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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 12:00

Mon fils est nourri au biberon (et depuis quelques semaines, aux purées et aux compotes !).

 

Petit retour en arrière. Avant de rencontrer mon homme, je ne m'imaginais pas en train d'allaiter. Pour lui, par contre, c'était une évidence. 

Quand on a appris que j'étais enceinte, nos positions ont changé. On est finalement arrivés à la conclusion "on essaye, on verra ce que ça donne". Avec l'idée, quand même, de passer assez vite au mixte.

Je me suis donc renseigné, j'ai eu un super cours de préparation à l'allaitement par ma sage-femme, qui m'a donné envie d'allaiter.

 

 

Le jour de l'accouchement, mon fils a facilement pris le sein. J'ai adoré cette tétée.

Mais les choses se sont rapidement compliquées. Mon fils tétait longtemps, serait fort le téton et refusait de le lacher. Et même si on m'a bien montré et expliqué comment installer mon fils, rien à faire, j'avais des crevasses. Des crevasses qui sont rapidement devenues très douloureuses. Je pleurais de douleur tout au long des tétées. J'appréhendais la tétée suivante. Du coup, toutes mes angoisses de jeune maman se sont focalisées sur l'allaitement. 

J'ai donc pris la décision d'arrêter d'allaiter mon fils et de le nourrir au biberon.

Pourtant, je savais que si je serrais les dents, ça n'était qu'un mauvais moment à passer, le temps que tout se mette en place (ce n'est donc pas un échec de l'allaitement mais bien un choix que j'ai fait). Mais cela voulait dire, pendant quelques jours voire quelques semaines, les repas seraient non pas un moment de calme et de calin, mais un moment de stress et de douleur pour moi, et donc un moment pas serein pour lui. Et je ne voulais pas ça. Dans la balance lait maternel meilleur pour la santé / repas sereins, j'ai privilégié la seconde option. J'avais trop peur que cela crée un problème dans son lien avec la nourriture, qu'il associe le repas avec un moment tendu et pas très agréable. Mon homme m'a soutenu dans ce moment pas évident pour moi (et l'équipe de la maternité a été formidable, encore merci à la puericultrice qui est venue me voir à peu près toutes les heures ce jour là pour voir où j'en étais et discuter avec moi, sans chercher à influencer ma décision). Et le troisième jour, mon bébé a donc pris son premier biberon de lait en poudre. Il a immédiatement accepté le biberon, buvait environ deux fois les doses moyennes d'un enfant de son âge, et a très bien supporté le lait, qui était celui fourni par la maternité. Son père lui a donné des biberons avec grand plaisir. Je ne regrette donc pas ma décision, même si j'ai eu parfois un petit pincement  au coeur en voyant d'autres mères allaiter.

 

Je vais essayer de faire un petit bilan des avantages et des inconvénients. Je tiens à préciser qu'il ne s'agit pas ici de (re)faire le débat sein/biberon, simplement d'exprimer mon ressenti sur la question.

 

Les inconvénients d'abord :

  • je ne donne pas à mon fils l'aliment qui lui est le plus adapté. C'est bien sûr l'inconvénient majeur à mes yeux. Je suis toutefois persuadée que le lait en poudre permet aux bébés de se développer tout à fait correctement et de grandir en bonne santé. Ce que je constate au quotidien avec un bébé de six mois en pleine forme, grand, en bonne santé (il n'a jamais été malade, n'a jamais eu de fièvre). 
  • Je ne donne plus mes anticorps à mon bébé. Je suis heureuse de lui avoir donné le colostrum pour cela. Mais cela nous a poussé à faire les vaccins tôt, sur les conseils du pédiatre, alors que nous aurions sûrement attendu quelques mois s'il avait été allaité.
  • Contrairement au lait maternel, le lait en poudre a toujours le même goût, et je trouve ça un peu triste. D'un autre côté, ça n'a pas vraiment eu l'air de lasser le magicien.
  • C'est cher. 15 euros la boite jusqu'à maintenant, 20 euros depuis qu'on a changé pour un lait bio. Boite qui fait à peine une semaine.
  • C'est de l'organisation quand on sort. Il faut prévoir les biberons, la dose de lait et d'eau. Quand on part en week end, on a un sac entier pour biberons + boite de lait + bouteilles d'eau + matériel pour le change. Il faut anticiper la durée des sorties à l'avance.
  • C'est de la vaisselle en plus (de moins en moins, remarque, vu qu'il ne boit que 4 biberons par jour contre 7 au début !). 
  • mes seins sont marqués par ma grossesse et ma montée de lait et tout ça "pour rien"


Les avantages (presque tous liés, pour moi, au fait que son père* puisse également donner les biberons au magicien) :

  • On a retrouvé les moments agréables et calins des repas. Le magicien a toujours tété avec appétit et bonheur. Le lait lui convient bien, il a eu relativement peu de coliques. 
  •  Ca fait plaisir à Paul de donner le biberon. Et ça me fait plaisir de voir ça. Le premier biberon donné par Paul au magicien est vraiment un des bons souvenirs de la maternité.  
  • J'adore la manière dont réagit mon fils quand il voit le biberon, bouche grande ouverte et bras tendus. 
  • Dès le début, nous avons pu nous partager les nuits, et j'ai donc pu ne pas me lever pendant 6 heures de suite. Ca ça a été profondément bénéfique pour moi qui résiste mal au manque de sommeil. 
  • Cela m'a fait du bien de me dire que mon fils n'était pas entièrement dépendant de moi pour se nourrir. Ca m'a donné une sensation de liberté. Et j'ai pu, parfois, laisser notre fils à son père pour aller me ballader, boire un coup... Et j'ai pu le faire sur un coup de tête, sans avoir besoin d'anticiper ou de calculer des horaires. Par exemple, le dimanche où mon meilleur ami m'a appelé et m'a dit qu'il avait besoin de moi, 5 minutes plus tard, j'étais partie de chez moi, et j'étais dispo pour lui, ce qui est très important pour moi.
  • Je n'aurais pas été à l'aise avec l'allaitement en public, je trouve le biberon beaucoup plus simple à ce niveau là. Je n'ai donc pas eu à réfléchir sur comment je pouvais allaiter discrètement dans tel ou tel endroit. Et j'ai pu sortir le biberon dans des situations où le sein n'aurait pas été évident pour moi (débout dans le métro avec le bébé dans l'écharpe, récemment). 

 

* J'ai du mal, par contre, à laisser à d'autres que nous le soin de donner le biberon. Je ne saurais pas trop expliquer pourquoi. 

 

Alors qu'est-ce que je ferai si j'ai à nouveau un enfant naturellement ? Honnêtement, je n'en sais rien. Enfin si, je sais que je tenterai à nouveau. Mais si ça s'avère encore douloureux je ne sais pas quelle décision je prendrai. Peut être que je serai moins angoissée par une deuxième naissance et que je trouverai l'énergie pour traverser cette difficulté en restant relativement sereine, ce que je n'ai pas pu faire cette fois. Mais je sais que si ce n'est pas le cas, je pourrai nourir ce second enfant au biberon sans culpabiliser et en y trouvant de nombreux avantages. 

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  • : Le blog de Lila
  • : Bibliothécaire, maman du magicien (né en 2012) et de la puce (née en 2015), je parle de mes coups de coeur en littérature jeunesse, de ma vie, de mes ballades... J'ai un autre blog, http://filledalbum.wordpress.com où je réunis des ressources pour une littérature jeunesse antisexiste.
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