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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 12:00

Il y a quelques jours temps*, avec une amie, nous avons parlé de l'éducation que nous ont donné nos parents. 

 * Cet article a été laissé de côté, retravaillé, modifié, pendant pas mal de temps, il y a donc un léger décalage !

Forcément, devenir mère, ça pousse à s'interroger sur l'éducation qu'on a nous-même reçu. Je dois dire que je suis plutôt heureuse de l'éducation que m'ont donné mes parents, même si bien sur tout n'était pas parfait, et que je serais plutôt fière de moi si je réussis à faire "aussi bien" avec mon fils. Ca peut sembler un peu prétentieux de dire "j'ai été bien élevée". Mais quand je nous regarde, mes frères et moi, au début de l'âge adulte, je me dis qu'on est tous les trois très différents, mais qu'on a tous réussi à construire une vie qui nous convient, qu'on est plutôt heureux en ce moment, malgré une certaine fragilité qui nous caractérise tous les trois et avec laquelle on doit composer. 

Pourtant, bien sûr, il y a des choses que je voudrais faire différemment. 


Dans l'organisation de la famille :

  • Ne pas faire tourner toute sa vie autour de ses enfants* mais entrainer ses enfants dans sa vie. 

Mes parents nous ont toujours beaucoup trimballé. Bébé, ils m'emmenaient à toutes les soirées, et me couchaient parfois dans la baignoire. Avant deux ans, j'avais visité la Roumanie, Istambul et la Toscane. Je ne veux pas renoncer à ce qui me plait pour tout faire tourner autour de mon fils. Alors je l'entraine dans les cafés pour boire un thé avec une amie, j'assume quand on me regarde de travers parce que je suis dans le métro avec mon fils à minuit, nous sommes partis quelques jours en week end dans les chateaux de la Loire et notre rythme de visite a été le même qu'avant. Mais je sais quand même qu'il faut qu'on fasse attention à ne pas trop forcer sous peine de nous épuiser. 

* Je tiens à préciser ici que si je parle au pluriel, c'est que mes parents avaient trois enfants (mon père en a même eu un quatrième!) et pas parce que moi, j'en aurai forcément plusieurs...

  • Garder une vie de couple. 

Par exemple, mes parents partaient en voyage en amoureux, 15 jours, tous les ans. On a laissé le magicien une soirée pour aller faire la fête quand il avait trois mois. On a cependant un peu du mal à le laisser régulièrement, mais c'est un sujet dont on se préoccupe, on essaye d'avoir au moins un vrai moment à deux tous les jours, quand le magicien dort, où on parle de nous et pas seulement de choses matérielles ou du magicien. 

 

 

Dans la relation avec notre enfant :

  • Faire confiance. 

Assez jeunes, nos parents nous ont fait confiance. Pour notre travail scolaire qu'ils n'ont jamais contrôlé. Pour nos sorties qu'ils nous ont laisser gérer. Pour gérer un budget, même si c'était adapté à l'âge de l'enfant (quand j'avais 10 ans, par exemple, c'était à moi de payer mes tickets de bus). Bien sûr, il y avait des limites mais là encore ils nous faisaient confiance pour les respecter. (A noter quand même que ça a été plus facile avec moi qui ai toujours été très raisonnable qu'avec mon frère, beaucoup plus rebelle ^^). 

  • Laisser mon fils gérer sa scolarité. 

Mes parents considéraient que c'était à nous de prendre les décisions importantes concernant notre scolarité. Même s'ils étaient bien sur là pour nous aider. Je me revois encore, quand j'ai sauté une classe (je suis passée du CE1 au CE2 en cours d'année), faire des listes de "pour" et de "contre" avec ma maman (les arguments concernaient beaucoup plus mes copines que les apprentissages scolaires ^^) et prendre la décision finale. Même chose pour le choix des options au lycée (oui, j'ai vraiment choisi, moi, de faire du grec ancien), pour le choix de la filière, des études...

C'était également à nous de gérer notre travail scolaire. Ils intervenaient si on demandait de l'aide, mais c'était tout. Ils n'ont jamais surveillé nos devoirs ou notre cahier de textes. 

J'ai cependant conscience que ça a été facile avec moi parce que j'étais naturellement quelqu'un de studieux et le système scolaire me convenait bien. J'avoue être assez inquiète à l'idée que ce ne soit pas le cas de mon fils. Parce que si ce n'est pas le cas, je ne suis pas sûre d'être capable de réagir comme il le faudrait, de trouver le bon équilibre entre encouragements, soutien, autonomie...

 

 

Dans la découverte du monde extérieur :

  • Ouvrir les enfants au monde.

