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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 10:00

Je n'avais pas prévu de poster sur les vendredis intellos cette semaine, puisque j'ai des fins de semaine bien chargées depuis ma reprise du travail, mais le titre de cet article, "VACCINATION du nourrisson: L’anxiété de la mère fait la douleur de l’enfant" m'a interpelé parce qu'il m'a renvoyé à une situation vécue lors de la vaccination de mon fils. 

Cet article est donc également publié sur le blog des vendredis intellos :

vendredis intellos

Le titre est (comme souvent) bien plus racoleur que le contenu de l'article et que l'étude à laquelle il renvoie :
"Cette étude montre que les bébés de mères primipares ou premiers enfants expriment plus de signes d'anxiété et de douleur à la fois avant et pendant leur première vaccination que les bébés nés de mères qui ont déjà eu d'autres enfants  et qui sont, en quelque sorte rodées à la vaccination des plus petits. Les mères pourraient ainsi surestimer la douleur ressentie par leur bébé et leur anxiété toute maternelle pourraient influer sur le ressenti de l'enfant."
Je ne rebondirai pas sur l'idée d'une anxiété "toute maternelle" qui me hérisse le poil, persuadée que les pères peuvent également emmener leurs enfants se faire vacciner et être stressés par la douleur ressentie par leur bébé. Mais ce n'est pas le sujet.

Lors de la première vaccination de mon fils, je n'étais pas préparée à la manière dont la séance allait se dérouler, je n'étais pas sereine par rapport au choix des vaccins effectués. Mon fils a hurlé pendant et après le vaccin et j'ai moi-même fini en larmes. Un vrai fiasco. Lors des vaccinations suivantes, j'ai pris le temps de me préparer et de préparer mon fils avant le vaccin suivant, physiquement avec un patch EMLA, mais aussi en lui expliquant ce qui allait se passer, et pourquoi on avait décider de lui faire faire ce vaccin. J'étais cette fois là beaucoup plus sereine. Et le vaccin s'est beaucoup mieux passé pour mon fils qui n'a quasiment pas pleuré. 


Je pense cependant qu'il ne faut pas minimiser la douleur physique réelle induite par le vaccin et c'est pour ça que le titre de l'article qui sous-entend que la douleur est uniquement du à l'anxiété de la mère m'agace profondément.
Je rappelle donc que des gestes peuvent être effectués pour réduire la sensation douloureuse du vaccin :
- solution sucrée ou allaitement dont l'efficacité contre la douleur est prouvée pour les bébés de moins de quatre mois
- les crèmes ou patch anesthésiants types EMLA, même si leur efficacité reste limité car elle soulage uniquement la douleur provoquée par la piqûre, et pas celle provoquée par l’injection

Que des actions peuvent être menées pour diminuer la sensation de peur et d'anxiété de l'enfant :
- préparer l'enfant en lui expliquant ce qui va se passer, éventuellement en utilisant un guide comme celui-ci 
- faire le vaccin dans un cadre accueillant et sécurisant, en laissant le temps à l'enfant et à la famille de se préparer
- être présent pour l'enfant par le contact physique (garder l'enfant dans ses bras, lui caresser la tête, lui faire des bisous, lui tenir la main)
- le distraire, détourner son attention par des chansons, des histoires
- pour des enfants plus grands, réduire le sentiment d'impuissance en lui laissant des choix, même s'ils semblent secondaires (être couché ou assis, être dans les bras ou sur les genoux de son parent, choisir le moyen de distraction (le jeu, la chanson, la musique...), mettre un pansement ou non)
- après le vaccin, réconforter l'enfant, le consoler et le féliciter. Cela doit venir des parents, mais aussi du médecin. 

(les conseils sont en partie extraits du site de l'association  Sparadrap qui a pour objectif d'aider les parents et les professionnels "à mieux préparer les enfants à un soin, un examen de santé, une visite médicale, une hospitalisation" et qui consacre un long article sur la manière de "diminuer la peur et la douleur des vaccins en PMI")


Mais "si l’étude ne prouve pas le lien direct entre l'anxiété maternelle et la détresse du nourrisson, elle montre que ces comportements de peur sont plus prononcés lorsqu’il s’agit du premier enfant. Les chercheurs ont émis l'hypothèse que la méconnaissance d'une mère du processus de vaccination, lors de la première vaccination,  peut impacter le bébé d'une certaine façon et le rendre plus vulnérable à la douleur."
Il me semble donc important que des actions soient entreprises également en direction des parents.

