusement que le 104 est aussi un lieu agréable pour boire un verre ! Je pense qu'il faut la faire en complément de celle au musée d'art moderne, et pas seule (pour info, l'entrée sur un site permet un tarif réduit sur l'autre site).

Mais la mise en avant de l'aspect politique de l'œuvre de Keith Haring est intéressante, parce que je pense qu'on s'arrête trop facilement sur l'aspect coloré et parfois presque enfantin de ses dessins et qu'il était nécessaire de rappeler ou de faire découvrir son engagement.

 

J'ai vu beaucoup de familles et de groupes d'enfants dans cette expo (vacances scolaires obligent). Or, justement, Keith Haring, ce ne sont pas seulement des petits bonhommes aux formes sympathiques. Comme vous pouvez le voir dans les quelques œuvres que j'ai mises en avant, il y a des représentations sexuelles explicites (sexes en érection, sodomies...). Je ne dis pas qu'il ne faut pas y emmener d'enfants. J'ai personnellement accompagné il y a quelques années, lors d'une exposition Keith Haring au musée d'art contemporain de Lyon, la classe de petite section de ma maman et constaté avec ravissement à quel point sa peinture pouvait parler aux enfants et à quel point cette visite les avait marqué (un des élèves m'en a reparlé 6 mois plus tard!). Mais simplement qu'il faut savoir à quoi s'attendre, éventuellement sélectionner les œuvres et les salles à visiter et être prêt à répondre aux questions sur le sujet. (S'en est d'ailleurs suivi une intéressante conversation avec l'ami qui m'accompagnait sur la manière dont on parle de sexe aux enfants, sur les raisons du tabou qui entoure souvent ce sujet et sur les conséquences que ce tabou peut avoir sur la sexualité future de ces enfants !).

 

Pour en savoir plus sur Keith Haring, voilà une chouette série de vidéos proposées par télérama et un commentaire sur les dix commandements par la commissaire de l'exposition

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  • : Le blog de Lila
  • : Bibliothécaire, maman du magicien (né en 2012) et de la puce (née en 2015), je parle de mes coups de coeur en littérature jeunesse, de ma vie, de mes ballades... J'ai un autre blog, http://filledalbum.wordpress.com où je réunis des ressources pour une littérature jeunesse antisexiste.
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