      Dès que nous avons été en âge d'en profiter tous les trois, mes parents nous ont emmené en voyage (ou nous on permis de voyager seul en participant au financement d'autres voyages). De la 6e à la terminale, nous sommes partis à l'étranger au moins une fois par an. Plusieurs de ces voyages m'ont profondément marqués. La Grèce quand j'avais 15 ans, une révélation pour une future étudiante en lettres classiques. Ils nous ont aussi montré la réalité, même difficile, des pays visités. Le bidonville de Soweto en Afrique du Sud. Mostar, en Bosnie, avec les impacts de balles, les immeubles détruits, les cimetières avec ces jeunes tous morts la même année... 

Mais même sans partir à l'autre bout du monde... J'ai grandi dans un quartier très métissé. A l'école, en CM2, j'étais la seule à avoir 4 grands parents français. Ceux de mes camarades de classes venaient des quatre coins du monde. J'ai découvert les patisseries arabes et les "délice coco" quasiment en même temps que les pains au chocolat. Actuellement, nous vivons avec le magicien dans un quartier également très métissé, dans ma rue on trouve aussi bien des épiceries ou des restos chinois, turcs, indiens, français, halal... A la boulangerie, les gateaux arabes cotoient les baguettes. J'adore cet endroit (qui est en plus beaucoup moins rude que le quartier où j'habitais petite). Je ne sais pas si le magicien y grandira vraiment ou si on aura déménagé avant qu'il soit en âge de se rendre compte, mais en tout cas j'espère vraiment qu'on retrouvera un endroit comme celui-là. 

  • Leur apprendre la tolérance, l'ouverture à la différence. 

Je pense que le fait de cotoyer des gens différents y contribue grandement. Je me souviens bien d'une conversation avec mon père. Je devais avoir une dizaine d'année. Il m'avait expliqué qu'il est plus facile d'aller vers ce qu'on connait, qui est comme nous. Qu'être tolérant, ouvert aux gens extérieurs, ce n'était pas un était ("je suis tolérant") c'était un effort à faire, un travail sur soi, qu'il fallait toujours se remettre en question et réflechir. Cette conversation m'a beaucoup marqué et je pense qu'elle m'aide encore aujourd'hui, au quotidien. 

  • Leur transmettre une certaine vision de la société.

Je viens d'une famille de gauche, voire d'extrême gauche. Ils m'ont transmis une vision de la société que je voudrais défendre et transmettre à mon fils. Une certaine idée du service public, de l'école, du rôle qu'ils devraient avoir. L'importance de la solidarité. La défenses des droits des travailleurs. La prise de conscience des dangers du système actuel. J'avoue que si un jour, mon fils vote UMP, j'aurai l'impression d'avoir raté quelque chose. 

  • Leur apprendre l'engagement.

J'ai eu de grandes discussions avec plusieurs personnes à ce sujet au moment des manifestations autour du mariage pour tous et du fait qu'on y voyait de nombreuses familles. Beaucoup critiquaient "l'instrumentalisation des enfants". Et je ne suis pas vraiment d'accord avec eux. Mes parents nous emmenaient régulièrement quand ils allaient manifester. Je me souviens en particulier des manifestations contre le plan Juppé en 1995 (c'est d'ailleurs le plus ancien souvenir de mon petit frère, qui avait 3 ans à l'époque ^^). En dehors des considérations pratiques (faire grêve et donc être privé d'une journée de salaire + payer une baby sitter pour aller manifester, c'est difficile quand on n'a pas un salaire mirobolant), c'était un moyen pour eux de nous montrer qu'il fallait se battre pour défendre sa vision de la société.

Je ne me considère pas vraiment comme engagée. Enfin, si, par mon travail, mais ce n'est pas vraiment la même chose. Je ne suis pas militante dans une association ou dans un parti politique. Mais j'estime important, de temps en temps, de sortir de mon train-train pour défendre quelque chose qui me tient à coeur. Récemment, c'était  aller manifester pour le mariage pour tous. Je pense que je tiens ça de mes parents et je voudrais le transmettre à mon fils. 

 

Je vais faire une petite pause dans mon roman, dans les semaines qui viennent, je vous parlerai aussi de goûts, peut être un peu de méthodes d'éducation, et aussi ce que je ne veux surtout pas garder de l'éducation de mes parents !

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commentaires

Laurette 16/01/2014 02:41

Bonjour lila,
C'est une très belle idée que tu as eu là. Je suis arrivée, enfin à l'âge où l'on commence à tirer paisiblement les premiers bilans de l'éducation reçue et de celle que l'on veut transmettre. L'âge aussi où il est temps de pardonner à ses parents pour ne garder en tête que le meilleur ... je vais conseiller cet exercice à toutes mes amies maman.

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  • : Le blog de Lila
  • : Bibliothécaire, maman du magicien (né en 2012) et de la puce (née en 2015), je parle de mes coups de coeur en littérature jeunesse, de ma vie, de mes ballades... J'ai un autre blog, http://filledalbum.wordpress.com où je réunis des ressources pour une littérature jeunesse antisexiste.
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