Il y a d'abord un travail d'information à (mieux) effectuer. Il est indispensable que les parents se sentent VRAIMENT libres de leurs choix concernant le vaccin de leur enfants. Je trouve que l'on sent encore trop souvent une pression des médecins en faveur des vaccins, à la place de l'information qu'ils sont sensés donner et de la liberté de choix que doivent avoir les parents. Etre persuadé qu'on a pris la bonne décision pour notre enfant est particulièrement utile, je pense, pour être plus serein au moment de l'acte. Je sais que personnellement, mon anxiété lors du premier vaccin était principalement due au fait que je m'étais sentie bousculée et pressée de prendre une décision trop rapidement.

Mais je pense qu'une fois la décision de la vaccination prise, il faudrait expliquer précisément comment le vaccin va être fait, comment l'enfant va être installé, combien de temps cela va durer, etc. Et aussi, EN DETAIL, quels sont les risques d'effets secondaires bénins, comment les repérer et comment les traiter. Et ça, ça me parait souvent négligé. 

Je pense qu'il est aussi important pour les parents de se sentir accompagnés. Que les médecins devraient également s'interroger sur l'anxiété des parents et leur poser directement la question. Lors des vaccinations suivantes, avant chaque RDV, la puericultrice de la PMI m'a demandé comment moi je me sentais, si je me sentais prête, et si je désirais qu'elle m'accompagne dans le cabinet du médecin pour l'injection et cela m'a beaucoup aidé à me sentir plus sereine (j'en profite pour faire l'éloge de la PMI que je fréquente et pour dire à quel point je me sens chanceuse d'avoir accès au quotidien et gratuitement à ce service et aux personnes compétentes et profondément humaines qui en font partie). 


Je trouve également important de garder en tête cette citation issue du site de l'association Sparadrap : 

"Il est aussi parfois utile de prévenir les parents que l’agitation ou les pleurs de leur enfant ne signifie pas obligatoirement une douleur intense, mais l’expression d’une émotion ou d’un désaccord et que c’est normal et compréhensible qu’il l’exprime (éventuellement souhaitable sous réserve que les moyens antalgiques adaptés soient bien utilisés). "

Et vous, vous avez repéré une différence entre la première vaccination et les suivantes ? Entre les vaccinations de votre premier enfant et les vaccinations des suivants ? 

Est-ce que pour vous aussi la vaccination a été un moment difficile et anxiogène (ou est-ce que je suis la seule niaise à avoir pleuré dans le cabinet du médecin) ? Avez-vous d'autres astuces pour faciliter la vaccination ? 

 

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commentaires

Anna 22/01/2013 16:41

C'est notre généraliste qui s'occupe des enfants. Comme il en a beaucoup comme patients je sais qu'il est bien renseigné. C'est très pratique d'avoir un seul interlocuteur, quelqu'un qu'on
connaissait déjà (et en qui on avait déjà confiance) avant d'avoir les enfants.

Anna 21/01/2013 11:50

Je n'ai jamais trouvé ça trop dur, mais j'ai la chance énorme d'avoir un toubib formidable qui explique tout bien avant, nous fait sentir complètement libres et nous file des ordonnances pour les
patchs EMLA. J'ai confiance. Du coup mes petits aussi.

Lila 22/01/2013 09:27



Tiens, ma réponse d'hier a disparu ? Je recommence alors !


Je pense que je suis particulièrement sensible sur le sujet à la base. D'ailleurs, je me souviens de la première prise de sang du magicien à la maternité : son père et moi, on était complètement
paniqués, alors que lui il était tout heureux de machouiller sa compresse sucrée et qu'il n'a même pas senti la piqure !


Pour le premier vaccin, c'était un médecin qu'on n'avait encore jamais vu (c'est l'inconvénient d'un bébé né en plein été : entre les remplaçants du pédiatre, la PMI fermée, le médecin de là où
on était en vacances... On en a vu 4 différents en 3 mois !). Et je trouve qu'il ne nous a pas donné suffisamment d'explications. Mais il ne faut pas lui mettre toutes les responsabilités dessus
non plus. On n'avait pas pris suffisamment de temps pour se mettre d'accord mon amoureux et moi, et je n'avais pas pris le temps de me préparer et de préparer mon fils avant le RDV. 



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  • : Bibliothécaire, maman du magicien (né en 2012) et de la puce (née en 2015), je parle de mes coups de coeur en littérature jeunesse, de ma vie, de mes ballades... J'ai un autre blog, http://filledalbum.wordpress.com où je réunis des ressources pour une littérature jeunesse antisexiste.
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